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Grenelle

Le plan de performance énergétique des exploitations agricoles sur les rails

Réaliser 100 000 diagnostics énergétiques en cinq ans et financer des équipements pour l’économie et la production d’énergie renouvelable.

12 février 2009 Le Syndicat Agricole Vu 2019 fois
Michel Barnier a donné le coup d’envoi au plan de performance énergétique des exploitations agricoles le 3 février dernier,
en présence notamment de Patrick Devedjian et de Judith Jiguet, directrice de cabinet de Chantal Jouanno.

Michel Barnier a donné le coup d’envoi au plan de performance énergétique des exploitations agricoles le 3 février dernier, en présence notamment de Patrick Devedjian et de Judith Jiguet, directrice de cabinet de Chantal Jouanno. - © .

C’est en présence de Patrick Devedjian, ministre auprès du Premier ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance et de Judith Jiguet, directrice de cabinet de Chantal Jouanno, la nouvelle secrétaire d’État chargée de l’Écologie auprès de Jean-Louis Borloo que Michel Barnier a lancé, le 3 février, le plan de performance énergétique des exploitations agricoles.

Les partenaires
Issu des travaux du Grenelle de l’environnement visant à accroître la maîtrise énergétique des exploitations afin d’atteindre un taux de 30 % d’exploitations agricoles à faible dépendance énergétique d’ici 2013, ce plan a été intégré au plan de relance de l’économie de François Fillon.
Outre les Pouvoirs publics, ce plan associe de grandes entreprises françaises, telles GDF Suez, EDF, Total, qui se sont engagées à réaliser des diagnostics énergétiques ainsi que Sofiprotéol, Cristal Union pour leur expérience dans les biocarburants (diester et éthanol).
Il mobilise également un certain nombre de partenaires, tels que l’Ademe, l’APCA, la FNCuma qui vont être impliqués dans la réalisation des diagnostics énergétiques sur le terrain.

L’enveloppe
L’État a accepté de débloquer 35 millions d’euros. 5 millions d’euros seront consacrés à la réalisation des diagnostics : 100 000 sont prévus sur cinq ans.
30 millions serviront à accorder des subventions pour soutenir les projets d’équipements et de maîtrise de la consommation d’énergie et de la production d’énergies renouvelables. Michel Barnier n’a pas caché que d’autres ressources pourraient être mobilisées, les crédits de la modulation issus du deuxième pilier de la PAC et les crédits du plan de relance européen dont une part est consacrée au défi énergétique.
Sans parler des collectivités locales, comme les Conseils généraux ou régionaux qui pourraient mettre la main au portefeuille.

Toujours d’actualité
Même si le prix du pétrole s’est effondré depuis quelques mois, il reste néanmoins très volatil et inscrit à la hausse sur le long terme.
C’est pourquoi le plan conçu à l’époque où l’énergie était très chère reste toujours d’actualité.
Michel Barnier l’a d’ailleurs souligné : « Ce plan est une nécessité économique quand le prix du pétrole va repartir à la hausse et une exigence écologique ».
Il contribue à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à atteindre l’objectif de 20 % de la consommation d’énergie renouvelable dans le bouquet total.
À l’issue de la présentation du plan, Bernard Layre, l’ancien président des JA qui avait été chargé de piloter l’élaboration de ce plan, n’a pas caché sa satisfaction.
« C’est un bon démarrage. Ce plan est pertinent à deux niveaux, a-t-il indiqué, sur le plan économique car il va permettre des économies d’énergie, sur le plan environnemental car il contribue à la réduction des gaz à effet de serre et j’ajouterai même sur le plan de l’image des agriculteurs vis-à-vis de l’opinion, qui s’engagent dans une démarche de développement durable, d’économie et de production d’énergie. »
Comme tous les autres secteurs de l’économie impliqués dans le Grenelle de l’environnement.

 

Précision : Le plan mode d’emploi

Ce plan s’adresse aux agriculteurs qui souhaitent réduire leur consommation d’énergie ou produire de l’énergie renouvelable sur leur exploitation. Les Cuma sont également concernées, ainsi que les entreprises de travaux agricoles pour les diagnostics énergétiques des matériels.
Les DDA constituent le « guichet unique » auquel les agriculteurs doivent s’adresser, d’abord pour réaliser le diagnostic énergétique.
Une fois le diagnostic réalisé, les agriculteurs peuvent procéder à des investissements d’économie d’énergie (matériaux d’isolation dans les bâtiments d’exploitation, pré-refroidisseur de lait, récupérateur de chaleur sur le tank à lait, séchage solaire, banc d’essai moteur…) ou de production d’énergie renouvelable (chauffe-eau solaire, échangeurs thermiques, pompes à chaleur, chaudière à biomasse). Les unités de méthanisation individuelles ou collectives sont également éligibles, ainsi que les bancs d’essai des tracteurs et des machines agricoles au sein des Cuma et des entreprises de travaux agricoles.
Les investissements bénéficient d’une aide jusqu’à 40 % de leur montant dans la limite de 40 000 euros.
Le seuil est porté à 50 % pour les jeunes agriculteurs.
Une majoration de 10 % est accordée dans les zones défavorisées.
Le plafond est porté à 150 000 euros pour les Cuma. Un seuil minimum pour qu’un investissement puisse être considéré comme éligible est fixé à 2000 €. Pour les bancs d’essais tracteur ainsi que pour les unités de méthanisation considérés comme « enjeu national », le plafond est porté respectivement à 250 000 € et 500 000 €.

 

 

Performance énergétique : la filière Diester associée

Xavier Beulin, président de Sofiprotéol, l’établissement financier de la filière des huiles et protéines végétales, et Philippe Tillous-Borde, président de Diester Industrie, ont signé le 3 février dernier, avec le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, en présence de Patrick Devedjian, ministre en charge de la mise en œuvre du plan de relance, une convention de partenariat sur l’amélioration des performances énergétiques des exploitations agricoles. La filière Diester a lancé en 2007 une démarche visant à optimiser la consommation énergétique des exploitations et par conséquent à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), de la production de la semence (colza et tournesol) à la production de diester. Sofiprotéol se propose d’« étendre les principes énergétiques de cette démarche de progrès à toute l’exploitation », indique-t-elle dans un communiqué, grâce à l’expertise du Centre technique interprofessionnel des oléagineux (Cetiom) et d’experts agréés, et au dispositif de financement mis en place par l’État.

 

 

 
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