La conjoncture des grandes cultures dope le marché des agroéquipements
Les ventes devraient progresser de 14 % en 2011 par rapport à 2010 selon les constructeurs et les distributeurs de machines agricoles. C’est ce qu’ils ont indiqué lors d’une conférence de presse le 17 avril à Paris. - © L. Vimond
Après deux années en berne, le marché du machinisme agricole affiche des signes de reprise depuis quelques mois. Selon le Comité européen du machinisme agricole, la dernière enquête réalisée auprès des entreprises du secteur indique une augmentation de l’indice de confiance des dirigeants, après la récession qui a sévi de l’automne 2008 jusqu’à l’été 2010. En effet, 83 % des responsables interrogés s’attendent à ce que leur chiffre d’affaires augmente dans les 6 prochains mois.
Même scénario en France. Sur les 9 premiers mois, l’évolution des prises de commandes s’est améliorée de façon régulière pour un nombre croissant d’entreprises. 40 % des dirigeants d’entreprises prévoient une croissance de leur chiffre d’affaires de 3 à 10 % en 2011, 24 % une croissance de 10 à 20 %, et 18 % une croissance supérieure à 20 %. Concrètement, le chiffre d’affaires des agroéquipements devrait atteindre 3,73 milliards d’euros en 2011, en croissance de 14 % sur 2010 où il s’était établi à 3,28 milliards d’euros. Des chiffres à prendre avec précaution, selon les constructeurs, en raison des difficultés liées à l’approvisionnement en composants, mais également à cause de l’augmentation des prix des matières premières industrielles qui ne vont pas manquer de se répercuter sur le prix des matériels chez les distributeurs. Sans parler de l’augmentation des délais de livraison, qui peuvent atteindre pour certains types de matériel jusqu’à un an.
Reprise durable ?
Quoi qu’il en soit, si reprise il y a, elle est beaucoup plus calme et progressive que celle qui avait été observée en 2008. À l’époque, les ventes de matériel agricole avaient explosé à 4,53 milliards d’euros, dopées par l’envolée du prix des céréales.
Ainsi, pour les tracteurs en 2011, les constructeurs estiment que les ventes devraient atteindre 34 500 unités, en progression de 10 % sur 2010. Les prévisions pour les tracteurs standards devraient s’établir à 24 100 unités (+ 8 %), et celles pour les modèles télescopiques à 3 000 unités, en raison de l’apparition de modèles plus compacts. Idem pour les moissonneuses-batteuses. Les ventes qui s’étaient effondrées à 1 637 unités en 2010 devraient attendre 1 850 selon les prévisions des constructeurs et des distributeurs (+ 13 %). Pour les ensileuses automotrices, le marché affiche une légère reprise : les craintes sur la conjoncture sont quelque peu dissipées, et les agriculteurs procèdent à un rattrapage des investissements qui avaient été différés. Le marché devrait avoisiner 290 unités, contre 240 en 2010 (+ 20 %).
Situation contrastée en élevage
Après deux années de conjoncture en net repli en raison de la crise de l’élevage, le marché français s’est à nouveau développé favorablement depuis la fin 2010. Pour ce qui est des presses et faucheuses conditionneuses à balles rondes, les ventes sont estimées à 3 700 exemplaires, contre 2 937 en 2010 (+ 25 %), l’orientation étant cependant plus favorable dans les zones laitières que dans les zones allaitantes. Idem pour le matériel de fenaison, la tendance est également favorable (+ 5 % à + 15 %), surtout dans les régions laitières.
En matière de travail du sol, de semis et de fertilisation, la chute importante observée pendant le premier semestre 2010 a été enrayée grâce à la reprise des cours des céréales. Pour 2011, les ventes devraient progresser de 30 à 35 % pour les seules charrues, et de 10 à 15 % pour l’ensemble de ce type de matériel. Reprise également soutenue pour le matériel de protection des cultures. Le réveil s’est opéré en janvier 2011, et s’est quelque peu accéléré depuis le Sima 2011.
D’une façon générale, l’activité des matériels pour l’élevage affiche une bonne reprise, en lien avec l’amélioration des trésoreries des éleveurs et du moral des producteurs de lait. Ce n’est pas le cas hélas pour les matériels destinés aux producteurs de viande, dont le marché est actuellement soutenu par l’export. Ni d’ailleurs pour les équipements des éleveurs de porcs, pour lesquels les perspectives de prix sont incertaines.
Concernant les véhicules agricoles remorqués, qui avaient particulièrement pâti de la crise en 2009 et 2010, le marché semble désormais se stabiliser, voire amorcer une timide reprise, sans que la reprise des commandes ait permis de compenser la faiblesse des ventes de la première moitié de l’année 2010.
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