Le Syndicat Agricole 30 janvier 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Expliquer à la société le rôle positif des agriculteurs

Agriculteurs et représentants de la société convergent sur un point : les agriculteurs ont un rôle dans la préservation de la biodiversité, mais leur action reste encore méconnue.

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Les initiatives pour préserver la biodiversité existent déjà et se développent sur le terrain. La communication transversale est un chantier à mener pour « resserrer les liens entre agriculteurs et citoyens ».
Les initiatives pour préserver la biodiversité existent déjà et se développent sur le terrain. La communication transversale est un chantier à mener pour « resserrer les liens entre agriculteurs et citoyens ». - © S. Leitenberger

En matière de préservation de la biodiversité, « nous sommes au travail, ça produit des résultats et on peut en attester », a revendiqué Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA au colloque annuel du réseau Farre, le Forum des agriculteurs responsables respectueux de l’environnement le 22 janvier. Les initiatives existent en effet et se développent sur le terrain. C’est le cas par exemple de Symbiose, qui réunit dans la Marne les acteurs du territoire pour mettre en place des projets en faveur de la biodiversité, ou des viticulteurs des côtes de Thongue, dans l’Hérault, qui ont développé un programme d’autodiagnostic de la biodiversité sur les exploitations. Au-delà des initiatives spécifiques en faveur de la biodiversité, les agriculteurs sont naturellement enclins à conserver le potentiel de leurs terres. « Nous sommes tous des écologues, pas des écologistes, car nous vivons du milieu, dans le milieu », fait remarquer Pierre Pagesse, agriculteur et président du Gnis. Ainsi, les agriculteurs conservent une diversité de semences à l’intérêt agronomique supérieur à l’intérêt commercial. Une fonction qui pour Gilles Bœuf, président du Muséum national d’histoire naturelle, permet de « garder le maximum de variabilité pour répondre au changement ». Il cite un exemple à l’appui : quand il y a quelques années, une nouvelle maladie a provoqué un nanisme du riz en Asie, « il a fallu tester 6 320 variétés de riz pour en trouver une, au fin fond de l’Himalaya, capable de résister au virus ». La diversité est cruciale car on ne connaît pas nos besoins de demain. Si la perte de la biodiversité est de la responsabilité de tous et non pas uniquement des agriculteurs, qui avec l’agriculture intensive ont avant tout répondu à la forte demande sociale d’après-guerre, le constat n’en est pas moins préoccupant. D’après une étude du Credoc, les Français sont d’ailleurs les Européens les plus inquiets des conséquences de l’agriculture productiviste.


Communication transversale
Pour diffuser les expériences positives auprès des agriculteurs, l’on peut communiquer davantage sur les bénéfices retirés de la préservation de la biodiversité. Avec les démarches entreprises sur son exploitation, Émilie Alauze, viticultrice dans l’Hérault, ne peut pas vendre son vin plus cher, mais la question est surtout « si on ne le fait pas, est-ce qu’on va pouvoir continuer à vendre notre vin ? ». Il est également possible de valoriser la plus grande qualité gustative du vin, ou le paysage, favorable à un œunotourisme en plein développement. Pour cette jeune agricultrice, les générations actuelles sont beaucoup plus ouvertes aux engagements en faveur de la biodiversité, d’autant plus quand les actions viennent du terrain et impliquent les agriculteurs en amont. Un état d’esprit dont ils doivent encore convaincre la société et les consommateurs méfiants. Car si le point de vue des associations environnementales est souvent mieux perçu, c’est aussi parce que « l’agriculture est atomisée : il est difficile de parler d’une même voix », remarque Serge Martin-Pierrat, agriculteur du réseau Farre. Les entreprises qui se préoccupent de leur impact en termes de biodiversité ont donc plus de difficulté à identifier un interlocuteur pour le monde agricole, alors qu’à l’inverse, il est plus facile de s’accorder avec France Nature Environnement, comme le fait SNCF Réseau quand un projet de nouvelle ligne se développe sur un territoire. « Pourquoi ne pas signer aussi un partenariat avec les Chambres d’agriculture ? » propose Christiane Lambert ; une question qui semble susciter des réponses positives. La communication transversale, point faible du monde agricole, est donc un chantier à mener pour « resserrer les liens entre agriculteurs et citoyens », explique Luc Smessaert, président de Farre, qui ne veut surtout pas perdre de vue une notion chère aux agriculteurs, celle du « bon sens ». Notion à laquelle Gilles Bœuf ajoute ce point essentiel : « il n’y a pas d’humanité sans agriculture ».

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