Le Syndicat Agricole 10 janvier 2013 à 15h34 | Par Le Syndicat Agricole

Fongicides - Les SDHI débarquent en force

Après les morpholines, les triazoles et plus récemment les strobilurines, une nouvelle étape dans la protection des céréales s’amorce avec l’arrivée massive des SDHI.

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Dans une année marquée par une pression parasitaire de l’ordre de 25 à 30 qx dans notre région, les SDHI ont tiré leur épingle du jeu.
Dans une année marquée par une pression parasitaire de l’ordre de 25 à 30 qx dans notre région, les SDHI ont tiré leur épingle du jeu. - © V. Marmuse, CAIA

C’est avec le lancement du Bell, à base principalement de boscalid, qu’est apparue la première SDHI (ou carboxamides) en 2008. Avec l’arrivée, l’année dernière, du bixafen (solution Xpro) de chez Bayer et du fluxapyroxad (solution Xenium) de chez BASF, le marché à connu un véritable coup d’accélérateur. Selon les distributeurs, 65 à 70 % des céréales devraient recevoir une application de carboxamides en 2013. Une bonne nouvelle, dans une conjoncture où les strobilurines sont, aujourd’hui, inopérantes sur septoriose, et où l’efficacité des triazoles les plus reconnues (époxiconazone, metconazole et prothioconazole) s’érode inexorablement, au fil des ans. Seuls le chlorothalonil (produit multisite) et, dans une moindre mesure, le prochloraze, gardent leur intérêt sur la septoriose, en mode préventif essentiellement.
Dans une année marquée par une pression parasitaire de l’ordre de 25 à 30 qx dans notre région, les SDHI ont donc tiré leur épingle du jeu. Sur septoriose, ces nouveautés surclassent nettement les solutions existantes: un constat d’autant plus flagrant dans une année à risque ou pour des variétés très sensibles. Les produits à base de fluxapyroxad (Adexar...) semblent un ton au-dessus comparés aux spécialités à base de bixafen sur septoriose.
Néanmoins, dans un schéma de variétés moins sensibles à ce pathogène, ou d’années moins favorables, les spécialités existantes (Osiris Win, Opus New) souvent associées au prochloraze, font jeu égal avec les SDHI. Le chlorothalonil garde tout son intérêt, même s’il s’exprime beaucoup mieux en application précoce et préventive.


La rouille brune, récurrente dans la région
Avec un retour remarqué en 2012, la rouille brune semble s’installer, au fil du temps, comme une maladie récurrente dans notre région. Même si la résistance variétale est la meilleure réponse à cette maladie, de nombreuses solutions chimiques existent. Intrinsèquement les SDHI ne sont pas très efficaces, ce sont avant tout les triazoles qui les complètent (époxiconazole pour l’Adexar) qui valorisent le résultat de ces produits. À noter que le prothioconazole, peu efficace contre la rouille brune et qui est contenu dans l’Aviator Xpro, restreint l’efficience de cette spécialité sur rouille brune, surtout à dose réduite.
En cas de forte pression, les solutions à 3 voies – SDHI, triazoles et strobilurines – sont les plus sécurisantes et les plus complètes. Viverda (époxiconazole, boscalid et pyraclostobine) montre ainsi la meilleure action sur ce complexe parasitaire.
Pour ce qui est de la rouille jaune, c’est, là aussi, la variété qui reste la meilleure arme pour la contrôler. Et ce, d’autant plus que de nouvelles souches, toujours plus virulentes, apparaissent (race Warrior en 2011) et contournent, de plus en plus vite, les résistances variétales existantes.
Dans ce panorama, les SDHI, toujours en association, sont une solution intéressante contre la rouille jaune, à condition d’être positionnées dès les premiers symptômes.
Pour être tout à fait complet sur les carboxamides, ceux-ci semblent complètement inopérants sur les différentes formes de fusarioses existantes.
Ainsi donc, les SDHI semblent constituer une solution technique appréciable et rentable, en particulier contre la septoriose, dans nos régions très exposées. À l’image des triazoles dans les années 1990-2000, cette nouvelle famille chimique devrait s’insérer durablement dans les programmes fongicides hexagonaux, à condition, bien sûr, de les utiliser à bon escient.


C.D.

 


Zoom sur... De nouvelles SDHI à venir


Alors qu’on attend une part de marché d’environ 65 à 70 % pour les SDHI en 2013, de nouvelles associations et de nouvelles matières actives seront proposées pour la campagne à venir. Du côté de chez BASF, le fluxapyroxad (Adexar) sera associé au Comet (pyraclostrobine), avec toujours l’epoxiconazole (Opus) comme base du mélange. Cette solution haut de gamme, toutes cultures, répondra à une large problématique fongicide, plus précisément sur septoriose et rouilles. Elle devrait être commercialisée sous forme de pack cette année, en produit tout formulé dès 2014.
Nouvelle association proposée également: le mélange Adexar avec du metconazole (Caramba...). L’objectif est ici, avant tout, de proposer une solution tout aussi performante avec une autre triazole que l’Opus.
Autre précurseur des carboxamides, Bayer mise toujours sur ses solutions Xpro à base de bixafen. À côté de la référence que constitue l’Aviator Xpro, formulé avec du prothioconazole (Joao), en 2013 sera expérimentée une association avec une strobilurine (fluoxastrobine). Objectif proposé, là aussi : une solution haut de gamme à très large spectre d’efficacité.

 

L’intérêt des SDHI en programme...


En 2012, les SDHI ont montré tout leur intérêt. L’objectif est désormais de faire durer cette famille chimique et d’éviter, à l’image de ce qui s’est fait avec les strobilurines, de rapides phénomènes de résistance avec, par exemple, de multiples applications en sous-dosage. De ce fait, Arvalis ne préconise qu’une seule application de carboxamide par campagne pour éviter la sélection de souches résistantes. L’alternance est donc de rigueur, tant dans les modes d’actions que dans les familles utilisées.
De par leur rémanence supérieure aux solutions existantes, à dose optimale bien sûr, les SDHI seront majoritairement placées en T2, renforcées par une strobilurine en présence de rouille brune. En T1, l’accent sera plutôt mis sur des substances plus préventives comme le chlorothalonil ou le prochloraze (renforcé avec de l’Opus New par exemple), en association avec une ou plusieurs triazoles (Cherokee, Pixel, Citadelle...).
Concernant la dernière application, souvent positionnée au stade floraison, elle visera avant tout les différentes formes de fusarioses. Les spécialités à base de prothioconazole (Prosaro, Kestrel, Fandango S...) sont alors à privilégier. D’autres solutions sont également possibles pour cette dernière application, à travers des solutions contenant du metconazole (Sunorg Pro, Caramba Star) ou de l’epoxiconazole associé à une strobilurine (Swing Gold).


C.D.

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