Le Syndicat Agricole 27 juin 2013 à 13h55 | Par Le Syndicat Agricole

Événement - Plus de 10000 manifestants à Paris : la démonstration de force des éleveurs

Entre hausse des coûts de productions, empilement des contraintes et pression des industriels et des distributeurs, « l’élevage est en danger », a prévenu le président de la FNSEA, Xavier Beulin.

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Plusieurs milliers d’agriculteurs venus de toute la France, ont manifesté dans la bonne humeur dimanche à Paris pour sensibiliser politiques et citoyens aux problèmes que connaît l’élevage.
Plusieurs milliers d’agriculteurs venus de toute la France, ont manifesté dans la bonne humeur dimanche à Paris pour sensibiliser politiques et citoyens aux problèmes que connaît l’élevage. - © DR
Il y avait longtemps que l’on n’avait pas vu des vaches et des brebis sur l’Esplanade des Invalides à Paris. Dimanche 23 juin, plus de 10000 éleveurs ont défilé dans le calme et la bonne humeur de Montparnasse aux Invalides pour défendre leur métier et leur avenir. En tête, trois tracteurs ouvraient la marche, suivis par une quinzaine de vaches (Charolaise, Limousine, Salers, Aubrac, Blonde d’Aquitaine, Parthenaise...) et quelques chevaux de trait. Derrière, les agriculteurs. Ils étaient nombreux à porter une marinière verte pour signifier que l’agriculture peut participer au redressement productif cher au gouvernement. Après les actions tout au long de l’hiver et du printemps, la journée de sensibilisation des pouvoirs publics et des élus dans les départements et les régions, le 12 avril dernier, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs avaient organisé ce rassemblement pour rappeler encore une fois aux pouvoirs publics et à l’opinion publique les difficultés que traversent les éleveurs actuellement.

« Avant j’avais un revenu, mais c’était avant »
Qu’ils soient producteurs de moutons, de porcs, de lait ou éleveurs de bovins viande, ils souffrent tous des mêmes maux, comme le soulignaient un certain nombre de pancartes. « Prix du lait: la grande distribution nous trait » en tête du cortège, ou « avant j’avais un revenu, mais c’était avant », ou encore « 1 élevage qui ferme, c’est 7 emplois en moins », « l’agriculture, 2e employeur de France ». Dès le départ, les représentants des éleveurs n’ont pas manqué de rappeler l’équation de l’élevage français: l’incapacité à répercuter dans les prix de vente l’augmentation des coûts de production, et l’empilement des contraintes administratives qui brime les exploitations au quotidien. Chacun mettant aussi l’accent sur des préoccupations plus spécifiques: la crainte de « l’ensauvagement des territoires » avec l’arrivée des loups, des ours dans les campagnes pour Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine (FNO); la nécessité d’obtenir des prix rémunérateurs et l’excès de zèle de la France en matière de contraintes environnementales pour Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP) et Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).
Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB) a déploré « la suradministration » avant d’en appeler à une réforme de la PAC « qui apporte des soutiens différenciés à l’élevage ». Quant à Michel Prugue, le président de la Confédération française de l’aviculture (CFA), il s’est inquiété de l’arrivée massive de poulets étrangers dans la restauration collective, en raison des distorsions de concurrence dont souffre l’agriculture française.

Généraliser l’étiquetage « viande de France » dans les grandes surfaces
Mais en venant à Paris, les éleveurs voulaient aussi délivrer un message aux Parisiens et à l’opinion publique, celui de l’avenir leur métier. « Dans quel métier accepte-t-on un système qui fait travailler à perte? Ceux qui sont en charge de l’alimentation sont ceux qui tirent la langue », à cause de la grande distribution qui pressure ses fournisseurs, s’inquiète François Thabuis, le président des JA. Avant d’en appeler à la loi pour rétablir des « négociations équitables ». Xavier Beulin, lui, réclame la généralisation de l’étiquetage « viande de France » dans les grandes surfaces, pour contrer les importations déloyales. Surtout quand le différentiel de coût de la France, comparé à l’Espagne ou l’Allemagne est « de 4 à 6 € par heure travaillée ». Avant d’interpeller aussi les autorités publiques « sur la surenchère réglementaire », les installations classées, la directive nitrates, les bassins d’alimentation de captage, les prédateurs, la taxe transport à venir ou la future fiscalité écologique, qui n’annoncent rien de bon pour l’agriculture. Sans oublier les négociations de la PAC, et surtout les négociations bilatérales qui s’ouvrent entre l’Union européenne et les États-Unis, qui pourraient nous amener « du maïs OGM, du poulet au chlore et de la viande aux hormones » dans nos assiettes. Le message sera-t-il entendu par les pouvoirs publics? En tout cas, François Hollande s’est engagé à recevoir le président de la FNSEA accompagné de tous représentants de l’agriculture française: Chambres d’agriculture, Crédit, Coopération et Mutualité, début juillet.


Zoom sur... Le soutien de personnalités politiques

Chez elle, en tant que maire du VIIe arrondissement, Rachida Dati est venu apporter son soutien aux éleveurs et saluer le président de la FNSEA. On a vu également Bruno Le Maire sur l’Esplanade des Invalides, le prédécesseur de Stéphane Le Foll, qui a conservé une certaine cote chez les paysans. Il est venu « pour soutenir les éleveurs français qui sont menacés de disparition si on ne fait rien aujourd’hui ». Nicolas Dupont-Aignan, le patron de « Debout la République » était également présent, ainsi qu’un certain nombre de parlementaires.


Remerciements

Les FDSEA et les JA tiennent à remercier tous les agriculteurs de la région qui ont participé à cette journée. 200 agriculteurs répartis dans 4 bus ont quitté le Nord-Pas de Calais tôt ce dimanche matin pour rejoindre Montparnasse et les Invalides.
Les FDSEA et JA remercient également leurs partenaires qui ont participé au financement des bus, et la SAS Pannier Geloen qui a répondu favorablement et rapidement pour mettre à disposition le camion pour le transport de la truie et ses porcelets.

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