Le Syndicat Agricole 18 octobre 2012 à 14h35 | Par Le Syndicat Agricole

Graincourt - "L’État ne laissera tomber personne"

Le ministre délégué à l’Agroalimentaire a rencontré les représentants syndicaux des salariés de l’abattoir, le 11 octobre dernier à Lille.

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Si Guillaume Garot a surtout voulu rassurer les salariés du site sur leur avenir, Pierre de Saintignon a lui rappelé que « L’avenir des éleveurs qui fournissaient l’abattoir, faisait aussi partie du sujet ».
Si Guillaume Garot a surtout voulu rassurer les salariés du site sur leur avenir, Pierre de Saintignon a lui rappelé que « L’avenir des éleveurs qui fournissaient l’abattoir, faisait aussi partie du sujet ». - © Le Syndicat Agricole

«Je suis venu à la rencontre des représentants syndicaux et des élus pour concevoir avec eux des solutions réalistes », a affirmé Guillaume Garot, à l’issue d’une réunion à la préfecture du Nord sur le devenir de l’abattoir Doux de Graincourt (Pas-de-Calais). Voilà un mois que le site est occupé par une partie des 254 salariés.

Un accompagnement « humain et social »
Le ministre délégué à l’Agroalimentaire a présenté 3 mesures « concrètes » qui permettront de « concevoir l’avenir », pour chacun des salariés sans activité depuis la fermeture de l’abattoir. « Il faut se battre, c’est un combat pour l’emploi que nous menons. L’État ne laissera tomber personne », a-t-il affirmé. Comme cela avait été annoncé le 13 septembre dernier, le gouvernement s’engage à débloquer un million d’euros pour « soutenir des projets économiques sur le bassin de Graincourt ».
Ce million d’euros, qui au départ devait alimenter le fonds de revitalisation du site, est déjà « disponible », mais il ne sera versé que « sur la base de projets concrets qui doivent être créateurs d’emplois sur le territoire », souligne Guillaume Garot. Avant d’ajouter : « Chaque fois que l’on peut créer un emploi, c’est une victoire ». Chacun des salariés se verra proposer un accompagnement « humain et social » dans le cadre d’un « contrat de sécurisation professionnelle, avec un accès facilité à la formation, une allocation maintenant pendant un an 100 % du salaire net ». « Cela permet de se poser, cela permet de se construire, et cela permet d’envisager l’avenir avec davantage de sérénité », a-t-il précisé.

Lancement de 2 études
Le ministre a également indiqué le lancement d’une étude macro-économique « pour voir concrètement quel est le potentiel économique et industriel de l’abattoir de Graincourt » et « qu’on sache clairement si cet abattoir a un avenir ou pas ». Les conclusions sont attendues « dans les 3 mois qui viennent ». Guillaume Garot estime toutefois qu’« il ne sera pas facile de trouver un repreneur ». Une approche lucide, sans « démagogie », ni « miracle », ni « fausses promesses », s’avère nécessaire selon lui dans ce dossier. Il a assuré que les pouvoirs publics et la Région se mobilisent pour examiner toutes les hypothèses de reprise de Graincourt. Mais sans aucune « piste solide » à l’heure actuelle.
De son côté, le vice-président du Conseil régional chargé des questions économiques, Pierre de Saintignon, a annoncé que la Région allait aussi commander une étude d’ingénierie financière. « En clair, à partir des conclusions de la première étude, il s’agit de voir ce que l’on peut mettre sur la table, explique-t-il. Ces 2 étapes sont déterminantes afin de vérifier s’il existe un modèle économique pertinent pour faire renaître Graincourt et de donner envie aux investisseurs de miser sur le site. »

Un rachat par le Conseil régional sous conditions
Quid du rachat du site à l’euro symbolique ? « Le Conseil régional du Nord-Pas de Calais a redit être prêt à accompagner tout projet industriel viable et à accepter l’hypothèse de reprendre à l’euro symbolique s’il y avait un vrai projet de reprise », a déclaré Guillaume Garot. Des propos confirmés dans la foulée par Pierre de Saintignon lui-même : « la Région prendra ses responsabilités ». Cependant, « Pas question de rêver, tempère-t-il. Nous sommes déterminés, mais pas dans l’utopie ».
Aussi ce scénario se réalisera-t-il uniquement sous certaines conditions : un business plan qui tient la route et un repreneur. « Si un nouveau projet est possible sur le site, et si un ou des investisseurs se manifestent, alors la Région en direct ou un outil de la Région fera le portage pour récupérer le site à l’euro symbolique », lance Pierre de Saintignon.
D’après lui, l’opération implique « une vraie responsabilité de réindustrialisation ». Aussi, dans ce cas de figure, la Région irait même beaucoup plus loin : « Dans l’optique d’une reprise, nous avons vocation à accompagner le ou les investisseurs dans la capitalisation ; ainsi que dans le financement des investissements nécessaires pour augmenter la compétitivité du site, y compris par rapport à la concurrence belge. Sur ce point, la Région dispose de leviers d’action », prévient Pierre de Saintignon. Cette question sera traitée lors de l’Assemblée plénière du Conseil régional du 24 octobre. Si le vice-président se veut confiant sur le vote, il reste néanmoins des détails à régler : la Région aura le choix entre louer, céder ou vendre le site à un repreneur potentiel. « Personnellement, j’ai une préférence pour l’option cession, confie Pierre de Saintignon. Le Conseil régional n’irait pas faire de plus-value sur un site acheté à l’euro symbolique. Si le projet est sécurisé, il est dans l’intérêt de tous à ce que l’investisseur soit chez lui ».

MDS

Zoom sur... « Tous les éleveurs méritent la même attention ! »

«Alors que les décisions de lancement de premiers règlements partiels des créances ont été annoncées, une grande partie des éleveurs ne voient toujours rien venir sur leurs comptes », s’insurgent dans un communiqué commun Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA, Isabelle Leballeur, secrétaire générale de la CFA, et Thierry Houël, secrétaire général adjoint de JA. « De plus, tous ne semblent pas recevoir la même proportion de leurs créances, soulignent-ils.
Ces apparentes différences de traitement sont incompréhensibles pour des agriculteurs qui se trouvent tous confrontés à la même difficulté ! »
Une requête a notamment été déposée auprès du juge-commissaire pour clarifier la fin de contrats des éleveurs du pôle frais vendu en août. « Cette situation n’est plus supportable pour les éleveurs, indiquent les représentants des producteurs. Nous demandons
que les engagements pris soient tenus et, au-delà
de l’acompte annoncé, que l’intégralité des créances, dues à l’ensemble des éleveurs, soit réglée dans les meilleurs délais. Nous appelons fermement l’ensemble des responsables
de ce dossier à faire preuve de la plus grande réactivité. Les éleveurs ont besoin de savoir où ils vont. »

Plan de continuation de Doux : 30 millions € et 100 licenciements
Le procureur de la République attend « des comptes certifiés » pour valider la demande de prolongation du plan de continuation de Charles Doux, a rapporté Jean-Luc Guillard, délégué syndical CFDT, le 9 octobre à la sortie du tribunal de commerce de Quimper.
Le plan de continuation de Doux prévoit 30 millions d’euros, concentrés principalement sur l’activité Congelé, avec une perspective à 3 ans. Ces 30 millions d’euros seraient financés par les recettes du pôle export, mais aussi par la vente de plusieurs usines selon le délégué syndical. « Ils veulent vendre l’entrepôt frigorifique de Brest et plusieurs usines pour financer le plan », poursuit le délégué syndical. Par ailleurs, l’annonce d’un plan social d’une centaine de salariés dans l’administration au siège de Châteaulin se précise également. « Si l’avocat de Doux semblait confiant, rapporte-t-il, par contre, celui de la Barclays s’est montré plus réservé concernant le financement du plan de continuation. » Notamment du fait de la dette encore impayée au Brésil. Le tribunal donnera sa décision finale le 30 novembre.

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