Le Syndicat Agricole 09 décembre 2016 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Grippe aviaire : passage en risque « élevé » sur tout le territoire français

Les mesures de protection renforcées sont désormais applicables sur l’ensemble du territoire.

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L’obligation de confinement s’applique désormais pour tous les élevages commerciaux de volailles et toutes les basses-cours des Hauts-de-France. (© P. Le Douarin) Réunions d’information organisées par la FDSEA du Nord le 28 novembre à Hazebrouck et à Sars-et-Rosières. © DR Xavier Gareneaux, président de la section avicole de la FDSEA 62 © DR

À la suite de la découverte de plusieurs foyers d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 dans des élevages du Sud-Ouest et de cas dans la faune sauvage dans le Pas-de-Calais et la Haute-Savoie, le ministère de l’Agriculture a décidé de relever le niveau de risque vis-à-vis de la maladie au niveau « élevé » sur l’ensemble de la France. Ce choix a également été motivé par l’évolution rapide de la situation sanitaire dans l’Hexagone et dans plusieurs pays d’Europe et par la dynamique de propagation du virus.
Pour rappel, sur la base d’un avis de l’Anses, le 17 novembre, le niveau de risque avait déjà été relevé de « négligeable » à « modéré » sur tout le territoire national. Dans les zones humides considérées comme des zones à risque particulier et qui constituent des arrêts sur la route des oiseaux migrateurs, le risque vis-à-vis de l’influenza aviaire avait été relevé pour atteindre le niveau « élevé ». Certains foyers découverts ces derniers jours se situent en dehors de ces zones. D’où la promulgation de ce nouvel arrêté ministériel en vigueur depuis le 6 décembre.

Les mesures obligatoires à intégrer dans les élevages
Le risque « élevé » entraîne la mise en place de mesures de protection renforcées sur l’ensemble de la France, et donc également en région, à savoir :
- l’obligation de confinement ou de pose de filets permettant d’empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour tous les élevages commerciaux de volailles (sauf dérogation précisée par arrêté) et toutes les basses-cours (sans dérogation possible) ;
- l’interdiction de tout rassemblement de volailles vivantes, et en particulier des marchés de volailles vivantes. Les rassemblements peuvent avoir lieu sous dérogation, si notamment des dispositions sont mises en œuvre pour éviter tout risque de contamination par les oiseaux sauvages d’eau (oiseaux de la faune sauvage susceptibles d’être infectés par l’influenza aviaire) et entre volailles issues de différents élevages ;
- l’interdiction de lâchers de gibiers à plume sur tout le territoire national. Les lâchers de faisans et de perdrix peuvent être, eux, autorisés sous certaines conditions, tout comme l’utilisation des appelants.
Enfin, le ministère rappelle qu’en parallèle de ces dispositions, des mesures de biosécurité strictes doivent être respectées dans toutes les exploitations de volailles et par toutes les personnes susceptibles de rentrer dans les élevages de volailles du territoire national. La gestion de ce nouvel épisode d’influenza aviaire dépend de la mobilisation et de l’engagement de tous les acteurs du secteur.

Des éleveurs en quête d’information

Preuve que le sujet inquiète vivement les éleveurs sur le terrain, ils ont été plus d’une centaine à venir assister aux réunions d’information organisées par la FDSEA du Nord le 28 novembre à Hazebrouck et à Sars-et-Rosières. Des réunions sur la biosécurité en élevage de volailles seront à nouveau organisées par la FDSEA en janvier et février. Les dates vous seront communiquées en début d’année.
Les agriculteurs peuvent déjà se préinscrire en téléphonant au 03 27 09 19 26 (Nord).

Point de vue de Xavier Gareneaux, président de la section avicole de la FDSEA 62

« Ne laissons pas le ciel nous tomber sur la tête »

Il y a un proverbe souvent vérifié en agriculture qui dit que les années se suivent et ne se ressemblent pas. Et bien pas de chance, ce n’est pas le cas pour l’influenza aviaire qui nous tombe encore une fois du ciel via les migrateurs. Et ce, bien sûr, juste avant les fêtes de Noël !
Mais ne laissons pas le ciel nous tomber sur la tête. En effet, il ne faut pas oublier que ce virus est hautement pathogène pour les volailles mais en aucun cas pour l’être humain, donc aucun risque pour les éleveurs, et encore moins pour les consommateurs.
Nous avons réalisé des réunions d’information sur la biosécurité lors des dernières semaines et des formations seront réalisées début 2017 pour utiliser à bon escient toutes les méthodes disponibles pour éviter une propagation des virus dans nos élevages de volailles et de gibiers. Pour l’instant, la meilleure solution est de confiner les volailles pour éviter une transmission par la faune sauvage. Ce confinement ne sera efficace que s’il est respecté par tous. Ce n’est pas parce qu’un poulet label sera confiné quelques semaines qu’il sera moins bon. Nous devons continuer d’élever nos volailles en « bon père de famille » et, dans cette situation, c’est le bon sens paysan qui prévaut.
Soyons aussi des relais d’information pour nos voisins citoyens qui ont quelques poules, canards ou pigeons, ils sont tout autant exposés que nous, éleveurs, si ce n’est plus.
Nous ne pouvons qu’espérer que toutes ses mesures permettent d’éviter la situation du Sud-Ouest et nous permettent de continuer à exporter les volailles conventionnelles vers notre débouché voisin sans devoir mettre en place un corridor comme cela avait été le cas en 2006.
À nous, éleveurs de volailles, de se serrer les coudes pour minimiser les effets collatéraux de cette crise. Soyons les défenseurs de nos produits jour après jour et cela commence dès ce week-end avec la Fête de la dinde à Licques (62) où il n’y aura pas de volailles lors du traditionnel défilé, mais ces dernières seront bien présentes sur les étals et dans nos assiettes pour démarrer les festivités de fin d’année.

Un guide en ligne

L’Institut technique d’aviculture (Itavi) a mis en ligne sur son site (influenza.itavi.asso.fr) des fiches techniques, outil d’aide à la décision validé par la DGAL, et faisant office de guide de bonnes pratiques. chaque producteur, en fonction de sa production et de son système d’élevage, aura des informations et des conseils sur les mesures essentielles à mettre en place. Pour en savoir plus, l’ensemble des mesures et les dérogations sont détaillées à l’adresse suivante : agriculture.gouv.fr/les-mesures-et-indemnisations, dans la rubrique « Gestion des nouveaux cas H5N8 ».

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