Le Nord-Pas de Calais compte de plus en plus dans la production de poireaux
La roue, posée à gauche du tracteur sur la photo, vient se fixer à l’arrière et permet d’enrouler les poireaux automatiquement après avoir été arrachés. - © le syndicat agricole
« Une rencontre pour permettre aux producteurs d’échanger » : voilà comment Florence Couloumies, productrice et conseillère poireaux au Pôle légumes région Nord (PLRN), décrit l’objectif de la journée technique organisée à Méteren (59) sur la culture du poireau.
Des conditions de travail améliorées
Avec les machines équipées d’un système standard, les poireaux sont empilés à l’arrière du tracteur après le déterrage, et l’opérateur doit ensuite les retirer à la main. Désormais, grâce à un nouveau système d’enroulage automatique des poireaux, l’intervention manuelle n’est plus nécessaire. Cette technique est à l’initiative de l’entreprise belge Bouckaert construction métal. Elle a effectué une démonstration lors de la journée technique. Depuis 3 ans, la plupart des constructeurs proposant des modèles pour la production de poireaux ont développé ce nouveau système : Simon, Baekelandt ou encore Verhoest. Il permet de rendre le travail moins pénible. « C’est important pour attirer les jeunes dans la profession », affirme Florence Couloumies.
Pour l’instant, le nombre de producteurs équipés reste limité dans la région. Le prix d’une machine s’étend de 30 000 à 150 000 €. « C’est un investissement qui peut valoir le coup, car il permet de réduire la charge de personnel. Pour cultiver nos 10 ha de poireaux, nous embauchons 8 saisonniers, nous pourrions être deux de moins avec ce système », avance l’agriculteur qui a accueilli la journée technique sur son exploitation.
Cette journée a aussi été l’occasion d’évoquer la question du désherbage. « Beaucoup de produits ont été retirés de la vente, avance Florence Couloumies, les essais de la journée présentent de nouvelles molécules permettant de n’utiliser qu’un seul produit, juste après la plantation ; le désherbage s’effectuant par binage le reste de la campagne. »
Fertiliser avec précision
Une autre partie des essais était consacrée à la fertilisation azotée. « Il faut réévaluer les doses d’azote à apporter aux poireaux, cela n’a pas été fait depuis 10 ans, alors que les rendements sont passés de 25 t à 50 t/ha », explique la conseillère poireaux du PLRN. Au Pôle légume, on précise qu’en culture légumière, « il est important de ne pas se tromper en matière de fertilisation, en administrant l’azote avec précision pour obtenir une production de qualité en temps et en heure ».
La lutte contre le thrips a aussi fait l’objet d’une parcelle d’essai. Cet insecte fait de nombreux dégâts sur les cultures de poireaux. Il entraîne une dépréciation visuelle importante du produit. L’interdiction de certains fongicides pose problème. « Avant, avec certains produits, un seul passage en début de campagne suffisait, désormais, il faut en effectuer plusieurs, espacés au maximum de 3 semaines, sous peine de voir des populations de thrips s’installer », observe Florence Couloumies.
En tout, une centaine de personnes a assisté à la journée, parmi lesquelles des professionnels venus d’autres régions. « Le Nord-Pas de Calais est une région qui compte de plus en plus dans la production de poireaux », se félicite Florence Couloumies.
Virginie Charpenet
Précisions... Campagne 2010 : une qualité et de bons rendements au rendez-vous
Grâce à des conditions climatiques favorables, la campagne de poireaux 2010-2011 offre pour le moment satisfaction en termes de qualité et de rendements. « Ils sont croissants depuis le début de la campagne en août », affirme Florence Couloumies. En moyenne, ils se situent entre 45 et 50 t/ha, alors que la moyenne sur 5 ans est plutôt de 35 t/ha. Seul bémol : le prix. « Il faudrait des prix plus élevés pour valoriser la qualité de notre production », estime Florence Couloumies.
L’arrivée précoce du froid pourrait poser problème à ceux qui n’ont pas pu stocker suffisamment. Face à l’augmentation de la demande hivernale de poireaux, les prochaines semaines devraient voir les prix augmenter.
Le poireau dans le Nord-Pas de Calais
- 550 ha cultivés ;
- 3e place après les Pays de Loire et la Basse-Normandie ;
- 135 producteurs de poireaux adhèrent au Pôle légumes région Nord ;
Systèmes de commercialisation : coopératives (Sipenord, Marché de Phalempin), vente aux négociants, magasins, centrales d’achat, MIN de Lomme, vente directe sur les marchés ou les exploitations.
Vos réactions
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comment les professionnels luttent ils contrent la mineuse du poireau; ont ils un produit specifique pour eliminer cette mouche. merci par avance.
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