Le Syndicat Agricole 09 juillet 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Hydrocution, un malaise en eaux troubles

Ce malaise violent résulte de l’immersion d’un corps trop chaud dans une eau trop froide. Soleil et eau glacée : attention, danger !

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La meilleure des précautions à prendre pour éviter le choc thermique est de préparer progressivement le corps au changement de température que vous lui réservez.
La meilleure des précautions à prendre pour éviter le choc thermique est de préparer progressivement le corps au changement de température que vous lui réservez. - © Thinkstock

Malaise syncopal, syncope d’immersion, choc thermique, autant d’expressions qui désignent un mal bien connu des amateurs de baignades estivales : l’hydrocution. Le coupable : un trop fort contraste entre la température de l’eau et celle de la peau provoquant un refroidissement brutal suivi d’une perte de connaissance pouvant entraîner la noyade. S’il est difficile d’estimer précisément le nombre de ses victimes, on sait cependant que chaque année surviennent environ 300 000 noyades en France dont environ 500 sont suivies de décès. Si tous ces accidents ne sont pas causés par une hydrocution, ce phénomène peut cependant en expliquer une partie. Frappant sans crier gare, ce mal brutal a malheureusement surpris plus d’un baigneur averti. Comment survient-il ? Y a-t-il des signes avant-coureurs ? Quelles précautions prendre pour s’en prémunir ? Petit manuel de survie en eaux troubles...


La mécanique du cœur
Par temps chaud, les vaisseaux sanguins logés sous notre peau se dilatent. Ce phénomène de vasodilatation, accompagné par une accélération du rythme cardiaque, permet ainsi à l’organisme d’évacuer la chaleur par la circulation périphérique du sang. Mais lorsque notre corps surchauffé par une exposition prolongée au soleil est immergé brutalement dans l’eau froide, la peau se refroidit sans délai, obligeant les vaisseaux sanguins à se resserrer rapidement. Par un phénomène de vases communicants, le sang, soudain chassé de la périphérie, afflue en masse vers l’intérieur du corps, engendrant une augmentation subite de la pression artérielle. Et c’est là que le malaise survient. Pour contrer cette hypertension inopinée, le cœur va en effet se mettre à ralentir, lésant par là même le cerveau qui, moins bien irrigué, va aussitôt larguer les amarres, livrant le corps du baigneur aux remous de l’océan.


Mollo mollo
La meilleure des précautions à prendre pour éviter le choc thermique est de préparer progressivement le corps au changement de température que vous lui réservez. Au lieu de vous jeter à corps perdu dans les vagues glaciales, restez quelques instants au bord de l’eau et humidifiez progressivement votre nuque, votre thorax, votre dos et votre visage, c’est-à-dire les zones de votre organisme les mieux pourvues en récepteurs thermiques. Entrez ensuite lentement dans l’eau, quitte à passer pour un incurable frileux. Certains facteurs peuvent augmenter le risque de malaise d’immersion : c’est le cas des expositions au soleil prolongées, de la consommation d’alcool ou des repas trop copieux. Il est par ailleurs conseillé de ne jamais se baigner seul ou dans les zones non surveillées.


Les signes précurseurs
Sortez immédiatement de l’eau en cas de survenue de l’un des signes suivants :
- maux de tête ;
- sensation de démangeaison ou urticaire ;
- frissons, tremblements ;
- troubles de la vue ou de l’ouïe ;
- fatigue ou angoisse soudaine ;
- crampes.
Voici ce qu’il convient de faire si vous êtes le témoin d’une hydrocution :
- sortez immédiatement la victime de l’eau ;
- alertez les maîtres-nageurs sauveteurs. S’il n’y en a pas sur le lieu de l’accident, appelez le Samu (15) ou les pompiers (18) ;
- en attendant les secours, si la victime respire, couchez-la sur le côté en position latérale de survie ;
- en cas d’arrêt respiratoire ou cardiaque, pratiquez immédiatement un bouche-à-bouche ou un massage cardiaque ;
- séchez la personne pour la réchauffer et recouvrez-la d’une couverture, d’une serviette sèche ou de tout autre textile que vous aurez sous la main ;
- si elle est consciente, prenez le temps de la rassurer pour l’aider à se calmer car ce type de malaise est très choquant ;
- surveillez-la attentivement dans les heures qui suivent la syncope.

A. Samaké

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