Le Syndicat Agricole 29 novembre 2013 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

GRAND SITE DE FRANCE - Préserver l’agriculture des Deux-Caps malgré les obstacles du territoire

Être agriculteur sur un littoral labellisé nécessite de se diversifier et de faire face aux conditions climatiques.

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Entre le cap Blanc-Nez et le cap Gris-Nez, 92 % des exploitations ont adopté une activité de diversification (hébergement, gîtes ruraux, camping à la ferme, vente directe de produits, productions identifiées...).
Entre le cap Blanc-Nez et le cap Gris-Nez, 92 % des exploitations ont adopté une activité de diversification (hébergement, gîtes ruraux, camping à la ferme, vente directe de produits, productions identifiées...). - © Le Syndicat Agricole

Sur le littoral français, 800 000 ha sont occupés par les agriculteurs. Le Nord-Pas de Calais ne fait pas exception : entre le cap Blanc-Nez et le cap Gris-Nez, les terres agricoles représentent 63 % de la superficie de ce périmètre labellisé Grand site de France (GSF) des Deux-Caps. L’agriculture est donc un acteur incontournable de la préservation de ce territoire aux paysages ondoyants et de l’économie locale du secteur. Responsables locaux, élus et agriculteurs se sont rencontrés sur cette thématique, le 20 novembre, pour une journée de discussions et d’échanges à la Maison du développement local de Wimille (62). Le séminaire avait pour objectif de répondre aux questions suivantes : quelle agriculture sur le site des Deux-Caps et comment intégrer cette activité essentielle dans la démarche du Grand site de France ?

La situation actuelle
En 2000, il restait encore 103 exploitations agricoles sur le site des Deux-Caps mais la pression foncière et la problématique de la reprise d’activité ont fait passer ce nombre à une soixantaine d’exploitations réparties aujourd’hui sur 8 communes. À ce jour, 69 % d’entre elles sont en polyculture-élevage et 64 % pratiquent l’élevage bovins-lait et bovins-lait + viande. Mais le site subit fréquemment les caprices de la météo avec un climat venteux, frais et très variable. « Depuis 2011, nous avons singulièrement été frappé par des conditions climatiques désastreuses, jamais connues depuis plus de 25 ans, rendant les récoltes céréalières, betteravières et linières très laborieuses », indique Bernard Boulet, exploitant de la ferme du Châtelet à Tardinghen et président cantonal de la FDSEA du Pas-de-Calais. D’abord la sécheresse en 2011 puis les fortes précipitations automnales de 2012 ont contrarié l’activité agricole. Cette année, les éleveurs ont rencontré des difficultés pour nourrir les animaux. « La remise en état coûte cher et certains sols se remettent seulement d’aplomb, laissant certains agriculteurs dans des situations difficiles. De plus, un autre cyclone arrive, celui de la PAC. Le seul critère des superficies risque d’entraîner les aides vers le bas, notamment pour les éleveurs laitiers du Boulonnais », s’inquiète Bernard Boulet. Les exploitants des Deux-Caps sont heureusement animés par un esprit d’entraide et de pérennité pour défendre leur cause commune.

Agir en conséquence
Entre les Deux-Caps, 92 % des exploitations ont adopté une activité de diversification (hébergement, gîtes ruraux, camping à la ferme, vente directe de produits, productions identifiées...). « Les agriculteurs font face à la mer et ne peuvent donc pas agrandir la surface de leur exploitation, la diversification est une alternative de développement verticale. De plus, cette activité fait participer les épouses à la ferme et garantit le maintient du bâti patrimonial. Le tourisme peut être une aubaine avec les 2 millions de visiteurs annuels », affirme Jacques Delattre, agriculteur retraité d’Audinghen.
Par ailleurs, toutes les exploitations du site ont effectué leurs mises aux normes et ont choisi une agriculture raisonnée et de précision. Enfin, ils optent toujours pour un assolement le plus diversifié possible. « Le maintient des activités agricoles, avec un paysage entretenu, est une valeur économique, une notion fédératrice », poursuit Matthieu Delabie, délégué de rivages Manche-Mer du Nord au Conservatoire du littoral. Un modèle tourné vers la production de qualité que souhaite entretenir Dominique Dupilet, président du Conseil général du Pas-de-Calais : « Il est maintenant nécessaire de fédérer le monde agricole du Grand site en créant une structure associative forte qui permettra d’aboutir à des solutions concrètes comme la création d’un label pour la production locale qui pourrait être vendue à la Maison du Site des Deux-Caps à Audinghen ». Une manière d’intégrer un peu plus l’agriculture dans la démarche Grand Site de France entre le cap Blanc-Nez et le cap Gris-Nez.

Simon Playoult

À savoir : De nombreux partenariats

Le 29 mars 2011, le Grand site des Deux-Caps est labellisé Grand site de France. Différents partenaires gravitent autour du site pour l’entretenir et en faire la promotion. Le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale assure notamment la communication, mène la négociation auprès des communes et veille au respect de la charte du Parc. Eden 62 intervient dans l’accueil du public et à la préservation des milieux naturels. Le Conservatoire du littoral collabore aussi à l’acquisition des terrains sur l’ensemble du projet.

En chiffres : L’agriculture sur le site des Deux-Caps

- 23 km de linéaire côtier
- 8 communes
- 16 533 habitants
- 7 000 ha en site classé et inscrit
- 68 exploitations dont : 92 % en diversification (hébergement, vente directe...), 69 % de polyculture-élevage, 64 % élevages bovins-lait et bovins-lait + viande, 31 % polyculture seule, 28 % autres élevages, 6 % maraîchage et horticulture, 25 % de zones « naturelles ».

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