Le Syndicat Agricole 24 janvier 2013 à 09h45 | Par Le Syndicat Agricole

Fertilisation azotée - 1er apport d’azote sur blé : comment agir?

Il va falloir adapter la conduite à tenir aux conditions particulières de l’année.

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Dans bon nombre de cas, cette campagne ne sera pas très adaptée à la pratique de l’impasse du 1er apport.
Dans bon nombre de cas, cette campagne ne sera pas très adaptée à la pratique de l’impasse du 1er apport. - © V. Marmuse, CAIA

Les années se suivent et ne se ressemblent pas : lors de la dernière campagne, suite à des semis précoces, à un automne et un début d’hiver très doux, les blés étaient, fin janvier, particulièrement avancés et drus, voire même trop drus. Le contraste est fort avec ce que nous voyons fréquemment en plaine actuellement : des parcelles peu avancées, souvent claires, et les sols fragiles glacés par les pluies incessantes de ces derniers mois. Il va falloir adapter la conduite à tenir pour ces blés, à commencer par la fertilisation azotée.

L’impasse est-elle possible cette année ?
L’impasse est une technique qui a fait ses preuves ces dernières années. Elle consiste à ne pas réaliser le 1er apport. Les unités qui ne sont pas mises à ce moment-là sont alors réparties sur les 2 apports suivants. Dans les essais réalisés par la Chambre d’agriculture, le rendement en cas d’impasse est au moins équivalent, et le taux de protéines s’en trouve amélioré.
Mais attention, il faut rappeler que cette pratique, réservée aux sols profonds de limons et de limons argileux, ne peut être envisagée qu’après des précédents riches ayant laissé de bons reliquats. Or, avec les millimètres de pluie accumulés depuis octobre, il faut s’attendre à des valeurs de reliquats d’azote plutôt basses.
Par ailleurs, on le sait et les comptages dans les essais le confirment, le 1er apport favorise le tallage. En général, il n’est pas utile de le stimuler car le nombre de talles est largement suffisant. Ici, la situation est différente : les champs de blés sont loin de ressembler à des pâtures. Beaucoup de semis ont été pour le moins tardifs, et souvent réalisés en conditions moyennes, voire mauvaises. L’excès d’humidité a pu affecter le taux de levée, et l’on voit bien des parcelles de limons glacées sous l’effet de la pluie. Un petit coup de pouce au tallage sera donc souvent le bienvenu. Dans bon nombre de cas, cette campagne ne sera donc pas très adaptée à la pratique de l’impasse du 1er apport.

Combien apporter en sortie d’hiver ?
Cet apport de sortie d’hiver a pour rôle d’assurer les besoins du blé jusqu’à la fin du tallage. Les besoins durant le tallage sont faibles. En effet, c’est une période durant laquelle il s’élabore peu de matière sèche. La bonne dose sera donc en moyenne peu élevée : 40 unités suffiront dans la majorité des cas. Dans le cas de parcelles avec des reliquats vraiment bas, on pourra aller un peu au-delà, jusqu’à 50-60 unités maximum.
Ce 1er apport doit donc rester modéré. Pour achever de convaincre les réticents, on pourra ajouter que dans les parcelles où il manque de pieds, c’est comme s’il y avait moins de monde à table. De ce fait, pour une dose donnée, chaque plante aura plus facilement sa quantité nécessaire. Enfin, il ne faut pas oublier qu’une fois qu’on a défini la bonne dose totale pour le cycle du blé, tout azote mis en excès au tallage, ce sont autant d’unités qui ne pourront plus être apportées plus tard, quand la culture en aura plus besoin et saura mieux les valoriser.

Quand réaliser ce 1er apport ?
Le rôle du 1er apport est d’accompagner le redémarrage du blé. Or, lorsque des gelées ont lieu début février, certains ne résistent pas à la tentation de sortir le centrifuge. La plante, pour redémarrer, a bien sûr besoin d’un minimum d’azote à sa disposition. Mais l’azote ne suffit pas, les températures doivent également être un peu poussantes, ce qui n’est pas courant début février. Ainsi, une partie de cet azote apporté trop tôt risque fort d’être perdu. Attendez donc que l’hiver soit derrière vous pour sortir l’épandeur à engrais. En moyenne, on ne devrait pas voir d’azote apporté sur blé avant le 15-20 février pour les plus pressés.
Un autre argument qui va dans ce sens est que, si l’azote stimule la culture, il profite également aux adventices qui seront d’autant plus difficiles à détruire. L’idéal est donc de désherber avant l’apport d’azote, ou au plus tard au moment de ce 1er apport ou peu après, ce qui sera d’autant plus facile que cet apport ne sera pas trop précoce.

Patrice DESMARESCAUX, Chambre d’agriculture de région

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