Canal Seine Nord Europe : Nicolas Sarkozy donne le top départ !
Nicolas Sarkozy (au centre) a mené une table ronde au gymnase de Nesle devant un parterre de près de 1000 personnalités. Il est entouré par Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet, Thierry Mariani et Michel Delpuech, préfet la région Picardie. - © DR
Les visites présidentielles marquent toujours les communes d’accueil. Celle de mardi dernier n’a pas dérogé à la règle, notamment pour les communes de Licourt, Mesnil-Saint-Nicaise et Nesle (dans la Somme). En effet, c’est là que le président de la République a lancé officiellement le processus de dialogue compétitif pour le Canal Seine Nord Europe, dont il annonce l’achèvement à l’horizon 2016-2017.
À son arrivée à Licourt, le chef de l’État a commencé par une visite du chantier d’abaissement de l’autoroute A29. À cet endroit, le niveau de l’autoroute doit être abaissé de plus de 7 m, et ce pour permettre au futur canal de passer au-dessus, sous forme d’un pont canal. Ce chantier d’abaissement, entamé il y a quelques mois, a fait l’objet d’un financement public dans le cadre du « Grand Emprunt ». C’est précisément sous l’angle de l’investissement public que Nicolas Sarkozy a mené la table ronde qui s’en est suivie au gymnase de Nesle, devant un parterre de près de 1 000 personnalités de l’État, du transport fluvial, et des régions Nord-Pas de Calais et Picardie. Entouré du ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, de son prédécesseur, Jean-Louis Borloo, et du secrétaire d’État au transport, Thierry Mariani, il a répondu aux questions de plusieurs intervenants dans des débats introduits par Alain Gest, président de Voies Navigables de France (VNF).
Le dialogue compétitif est lancé
Avant toute chose, et répondant à la question d’Alain Gest sur le démarrage, le président de la République a simplement prononcé ces mots : « Le dialogue compétitif débute aujourd’hui ! », un lancement officiel salué par la salle. Et de préciser les conditions dans lesquelles l’État soutient le projet : « La réponse d’un pays à la crise, ce n’est pas la rétractation, la crise n’est pas un bon argument pour retarder un tel projet, au contraire ». Selon lui, le canal s’inscrit dans une logique de développement durable. « Depuis 50 ans, tout le monde dit que le transport fluvial, c’est l’avenir ; pourtant, on n’a pas construit un centimètre de canal. » Et de dresser le constat que le canal est nécessaire à plus d’un titre. Nécessaire pour relier le réseau fluvial français au réseau fluvial européen. Nécessaire pour avoir un impact positif sur l’environnement, car chaque convoi fluvial enlèvera 220 camions de l’autoroute A1. Nécessaire enfin pour drainer sur son sillage le développement économique qui se fera naturellement sur son tracé : « Notre région est au cœur de l’Europe économique, et il faut en tirer les bénéfices ».
Sur ces notions prospectives, le Chef de l’État n’a pas manqué de citer d’autres projets phares économiquement, qui trouvaient en leur temps bon nombre de détracteurs, et qui, au final, se sont avérés structurants pour l’économie ou incontournables pour le patrimoine : l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, la tour Eiffel, ou encore le château de Versailles. À ses yeux, « le canal ne sera ni de droite, ni de gauche », il s’inscrira dans cette lignée.
Pas question d’attendre
Côté financement, si le président lance le dialogue compétitif, il reconnaît que le bouclage financier n’est à l’heure actuelle que de 97 %. Pour autant, pas question d’attendre. « À trop attendre, le prix monte, alors que le besoin est croissant », a-t-il souligné, faisant le parallèle avec le TGV Est, reliant Paris à Strasbourg, siège du Parlement européen, qui a tout de même pris 20 ans à être réalisé.
Dans l’esprit de Nicolas Sarkozy, la construction du Canal Seine Nord Europe s’inscrit dans le prolongement d’autres chantiers : d’un côté la réforme des ports, pour les rendre plus opérationnels et réactifs face à l’augmentation du transport par container ; de l’autre, la concrétisation du Grand Paris, pour lequel le flux d’entrée et de sortie nécessiterait de nouvelles infrastructures. D’ailleurs, si la table ronde de ce mardi portait sur la relance du transport fluvial, le président de la République entend mener une réflexion analogue sur le fret ferroviaire.
Dans la continuité de cette réflexion, Nicolas Sarkozy a répondu à plusieurs interventions, proposant notamment d’aider les collectivités territoriales à se structurer pour la gestion du canal. « Ce canal n’est pas une fin en soi, c’est un moyen au service du développement économique du territoire. » Concernant les nouveaux bateaux adaptés à cette taille de transport, il ouvre la possibilité de les construire dans les chantiers navals, et pour la batellerie, d’entamer une réflexion sur la fiscalité de modernisation et de transmission des entreprises.
Par ailleurs, il soutient l’idée de mobiliser le Fonds stratégique d’investissement (FSI) pour financer la recherche et le développement de « bateau du futur ».
Un outil de commerce
Enfin, sur le volet agricole, il a souligné que le canal était un outil de commerce, favorisant les échanges internationaux. « Nous sommes contre le protectionnisme, mais aussi contre la naïveté. La règle, en Europe, c’est la préférence communautaire. Et si des produits sont importés, avec des contraintes sociales, sanitaires ou environnementales moindres, ils doivent être taxés. » Le programme de la France lors du prochain sommet du G20 portera sur la régulation des matières premières agricoles. Le président se montre très attaché à en sortir avec du concret.
À l’issue de cette matinée, chacun en retiendra l’essentiel : le canal prend à présent tournure, et le chef de l’État ne lui souhaite vraisemblablement pas le sort du projet Rhin-Rhône (arrêté en 1997), puisqu’il l’entend opérationnel à l’horizon 2016-2017. Et que derrière ce chantier sans précédent, et avant même tout échange et commerce, l’activité engendrée mobilisera de nombreux corps de métiers et emplois, une contribution économique à très court terme !
François Magnier
Précisions... Le Canal Seine Nord Europe en chiffres
• 106 km : c’est la longueur du tracé, de Compiègne à Aubencheul-au-Bac, dont 26 km en Nord-Pas de Calais.
• 773 ha : ce sont les emprises réalisées dans le Nord-Pas de Calais (dont 150 ha pour la plateforme de Marquion).
• 705 ha : c’est l’étendue des réserves foncières acquises à ce jour par la Safer dans le périmètre d’étude d’aménagement.
Les prochains travaux :
- des diagnostics archéologiques (archéologie préventive) menés par l’Inrap pour le rescindement du canal du Nord, sous les zones de dépôts définitifs prévues dans le dossier de DUP (Marquion, Bourlon, Hermies, Havrincourt, Ruyaulcourt...) ;
- des fouilles archéologiques sont en cours (Havrincourt,...) et à venir sous la plateforme de Marquion ;
- quelques sondages géo-techniques.
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal Le Syndicat Agricole.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
Le Syndicat Agricole.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.




