Le Syndicat Agricole 18 juillet 2013 à 14h26 | Par Le Syndicat Agricole

Fourrages - Possible rupture de stock : anticiper dès maintenant

C’est tout de suite qu’il faut réfléchir aux différentes alternatives possibles.

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Pour éviter les pertes, veiller à la coupe franche du silo et à l’avancement : 20 cm/j en été.
Pour éviter les pertes, veiller à la coupe franche du silo et à l’avancement : 20 cm/j en été. - © DR
Suite à un hiver long et un printemps difficile et froid, la végétation a près d’un mois de retard. Pour les zones précoces, les premières floraisons de maïs sont attendues pour fin juillet. Avec l’augmentation des effectifs de nombreux troupeaux, comment réagir face à une situation préoccupante ? C’est tout de suite qu’il faut réfléchir aux différentes alternatives possibles.
Une vache consomme 15 kg de matière sèche (MS) de fourrage/jour, ce qui correspond à 450 kg MS, soit 1,5 t d’ensilage de maïs brut par mois. Pour un troupeau de 50 vaches, cela équivaut à 75 t de maïs pour un mois.

Faire le point à l’aide d’un bilan fourrager
Il s’agit d’établir un état des lieux des stocks de MS, puis de le confronter aux besoins du cheptel pour la période de soudure (d’aujourd’hui à la date estimée de récolte du fourrage).
• Étape 1, estimer les stocks de fourrages :
Cela consiste à évaluer les stocks disponibles à l’heure actuelle en ensilage, foin, paille, herbe pâturée... Pour ceux qui ont récolté ou prévoient de récolter d’autres fourrages prochainement (foin, enrubannage, ensilage de céréales...), une estimation de cette future récolte doit être intégrée dans le calcul des stocks fourragers.
• Étape 2, évaluer les besoins des animaux :
Il convient de connaître les consommations de stocks fourragers sur la période en recensant les besoins des animaux à nourrir.
• Étape 3, comparer l’état des stocks avec les besoins :
- Si les stocks sont supérieurs aux besoins : il n’y a pas de problème a priori.
- Il faut définir des priorités quant au choix des fourrages : par exemple, maïs pour les vaches, foin ou/et paille pour les bovins en croissance (génisses...), associé à une complémentation plus soutenue.

Quelles solutions pour faire face au déficit ?
• Gérer les effectifs :
La vente d’animaux comme réponse au déficit fourrager peut être une solution. Pour explorer cette piste, il faut faire dès aujourd’hui le point sur son cheptel pour envisager de vendre les animaux à productivité faible. On peut aussi vendre des bêtes à l’engraissement (exemple : taurillons vendus à 18 mois au lieu de 20 mois).
• Raisonner la politique alimentaire :
La vache est un ruminant, il faut assurer la fibrosité de la ration (cf. tableau ci-dessous).
Pour substituer le maïs, on achète des concentrés ou des co-produits. Il faut néanmoins rationner les quantités distribuées pour prévenir les risques d’acidoses (excès d’amidon ou particules fines). Il est important d’agir dès maintenant pour allonger le stock actuel. Cette année, avec des cours de correcteur élevés, il faudra choisir les aliments en faisant un compromis entre prix et valeurs alimentaires.
La solution d’ensiler de la céréale immature n’est plus possible aujourd’hui pour certaines régions, car le stade de récolte (laiteux pâteux du grain) est dépassé. Sinon, on peut espérer, suivant le potentiel des terres, un rendement de 10 à 12 tMS/ha.
Après l’escourgeon, l’implantation d’une dérobée à croissance rapide (choux, radis, navets ou colza fourrager), exploitable 60 jours après le semis, est possible. Elle sera à faire pâturer au fil au maximum 2 h par jour ou à utiliser en affouragement en vert.
Les maïs sont repartis avec le beau temps, mais on peut s’interroger sur leur rendement et leur qualité. D’autant qu’il faudra s’adapter et tenir compte du droit à produire futur (quota + attributions). Pour 1000 litres de lait à produire en plus, il faudra 1 tMS de fourrage en plus pour nourrir les vaches et leurs suites.
Dès aujourd’hui, un déficit sur le bilan fourrager à venir (du 1er novembre 2013 au 31 octobre 2014) peut arriver si on a utilisé des fourrages destinés à l’hiver et si les rendements en maïs sont moindres. Il sera donc important de refaire un point sur les stocks et les besoins des animaux lors de la récolte de maïs.
Pour ceux qui ont la possibilité d’implanter une interculture derrière la moisson, nous suggérons de mettre une dérobée consommable par les animaux (avoine/vesce après escourgeon, et RG, trèfles, etc., après toutes céréales).

Groupe Fourrages
Avenir Conseil Élevage



Déficit fourrager : 6 pistes a explorer
1. Rechercher et contractualiser l’achat de paille ou prévoir des échanges.
2. Acheter des sous-produits, à quel prix ?
3. Ensiler des céréales immatures au stade laiteux pâteux, si pas trop tard.
4. Rechercher et contractualiser l’achat de maïs sur pied, mais à quel prix ?
5. Implanter des couverts végétaux après moisson.
6. Sortir les vaches de réforme et les mâles à l’engraissement plus rapidement de l’exploitation.


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