La diversification : une démarche passionnante à bien réfléchir
Les raisons qui peuvent pousser à diversifier ses activités sont très variées et spécifiques à chaque individu, chaque projet, chaque histoire. On peut néanmoins parler de certaines tendances. Les raisons économiques sont parmi les principales. Que ce soit pour augmenter ses revenus en valorisant mieux ses produits ou pour stabiliser son activité en diversifiant ses sources de revenu, la diversification est souvent un moyen d’assurer une meilleure assise économique pour son exploitation et de rationaliser ou réorganiser les ressources en main-d’oeuvre.
Les raisons sociales sont également fréquentes.
Le côté relationnel est très présent dans les activités de diversification et vouloir ouvrir sa ferme aux autres et rencontrer les consommateurs est souvent une motivation pour s’engager dans la diversification. Développer de nouvelles activités permet également de varier son travail et d’atténuer la monotonie et la pénibilité de certaines tâches. De plus, l’ancrage territorial de l’activité est un élément souvent indissociable de la diversification, que ce soit pour le soutien local ou la commercialisation de ses produits. Enfin, développer une activité nouvelle peut également permettre de valoriser un patrimoine bâti non utilisé présent sur la ferme.
Se diversifier, c’est développer sur sa ferme, ou aux alentours, de nouvelles activités en lien direct ou indirect avec les activités existantes. Cela peut prendre la forme d’un accueil de public sur sa ferme, d’une transformation de ses productions ou d’une mise en place de nouvelles productions originales.
L’accueil à la ferme
On distingue en général 3 types d’accueil à la ferme : l’hébergement, la gastronomie/restauration, et les loisirs/services. Les moyens humains (investissement personnel, main-d’œuvre) et financiers (bâtiments, matériel) à mettre en œuvre varient selon l’activité et l’ampleur que l’on veut lui donner. Certaines activités très simples ne demandent que peu d’investissement et peuvent être mises en place rapidement. D’autres nécessitent une réflexion et un engagement plus importants.
Pour les activités d’hébergement, on distingue généralement les chambres d’hôtes (chambres dans l’habitation), les gîtes (logements séparés), les campings ou habitations légères de loisir, les salles d’accueil (pour des animations familiales, des évènementiels professionnels, etc.) et les haltes équestres (multi-service pour les cavaliers).
Pour les activités en lien avec la gastronomie, les formules peuvent être très variées : des simples activités de vente à la ferme ou d’organisation de goûters, aux services de paniers pique-nique ou de traiteur, en passant par la restauration proprement dite avec les fermes auberges et les tables d’hôtes. Enfin, une grande diversité de services et d’activités de loisirs peut être proposée sur la ferme : de nombreux types de visites existent, qu’elles soient libres, ludiques, pédagogiques ou techniques, ainsi que des services de plus longue durée, comme la ferme équestre (enseignements, promenades, randonnées, etc.) ou les vacances d’enfants. Divers services peuvent également être offerts aux camping-cars.
La transformation à la ferme
La transformation à la ferme est possible avec la plupart des productions existantes : produits laitiers (lait, beurre, fromages, crèmes, etc.), fruits et légumes (soupes, confitures, coulis, pâtés végétaux, produits cidricoles, etc.), viande (caissettes, volailles, charcuterie, plats cuisinés, etc.), céréales (farine, pain, huile, etc.) ou encore laine (mohair, angora, etc.).
De nombreuses techniques et recettes, traditionnelles ou innovantes, existent. Rigueur et savoir-faire sont les maîtres mots !
Il est évidemment nécessaire de disposer d’un atelier, mais tout ou partie de la transformation peut être déléguée (chez un autre agriculteur possédant le matériel, dans une entreprise spécialisée) ou mutualisée via un atelier collectif. L’abattage à la ferme en tuerie est possible uniquement pour les volailles et lapins ; les animaux de boucherie doivent obligatoirement passer par un abattoir agréé.
Des étapes clés pour bien réussir son projet
Autour de l’axe central de la mise en place du projet s’articulent différentes thématiques qu’il faut appréhender progressivement pour pouvoir adapter son projet.
La première étape indispensable pour s’assurer de la durabilité de son projet est de le confronter, d’une part à ses envies profondes et donc aux objectifs qui en découlent – se dégager un revenu principal par exemple –, et d’autre part avec sa situation actuelle. Il est ainsi nécessaire d’évaluer le temps de travail disponible et la main-d’œuvre, les financements possibles, l’espace, les bâtiments et les matériels disponibles, ainsi que les compétences présentes. Ensuite, il est nécessaire de connaître et d’adapter les réglementations, de se former en fonction de son projet et de ses compétences et d’analyser le marché et la rentabilité de son projet. Enfin, il faut bien travailler la commercialisation de ses produits et la communication qui y est associée.
M. PREUSS
zoom sur...L’importance du mode de commercialisation
Pour commercialiser ses produits, de multiples possibilités existent en fonction des quantités, des capacités de livraison, du temps disponible, de votre environnement, et bien sûr de vos envies. Bien évidemment, plusieurs circuits peuvent être utilisés en parallèle et on recommande d’ailleurs généralement de ne pas passer plus de 30 % de son chiffre d’affaire dans un même débouché. Pour choisir son mode de commercialisation, il est important de bien connaître les avantages et les inconvénients de chacun, en relation avec ses productions. Globalement, plus le circuit de vente sera long, plus le public touché sera large et les investissements humains (temps) et financiers (local et matériel de vente) moindres.
À l’inverse, plus le circuit sera court, plus la valorisation du produit (moins d’intermédiaires, donc plus de marge conservée), le contact avec le client
et la maîtrise de la qualité seront importants. Les circuits courts présentent de plus une grande diversité de possibilités : en vente directe à la ferme, sur les marchés (à l’année, l’été, à la ferme, thématiques), sur des manifestations, en livraison (à domicile, en entreprise), en collectifs d’achats, en point de vente collectif, par Internet ou en vente indirecte à des magasins (généralistes ou spécialisés), à des restaurants, à des restaurations collectives, à des GMS, ou encore aux collègues agriculteurs (dépôt vente).
zoom sur...Une réglementation précise
Accueillir, transformer, commercialiser, autant de nouveaux métiers auxquels on est rarement préparé ou habitué en tant qu’agriculteur. Pourtant, chaque activité est encadrée par une réglementation précise qu’il est indispensable de connaître et d’appliquer. Pour tout ce qui concerne les produits fermiers, plusieurs types de réglementations existent : des réglementations sanitaires (hygiène principalement), des réglementations plus « techniques » (conception d’un atelier de transformation), ainsi que des réglementations commerciales (utilisation de certains termes, étiquetage, communication, etc.). Dès que du public est accueilli, des réglementations spécifiques en termes de conception des bâtiments (accessibilité aux personnes handicapées, sécurité incendie) et de formation (encadrement de jeunes, enseignement équestre, etc.) doivent être respectées. Certaines de ces réglementations peuvent être relativement contraignantes. Il est donc nécessaire de les prendre en compte le plus tôt
possible dans la conception de son projet.
En rejoignant un des réseaux d’accueil et de produits fermiers, vous pourrez valorisez plus efficacement vos produits et bénéficier de l’expérience d’autres producteurs. Quelques réseaux régionaux : Bienvenue à la ferme, Savoir Vert, ARVD, Campus Vert, Association Accueil et vente directe à la ferme...
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