Le Syndicat Agricole 28 février 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Événement - L’agriculture reconnue comme pôle du redressement économique français

Les États généraux de l’agriculture se sont tenus le 21 février à la Maison de la Chimie à Paris en présence des représentants du CAF et de trois ministres du gouvernement Ayrault.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Stéphane Le Foll a confirmé que l’agriculture « serait partie prenante de l’allègement du coût du travail, y compris les coopératives », dans le cadre du Pacte de responsabilité annoncé par le Président de la République.
Stéphane Le Foll a confirmé que l’agriculture « serait partie prenante de l’allègement du coût du travail, y compris les coopératives », dans le cadre du Pacte de responsabilité annoncé par le Président de la République. - © Actuagri

Si les ministres présents aux États généraux de l’agriculture, le 21 février à Paris n’ont pas apporté de réponses à toutes les demandes professionnelles, ils ont pris conscience de la nécessité de faire quelque chose. L’initiative de la FNSEA et du Conseil de l’agriculture française (CAF) d’organiser cet événement n’aura donc pas été inutile. Pas moins de trois ministres ont honoré le rendez-vous, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, Guillaume Garot, ministre délégué à l’Agroalimentaire et Philippe Martin, ministre de l’Écologie, ainsi que le directeur de cabinet du ministre du Travail, Michel Sapin. À l’issue d’une journée où ont été évoqués tous les freins qui paralysent l’agriculture française et l’agroalimentaire: les délais extrêmement longs de traitements des dossiers par l’administration, les sanctions souvent injustes qui frappent les agriculteurs, les distorsions de concurrence avec nos partenaires, notamment sur le coût du travail, la surenchère sur les standards européens, les réglementations incompréhensibles et souvent contradictoires... les pouvoirs publics ont pris conscience de l’ampleur des difficultés et du ras-le-bol des agriculteurs. Guillaume Poitrinal, à qui le président de la République a confié une mission de simplification, le reconnaît. « Nous avons la médaille d’or de la production réglementaire », a-t-il déclaré déplorant aussi « l’enchevêtrement des strates de décision et les procédures de contrôles inouïes ».


La simplification environnementale peut-être enfin une réalité
Message reçu par Philippe Martin, le ministre de l’Écologie et du Développement durable « Je veux faire en sorte que l’écologie ne s’oppose pas à l’agriculture », a-t-il déclaré à l’issue de son intervention aux États généraux. Il venait de décliner une série d’engagements sur l’allègement des contraintes environnementales qui pèsent sur les agriculteurs. Ainsi, va-t-il lancer des expérimentations pour accorder « des autorisations environnementales uniques », en matière d’installations classées et de loi sur l’eau. Il s’est engagé à réduire les délais de recours en matière de loi sur l’eau et d’installations classées pour sécuriser les agriculteurs.
Côté zonages environnementaux qui se superposent, quand ils ne sont pas incohérents, la question sera abordée dans le cadre de la loi sur la biodiversité, actuellement en préparation. Comme le lui demandait Xavier Beulin, le ministre s’est montré favorable à la mise en place de la charte des contrôles en matière de police de l’eau notamment. S’agissant de la levée du moratoire qu’il a décidé sur les financements du stockage de l’eau quand il est arrivé au ministère, il n’entend pas en rester là. « Je veux que les choses avancent sur le terrain », a-t-il promis, la mesure qu’il a prise n’ayant pas été suivie sur le terrain, comme l’a souligné Guy Vasseur, le président de l’APCA.
Quant à l’interdiction d’épandage d’azote sur les pentes, le ministre attend l’issue du contentieux avec Bruxelles sur la directive Nitrates « pour procéder aux ajustements nécessaires ». Au passage, il s’est prononcé également pour la réduction des délais de traitement des dossiers d’installations classées. « Mon objectif est de réduire à un an, voire 10 mois, l’instruction pour 80 % des dossiers ».


Des annonces qui ne devront pas rester sans suite
Guillaume Garot, le ministre délégué à l’Agroalimentaire a également pris conscience du déclin du secteur depuis quelques années et a clairement manifesté son intention de redresser la barre. « La France est passée du deuxième au cinquième rang des exportateurs mondiaux en 10 ans, je souhaite qu’elle retrouve le deuxième rang », a-t-il insisté. Outre l’amélioration des relations avec la grande distribution dans le prolongement de la loi sur la consommation qui vient d’être adoptée, le ministre entend relancer l’innovation et les investissements en mobilisant tous les fonds disponibles, ceux de la Banque publique d’investissement, mais aussi ceux des Régions et des fonds d’investissements privés. Son objectif: réaliser 2 milliards d’investissements en 5 ans.
Quant à l’allègement du coût du travail, Stéphane Le Foll a confirmé que l’agriculture « serait partie prenante de l’allègement du coût du travail, y compris les coopératives », dans le cadre du Pacte de responsabilité annoncé par le Président de la République. Il a également promis le maintien des exonérations de charges sociales sur le travail saisonnier. Et s’il a assuré, à Xavier Beulin, que la future contribution climat énergie « sera neutralisée pour l’agriculture dans les 3 ans qui viennent », il a renvoyé à une mission parlementaire le devenir de l’écotaxe pour l’agriculture. En tout cas, la FNSEA restera vigilante sur le sort qui sera donné aux demandes professionnelles et aux engagements des ministres. « Nous allons mettre en place un comité de suivi pour vérifier comment les demandes évoluent, notamment sur les questions environnementales », a indiqué Xavier Beulin, qui avait averti que « ces États généraux ne devaient pas être une réunion parisienne de plus ».

Zoom sur... Changement de ton sur les biotechnologies agricoles

Qu’il s’agisse du président de la République ou du ministre de l’Agriculture, un changement de ton sur la question des biotechnologies agricoles semble apparaître. C’est en tout cas ce que perçoivent bon nombre de professionnels au vu des déclarations de Stéphane Le Foll et de François Hollande. Le refus catégorique des OGM cède le pas à la volonté d’analyser le rapport bénéfices-risques des OGM. Dans un entretien sur RTL le 21 février, Stéphane Le Foll évoquait le riz doré, enrichi en vitamine A, qualifié d’OGM de 2e génération et se disait favorable à un « débat démocratique » sur les bénéfices-risques des OGM. Des propos réitérés à l’occasion des États généraux de l’agriculture. Dans une interview à « la France agricole » parue le 21 février, le chef de l’État ne parle plus de refus absolu des OGM mais simplement de la nécessité en Europe, « de trouver un texte permettant aux pays qui ne veulent pas de cultures OGM d’être respectés dans leur choix ». Au SIA, François Hollande, n’a cessé d’invoquer une agriculture innovante, moderne.
Pour sa part, au Salon de l’agriculture, Xavier Beulin a affirmé qu’en 2014 « on ne plantera pas de maïs MON 810 (Ndlr: que le gouvernement cherche à interdire avant les semis) mais le problème est de savoir, sur le long terme, ce qu’on peut tirer de positif de ces technologies ».

Précision... Les professionnels rassurés par les propos de François Hollande lors de l’inauguration du SIA

Une vision moderniste, orientée vers la production, reconnaissant la validité de toutes les formes d’agriculture: voilà comment les professionnels qui ont rencontré François Hollande le 22 février à l’inauguration du Salon de l’agriculture, ont qualifié le projet agricole du Président de la République. À l’occasion d’une longue réunion avec les syndicats agricoles, « il s’est dit convaincu par une agriculture innovante, exportatrice, très diverse et cela nous va », a affirmé un représentant de la FNSEA. « Pour lui, le nombre d’actifs compte autant que le nombre de paysans », dit un autre, convaincu qu’il s’agit là d’un soutien à une agriculture créatrice d’emplois, pas forcément « recroquevillée » sur de petites exploitations.
La demi-journée passée par le Président de la République, après une traditionnelle visite dans les espaces consacrés à l’élevage, s’est déroulée en rencontres collectives, d’abord avec les syndicats à vocation générale, puis avec les représentants des grandes cultures. Enfin, une table ronde avec des jeunes, étudiants, en cours d’installation ou fraîchement recrutés. De toutes ces rencontres s’est dégagé une réalité: François Hollande reconnaît l’agriculture comme un des grands pôles du redressement économique français.
Le surlendemain, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a enfonçé le clou: il a évoqué la nécessité d’une agriculture avec « davantage de compétitivité, ce qui signifie plus de marge pour les agricultures, permettant d’investir et innover. » Ce qui signifie pour Jean-Marc Ayrault un besoin accru de formation et d’organisation professionnelle. Il a garanti que le gouvernement est engagé dans la bataille de la simplification afin que ceux qui veulent se développer et innover ne soient pas découragés. Le premier ministre ne veut « pas opposer la performance économique et la qualité environnementale, ne pas opposer le bio et l’industrie agroalimentaire, ne pas opposer le marché français et l’exportation ».

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui