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Prix des terres

Le marché foncier rattrapé par la crise

Conséquence de la crise économique et financière, tous les marchés fonciers de l’espace rural ont été frappés par la baisse des prix en 2009.

03 juin 2010 Le Syndicat Agricole Vu 2944 fois 1 réactions
Interrogé sur la taxation sur le changement de destination des terres prévue dans la LMA pour limiter le gaspillage, le président de la FNSafer estime qu’ « une taxation à 5 % n’aura pas d’incidence sur la consommation de l’espace. Seulement un renchérissement au détriment
de l’acquéreur ».

Interrogé sur la taxation sur le changement de destination des terres prévue dans la LMA pour limiter le gaspillage, le président de la FNSafer estime qu’ « une taxation à 5 % n’aura pas d’incidence sur la consommation de l’espace. Seulement un renchérissement au détriment de l’acquéreur ». - © LE SYNDICAT AGRICOLE

En 2009, le marché de l’espace rural notifié aux Safer a représenté 206 000 transactions, en retrait de 12 % par rapport à 2008. Il a porté sur 472 000 ha, pour une valeur de 13,6 milliards d’euros, en baisse respectivement de 18 % et de 22 %. En 2008, la contraction du marché concernait surtout les marchés sous influence urbaine (urbanisation, maisons à la campagne, espaces résidentiels et loisirs non bâtis). L’an dernier, le phénomène a gagné les terres agricoles et les prés. Leurs échanges n’ont porté que sur 58 000 biens, pour une surface totale de 242 000 ha et une valeur totale de 1,8 milliard d’euros, soit un recul des transactions, des surfaces échangées et de la valeur du marché de 13 %, 18 % et 19 % respectivement. Le prix s’affiche également en baisse de 1,6 % à 5 090 €/ha pour la première fois depuis 1995. Les revenus des ménages agricoles ayant fléchi avant les revenus agricoles, les marchés sous influence urbaine se sont retournés les premiers. L’effondrement des revenus agricoles en 2008 a précipité le retrait des agriculteurs du marché foncier l’an dernier, et le phénomène devrait se poursuivre cette année. En revanche, le prix des terres louées a mieux résisté. Il atteint 3 910 €/ha, en léger progrès de 1,1 % par rapport à 2008. Une situation qui s’explique, selon la FNSafer, par le maintien des achats non agricoles alors que ceux des agriculteurs ont reculé. « Cette évolution illustre bien la place de la terre agricole comme placement et valeur refuge dans un contexte économique morose » et pour se protéger des marchés boursiers, note André Thévenot, président de la FNSafer.

Propriété sociétaire
Autre observation, la progression de la propriété sociétaire a un impact de plus en plus important sur les marchés fonciers. Ainsi, sur le marché agricole, entre 2000 et 2009, la part des acquisitions des personnes morales agricoles et non agricoles est passée de 7 % à 10 % en nombre, de 10 % à près de 15 % en surface, et de 20 % à 30 % en valeur. En moyenne, les formes sociétaires achètent des biens 50 % plus grands et, fait-on remarquer, les sociétés d’exploitation agricole (EARL, Gaec…) achètent plus de deux fois plus que les sociétés agricoles spécialement créées à cet effet (GFA et SCI agricoles).
D’une façon générale, le prix des terres est aussi lié à la disparité des systèmes de production, grandes cultures, herbivores, maraîchage… Ainsi peut-on découper la France en trois zones, d’est en ouest. Au nord de la Loire où dominent les grandes cultures, les prix de la terre dépassent 6 000 €/ha. Le prix excède également ce niveau dans le sud de la France, en deçà d’une ligne qui va de la Gironde à la Savoie, à cause de la présence de cultures à forte valeur ajoutée, voire de la pression démographique dans des départements comme l’Aveyron ou le Cantal.
Entre les deux, de la Loire Atlantique et la Vendée à la France-Comté, en passant par le Nord du Massif central et la Bourgogne, dans ces zones orientées vers l’élevage d’herbivores, les prix de la terre sont beaucoup plus faibles, et souvent inférieurs à 3 000 €/ha.

Vignes : la hausse s’essouffle
Comme les terres agricoles, le marché des vignes a amorcé un retournement marqué par une nette fermeture du marché. Après trois années de croissance, les transactions se sont repliées de 14 %, les surfaces échangées de 16 %, et la valeur de 19 %. Toutes les zones sont concernées, à l’exception de la Corse, du Val de Loire et, dans une moindre mesure, de la vallée du Rhône et de la Provence où le marché s’est stabilisé.
Certes le prix des vignes à eaux-de-vie (Cognac, Armagnac) a encore progressé de 5,3 %, à 26 500 €/ha, mais le prix moyen des vignes sous AOC n’a augmenté que de 2,5 % à 93 300 €/ha, et celui des vins de consommation courante a perdu 3,4 % à 10 600 €/ha. Ce sont les vignobles de Champagne et du Bordelais qui enregistrent le repli le plus vif. Les vignobles du Sud-Ouest confirment leur déclin amorcé en 2003, alors que le prix des vignes du Val de Loire et du Centre reste stable. Les vignes corses échappent au marasme ambiant (+ 12,5 %). Comme d’ailleurs celles du Languedoc-Roussillon, qui confirment la lente remontée (+ 3,7 %) amorcée depuis 2006.

Forêts : vive contraction du marché
Rattrapé par la crise, le marché des forêts s’est fermé de 21 % en surface avec 92 000 ha échangés en 2009. Tous les types de biens sont touchés. Mais le retrait atteint surtout les domaines de plus de 50 ha. Après une hausse de 77 % entre 1997 et 2008, le prix des forêts ne se maintient que grâce à la forte diminution des surfaces vendues. En 2008-2009, un hectare de forêt valait 3 170 €/ha. À l’origine de cette situation, la crise économique qui a entraîné une chute du bois d’œuvre, notamment du fait de la réduction des programmes de construction, le repli du prix du bois et, dans une moindre mesure, la tempête Klaus dans les Landes qui a contribué à la contraction du marché régional.

Le gaspillage des terres se poursuit
35 000 ha de surfaces agricoles ou naturelles ont été vendus en 2009 à destination de l’urbanisation. C’est un peu moins que 45 000 ha prélevés par an sur la période 2006-2008, mais le gaspillage des terres agricoles se poursuit. Cette surface notifiée aux Safer par les notaires, correspond aux ventes de terres qui sont soustraites de l’agriculture pour créer des logements individuels ou collectifs, des zones d’activités commerciales, industrielles, artisanales et des infrastructures. Elle ne correspond pas à la surface effectivement urbanisée qui, elle, est mesurée par l’enquête Teruti-Lucas du ministère de l’Agriculture. Selon cette dernière enquête, 74 000 ha par an ont été prélevés à ce titre entre 2006 et 2008. L’estimation du ministère prend en compte la totalité des biens urbanisés, que ceux-ci aient fait l’objet d’une vente préalable ou non.
Interrogé sur la taxation sur le changement de destination des terres prévue dans la Loi de modernisation agricole pour limiter le gaspillage, André Thévenot estime que la mesure n’est pas à la hauteur des enjeux. « Une taxation à 5 % n’aura pas d’incidence sur la consommation de l’espace. Seulement un renchérissement au détriment de l’acquéreur », estime-t-il. Il aurait préféré que la loi prévoie une définition des zones agricoles, ainsi que la création d’une commission qui rendrait le déclassement de ces terres plus contraignant, cette commission ayant le pouvoir de donner son accord ou pas sur les prélèvements.
Une commission sera bien créée, mais elle ne donnera que des avis qui n’auront pas de caractère obligatoire.
Quant à l’Observatoire foncier également prévu, « c’est certes utile, mais ce n’est qu’un thermomètre qui ne changera pas les choses » commente André Barbaroux, le directeur de la FNSafer. Et de déplorer l’attitude des élus qui ne « voient que par l’urbanisme et non la protection des terres agricoles ».

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    J'ai eu un grave problème avec le préfet de mon département . Malgré mon activité professionnel en zone agricole en NC, et un avis favorable pour l'octroi d'un permis de construire "liées et nécéssaire en complément de survie de mon métier de PAYSAN" je n'aie pu avoir de complément de revenu. Je galère depuis malgré l'avis favorable du tribunal administratif.le risque encourue d'un responsable d'état est où ?? On doit mourir.Buiness

    ANDRE - le 04 décembre 2010 à 19:46:50

 
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