Le Syndicat Agricole 29 novembre 2012 à 10h39 | Par Le Syndicat Agricole

Grandes cultures - La campagne céréalière 2012 dans le rétroviseur

Même si « on est toujours plus malin après », il est souvent intéressant de revenir sur les éléments de la campagne écoulée pour mieux préparer celle à venir.

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Arvalis rappelle qu’on peut semer du blé jusque fin décembre sans souci. Il faut cependant être vigilant sur le choix variétal.
Arvalis rappelle qu’on peut semer du blé jusque fin décembre sans souci. Il faut cependant être vigilant sur le choix variétal. - © Le Syndicat Agricole

À bien des égard on se souviendra du cru 2012 comme d’une année médiocre, alors que tous les paramètres de production étaient au vert. Tout avait en effet bien commencé. L’implantation des céréales à l’automne était optimale, avec un peuplement de 555 épis au m2, soit un peu plus que la moyenne. Après une forte avance des stades sortie hiver, le gel de février a été particulièrement salvateur, en ralentissant les cultures tout en leur gardant une légère avance. Le stade épi 1 cm s’établit ainsi fin mars : c’est le plus avancé qu’on ait connu depuis 5 ans (à comparer au 7 avril pour la campagne 2010). Alors que le printemps sec de 2011 avait fortement perturbé l’efficience de l’azote, il en a été tout autrement pour 2012, les pluies régulières et persistantes d’avril à juin ayant facilité la minéralisation de l’azote. Pour 2013, entre ces deux extrêmes récents, les préconisations d’Arvalis restent les mêmes : modérer l’apport au tallage (pas plus de 40 unités, voire 60 dans les cas d’un blé sur blé ou en petites terres) ; le stade épi 1 cm doit constituer l’apport essentiel, il doit même être anticipé en cas de période de sécheresse, sachant qu’il faut 15 mm d’eau pour son plein emploi ; enfin, l’apport de fin montaison est toujours valorisé tant sur le plan qualitatif (protéine) que qualitatif. Pour ce dernier épandage, Arvalis rappelle la plus grande efficacité des formes solides comme l’ammonitrate, et surtout le bon ajustement de la dose, à travers des outils de pilotage comme Farmstar.
C’est, comme souvent, au mois de juin que le potentiel du blé s’est caractérisé. Avec une pluviométrie double d’une année normale entre le 1er juin et le 20 juillet, et, plus encore, avec un très faible rayonnement au mois de juin, le remplissage du grain a été sensiblement touché. Il manquait ainsi 5 à 6 grammes de PMG, soit 42,5 gr contre 46,6 en moyenne. L’alimentation de la plante par son système racinaire, souvent saturé d’eau, a ainsi été altéré. Et c’est toute la photosynthèse de la plante qui a souffert de ces excès climatiques. Outre le développement de pourriture racinaire, la pression des maladies s’en est trouvée accrue. La nuisibilité sur blé tendre frôle les 25 quintaux, l’une des plus importante de la décennie, avec 2008. L’augmentation des fongicides s’est accrue de 20 %, pour se positionner à 78 € par hectare contre 63 € en 2011 ! Ce chiffre atteint même les 101 € dans une stratégie à 3 interventions. Outre la pression maladie, à signaler que l’utilisation des SDHI, sensiblement plus chères, a contribué à l’augmentation de ce poste, 60 % environ des agriculteurs les ayant introduits dans leur programme.
Au final donc, les rendements se sont établis, pour la région Nord-Pas de Calais, aux environs de 80 quintaux, soit plus de 10 qx de moins que 2011 (92 qx/ha). Comme en 2007, il est intéressant de constater que c’est dans les petites terres (sols superficiels, filtrants ou séchants) que les rendements sont les plus honorables, souvent supérieurs aux terres limoneuses très productives, mais souvent gorgées d’eau.

C.D

Et pour 2013...

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’automne n’aura pas permis des conditions très propices aux semis de céréales. D’ores et déjà, de nombreuses parcelles auront des peuplements limitants et il est probable d’avoir une part non négligeable de resemis.
Arvalis rappelle qu’on peut semer du blé jusque fin décembre sans souci. Il faut cependant être vigilant sur le choix variétal. Si toutes les variétés peuvent être implantées jusqu’à cette période, les plus tardives (Bermude, Expert, Trapez...)  seront plus touchées par ces semis tardifs. Mieux vaut donc préférer des variétés plus propices comme Altigo, Apache, Sponsor, Fluor ou encore Pakito. Il faut veiller, de même, à ajuster la densité de semis, soit de l’ordre de 300 à 350 grs/m2, selon les situations.
Si jusqu’au 20 octobre l’optimum de rendement du blé n’est pas impacté, on peut estimer perdre 3 à 4 % de rendement par quinzaine. Ainsi, un blé semé début décembre aurait un potentiel de production de 85 % environ, par rapport au même blé, implanté le 10 octobre.
Mais souvenons-nous qu’il s’agit de théorie et que la nature pratique peu cette science exacte, à l’instar de la récolte 2012 qui semblait exceptionnelle au printemps, et qui a fait beaucoup de déçus. Alors rien n’est encore joué pour 2013...

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