Le Syndicat Agricole 18 juin 2015 à 15h00 | Par Le Syndicat Agricole

« Il faut impérativement nous adapter à la demande »

La coopérative Sypronord en quête de nouveaux débouchés rémunérateurs.

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Fin 2014, Elivia a rompu son contrat pour des raisons de qualité et pour s’approvisionner auprès de sa maison-mère en Bretagne. Par ailleurs, Bigard a aussi diminué ses achats (550 porcs/semaine au lieu de 800 en moyenne).
Fin 2014, Elivia a rompu son contrat pour des raisons de qualité et pour s’approvisionner auprès de sa maison-mère en Bretagne. Par ailleurs, Bigard a aussi diminué ses achats (550 porcs/semaine au lieu de 800 en moyenne). - © DR

Sypronord a tenu son assemblée générale le 12 juin à Vieux-Berquin. La coopérative porcine a enregistré en 2014 une baisse de son activité. Le nombre total d’animaux commercialisés est en recul de 1,4 % par rapport à 2013 avec 186 025 porcs vendus l’an dernier (contre 188 757 en 2013).
Outre la crise qui saigne à blanc la filière depuis plus d’un an, Sypronord a dû faire face début 2015 au dépôt de bilan de l’un de ses principaux clients : les Ets Goemaere situés à Mouscron, en Belgique.


Plus de 180 000 € de plus-value redistribués
« 2013 avait été une année difficile, 2014 aura été catastrophique pour l’ensemble de la filière porcine, résume Christian Fasquel, président de la coopérative Sypronord. Les trésoreries des exploitations sont au plus bas. Combien de temps les éleveurs vont-il tenir le choc ? Six mois, une année... Personne ne le sait ». Selon lui, tous les maillons de la filière (éleveurs, abattoirs, chevilleurs) sont malades, sauf un : la grande distribution. « Être éleveur de porcs est une véritable vocation ; si on veut sauvegarder ce métier, il faut que chacun puisse vivre de son travail. Est-il normal qu’un porc au départ de la ferme soit valorisé à environ 130 €, alors qu’il sera vendu dans les rayons à plus de 700 € ? », s’interroge-t-il. Avant d’affirmer : « En ces temps difficiles, il s’avère primordial de payer plus les éleveurs ». En 2014, le prix moyen net payé par Sypronord s’élevait à 1,4933 € (91,95 kg chaud) contre 1,4686 € (91,7 kg/chaud) pour le prix moyen base Uniporc. La coopérative a également reversé à ses adhérents 183 907 € de plus-value « cheville » payée sur 33 800 porcs, soit 6,3 centimes/kg. « Il est facile de présenter un résultat important et de redonner ultérieurement des compléments de prix, lance Christian Fasquel. Nous préférons redistribuer tout de suite aux éleveurs ». Et de poursuivre : « La cotation Sypronord : certains l’envient, d’autres la décrient. Toujours est-il qu’il est important de la conserver afin d’assurer un traitement équitable entre tous nos adhérents vis-à-vis des débouchés ». Celle-ci permettant notamment de lisser la différence entre le prix belge et le cadran français. L’an dernier, la coopérative de Méteren a ainsi commercialisé 51 922 porcs en Belgique (soit 40,6 %) et 75 898 en France (soit 59,4 %).


L’après Goemaere
Par ailleurs, les dirigeants de Sypronord ont dû gérer l’arrêt d’activité des Ets Goemaere qui représentait près de 25 % des ventes de porcs. L’abattoir belge, qui était placé en redressement judiciaire depuis le 31 janvier 2014, a déposé le bilan en mars dernier. « Le dossier Goemaere a été l’une de nos principales préoccupations de l’année 2014 et du début d’année 2015, reconnaît Christian Fasquel. Celui-ci a eu plusieurs conséquences pour la coopérative : il s’agissait d’un important débouché de proximité qui nous permettait de dégager une plus-value non négligeable ». Sans compter que l’abattoir acceptait tous types de porcs (lourds voire très lourds). « Chacun d’entre nous devra être encore plus attentif sur la qualité (alimentation, génétique), insiste le président de Sypronord. Il faut impérativement nous adapter à la demande sous peine d’avoir toutes les peines du monde à commercialiser nos cochons ». La coopérative de Méteren a néanmoins réussi à compenser en partie la perte de ce débouché, en livrant deux nouveaux abattoirs belges : Debrauwer et Nordvlees. Sypronord a aussi renforcé ses partenariats avec les chevilleurs régionaux (Lagache, Mouille, LVS, Cuvillier, Hauspie et Sava). La coopérative entend également poursuivre le développement de sa marque Cochonor auprès des GMS. « Par la multiplicité de ses débouchés, Sypronord veut et doit rester un acteur majeur dans la région, insiste Christian Fasquel. Il est important d’assurer une commercialisation de proximité d’autant que le Nord-Pas de Calais importe encore 50 % de sa consommation en viande porc ».

MDS

186 025
Le nombre total d’animaux commercialisés en 2014, soit 1,4 % de moins que l’année précédente (188 757).

54 074
Le nombre total de porcelets commercialisés en 2014, soit 34 088 sous contrat 22 kg VDA (- 1,1 %), 8 485 en 22 kg (- 5,4 %) et 12 564 en 8 kg (+ 14 %).

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