Le Syndicat Agricole 23 août 2013 à 09h38 | Par Le Syndicat Agricole

Fruits rouges - La fraise tient le haut du panier dans la région

Vos FDSEA font cette semaine un focus sur la filière fruits rouges.

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La vente directe est privilégiée pour les fruits rouges comme la framboise, les groseilles (photo) ou le cassis qui supportent moins le transport.
La vente directe est privilégiée pour les fruits rouges comme la framboise, les groseilles (photo) ou le cassis qui supportent moins le transport. - © F. Carbonell

On les dit bons pour la santé et la région n’a pas attendu ces révélations pour se lancer dans cette culture. Depuis des siècles, les producteurs du Nord-Pas de Calais cultivent différentes variétés de fruits rouges.

La fraise : la star des fruits rouges
La fraise est la culture la plus développée dans la région. Historiquement, elle est présente depuis 2 siècles en Nord-Pas de Calais. On la retrouve dans la région lilloise, en Pévèle, dans le Boulonnais, avec la fraise de Samer, dans la plaine de la Scarpe et en Artois. Cette culture occupe 125 ha pour une production de 2 370 tonnes par an et place la région au 5e rang national, en assurant 5 % de la récolte française. Le territoire compte 320 exploitations agricoles allant de 2 à 20 ha, essentiellement dans le Nord (210 producteurs).
Contrairement à ce que les consommateurs pourraient penser, on peut déguster des fraises régionales d’avril à fin octobre, grâce à une diversité de variétés. Les plus connues sont Darselect, Clairy, pour les fraises de saison, et Annabelle, Mara des bois ainsi que Charlotte pour les plus tardives, dites remontantes.
Plante sensible aux parasites, ravageurs et aléas climatiques, les producteurs font de plus en plus le choix de la culture hors-sol, représentant actuellement la moitié des installations. Cette pratique offre une alternative à la problématique des sols, appauvris par les grandes exigences de la fraise et le développement parasitaire. Bien qu’ayant un coût important, de l’ordre de 20 à 30 € du m2, le hors-sol facilite la conduite de la culture, notamment pour les cueilleurs lors de la récolte.

Un marché de proximité, privilégiant le frais
La fragilité des petits fruits oriente leur commercialisation vers le marché du frais. Afin de répondre à la progression de la consommation régionale, la profession s’organise en groupement de producteurs. On dénombre plusieurs formes d’associations, comme la coopérative du Marché de Phalempin regroupant 50 producteurs de fraises, situés dans un rayon de 50 km. Cette année, les producteurs de Phalempin ont fourni environ 700 tonnes de fraises locales, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2012. La commercialisation se répartit entre les grossistes, principalement le MIN de Lomme, pour environ 45 % de la production, et les centrales d’achats (Leclerc, Match, Métro, Carrefour, Auchan...) pour le reste de la production. La coopérative écoule ainsi 90 % de ses fraises en local. La production des autres fruits rouges est beaucoup moins importante. Cela peut s’expliquer par leur fragilité qui ne permet pas de longs transports. De plus, les pays étrangers inondent le marché de fruits surgelés, bien plus pratiques pour les industriels et restaurateurs.
La vente directe représente l’autre mode de commercialisation majeur, elle permet au producteur de dégager une marge plus importante mais nécessite d’y octroyer plus de temps, notamment lors de cueillettes à la ferme. Cette vente de proximité est privilégiée pour les fruits rouges comme la framboise, les groseilles ou le cassis qui supportent moins le transport. Les surfaces et les quantités sont, par conséquent, moins importantes que celles des fraises. Certains producteurs faisant de la vente directe ont fait le choix de rejoindre des associations comme Fruits Rouges en Nord, bénéficiant des conseils d’un technicien de la Chambre d’agriculture. L’association réunit 90 producteurs de fraises avec une moyenne de 1 200 tonnes par an. Des réseaux comme Bienvenue à la Ferme ou Cueillettes Chapeau de paille peuvent accompagner les producteurs pour la vente.
Dans l’optique de trouver de nouveaux débouchés, notamment pour la fraise, le Marché de Phalempin réfléchit aux potentiels débouchés de la transformation. Certains producteurs n’ont pas attendu pour se lancer dans la transformation. On dénombre de nombreuses exploitations offrant des spécialités à base de fruits rouges comme des confitures, sirops ou tartes. Les producteurs de la région n’ont pas fait le choix de l’intensif comme de grandes régions de France, préférant miser sur la qualité et la proximité.

Alliés de notre santé
Les fruits rouges ont la cote, ils seraient excellents pour les capacités cognitives, digestives et cardiaques. Pauvres en glucides, ils présentent de riches teneurs en vitamines C, minéraux et fibres. Consommer 125 g de fraises couvre nos besoins quotidiens en vitamines C et les antioxydants joueraient un rôle dans la prévention contre le cancer de l’œsophage.

Claire REGNAUT

Sources : Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais, Agreste 2010, Marché de Phalempin.

Interview de Ghislain Mascaux, producteur en libre cueillette à Bugnicourt (59)

« Le libre-service est une activité complémentaire aux autres débouchés »

Pourquoi avoir fait le choix de la diversification et quelles en sont les contraintes ?
Ce choix s’est imposé de lui-même dans un contexte de volatilité des prix des céréales, et nous permet par la même occasion d’être moins dépendants des aides PAC. La vente en libre-service est une activité très prenante. Elle permet d’être au contact des consommateurs, de les fidéliser, mais reste un débouché très risqué car dépendant à 100 % du climat, pas toujours favorable dans notre région. Cette activité ne peut donc être, selon moi, que complémentaire aux coopératives et industries alimentaires de la région.

Quels sont les axes d’évolution ?
Actuellement, le circuit de distribution est basé sur le frais, du fait de la fragilité du produit qui réduit les possibilités de transport, donc d’exportation. Le développement d’une filière qui intégrerait un outil régional de conditionnement ou de transformation offrirait de nouveaux débouchés et créerait de l’emploi. La culture des fruits rouges n’est pas encore une filière à proprement parler car les productions et la vente restent majoritairement isolées. Toutefois, l’apparition de groupements de producteurs laisse apparaître les prémices de construction d’une organisation en filière. L’enjeu majeur sera de continuer à produire des fruits et légumes sains, à un prix accessible à tous, tout en respectant l’environnement.

Propos recueillis par C.R.

Interview de Charles-Edouard Ghestem, producteur de fraises et de rhubarbe à Chéreng (59)

« J’ai fait le choix de la qualité par rapport à la quantité »

Pourquoi avoir choisi la vente par un intermédiaire ?
Étant seul sur l’exploitation, la plus grande partie de la production est vendu via un contrat avec le magasin O’Tera du Sart, ce qui assure une stabilité de prix. Ce débouché demande moins de temps au producteur par rapport à la vente directe mais il faut être réactif afin de répondre aux demandes du magasin. Néanmoins, l’exploitation propose en plus une activité de vente directe afin d’écouler les surplus, et dans un même temps permet de sensibiliser les consommateurs aux spécificités de cette culture.

Comment envisagez-vous le développement de l’activité ?
Le marché semble bien se porter et répond à une demande locale en évolution. Ceci ne paraît pas, pour l’instant, causer une grande concurrence mais il faut être vigilant car une trop grande offre pourrait entraîner la baisse des prix.

Propos recueillis par C.R.

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