Le Syndicat Agricole 12 septembre 2013 à 13h43 | Par Le Syndicat Agricole

Événement - Des réceptions simplifiées pour la campagne betteravière 2013

C’est l’heure des premiers arrachages de betteraves dans la région. Les usines de Lillers et d’Attin ouvrent le bal et démarrent leur activité le 23 septembre.

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L’utilisation d’avaleuses à la place des déterreurs à trémie se développe peu à peu dans la région. Elles ont notamment l’avantage de moins abîmer les betteraves.
L’utilisation d’avaleuses à la place des déterreurs à trémie se développe peu à peu dans la région. Elles ont notamment l’avantage de moins abîmer les betteraves. - © G. Coisel
À une semaine de l’ouverture des premières usines Tereos de la région, les arracheuses ne vont pas tarder à se mettre en marche. Cette campagne betteravière 2013 est placée sous le signe de la simplification des réceptions. Xavier Laude, président de la Commission interdépartementale betteravière Nord-Pas de Calais (CIB), revient pour nous sur les nombreuses nouveautés mises en place cette année.

Comment s’est passé le développement des betteraves depuis les semis ?
Les betteraves ont globalement été semées dans de bonnes conditions fin mars-début avril. Mais d’après les observations qu’on a pu faire, avec l’apparition de décolorations dans certaines parcelles, c’était peut-être un peu tôt au niveau de la structure des sols. Par ailleurs, la météo froide et humide du printemps a aussi pénalisé la culture. D’après l’Institut technique de la betterave (ITB), la betterave est une plante constituée de 2 phases de croissance : des semis à fin juillet, puis de fin juillet jusqu’à la récolte. Et c’est pendant la première période que la richesse et le rendement en sucre se font. Au cours de la deuxième période, même si la météo est favorable, on ne rattrape pas le retard pris. Cette année, on devrait avoisiner les 13 tonnes de sucre par hectare, la richesse devrait atteindre en moyenne 18° et les rendements 70 t/ha. Pour l’instant, la situation semble assez homogène dans toute la région.

Quand la campagne doit-elle démarrer ?
Les premières réceptions de betteraves vont commencer le 23 septembre pour les usines de Lillers et Attin. La durée prévisionnelle est pour l’instant établie à 110 jours. Boiry et Escaudœuvres vont commencer leur activité le 25 septembre pour respectivement une durée de campagne prévue de 102 et 106 jours. Comme l’an dernier, la météo peut bien sûr venir changer la donne.

Il y a du changement concernant le protocole tare terre (cf. édition du Syndicat Agricole du 6 septembre en page 5), qu’en pensez-vous ?
La CIB a été moteur dans la mise en place d’un nouveau protocole. Le système d’avant n’était pas équitable pour les producteurs du Nord-Pas de Calais par rapport aux autres régions. Le nouveau protocole apporte 4 changements majeurs : le seuil de la tare terre (5 %), la fin du bonus, le déterrage gratuit et la diminution du prix de la tonne de terre facturé au producteur (9,50 €/t de terre). Les planteurs n’auront plus le droit de refuser le déterrage.
Pour l’instant, nous sommes dans l’expectative concernant l’efficacité du nouveau système. En année normale, le système va plutôt être favorable aux planteurs de la région. Par contre, les années très humides, ils ne seront pas forcément gagnants, le seuil de 5 % de tare terre étant assez bas. Dans le Nord-Pas de Calais, la tare terre se situe en moyenne autour de 10-11 %.

Autre nouveauté de cette campagne dans 2 usines de la région : la suppression du décolletage manuel. Quel est le but de ce changement ?
Cette année, nous faisons une expérimentation grandeur nature dans les usines d’Attin et de Lillers, en dérogation des accords interprofessionnels, concernant la tare collet. Nous allons essayer un nouveau système de forfaitisation de la tare collet qui met fin au décolletage manuel. Le paiement sera basé sur la moyenne des taux de tare collet des 5 dernières campagnes, l’écart de richesse entre les betteraves entières et décolletées, le taux de betteraves malades et le partage des économies réalisées dans les centres de réception. L’objectif est double : mettre fin aux discussions lors des réceptions des betteraves grâce à un système plus simple et ramener à l’usine le maximum de sucre, qui parfois reste au champ en raison d’un surdécolletage. Aux Pays-Bas, où se ce système est en place depuis 1 ou 2 ans, les usines récupèrent environ 1 % de marchandise en plus.
Cependant, j’appelle les planteurs à être prudents, il ne s’agit pas d’envoyer des betteraves entières en usine. Il faut travailler sur un bon ajustement des machines pour qu’il y ait quand même un effeuillage suffisant. De toute façon, les betteraves non conformes seront quand même prises en compte dans le calcul de la richesse : les agriculteurs qui pensent pouvoir gagner des tonnes avec les feuilles vont perdre au niveau du calcul de la richesse. Si trop de betteraves arrivent insuffisamment effeuillées à l’usine, il y a aussi un risque de sanction financière. L’objectif est que moins de 1 % des réceptions soient sanctionnées.
En parallèle, nous allons réduire le nombre d’échantillonnages pour calculer la richesse des betteraves. Jusqu’ici, nous effectuions 3 coups de sonde dans le camion, cette année, il n’en aura plus qu’un. Des essais menés, aussi bien par la CGB que par Tereos, ont montré qu’un seul échantillon était suffisamment représentatif de la richesse du camion. Nous avons bons espoirs que ces essais de simplification des réceptions soient concluants et que l’on pourra les étendre l’an prochain aux autres usines.

Le compte à rebours à commencer concernant la fin des quotas. Comment envisagez-vous l’avenir pour les betteraviers ?
Dans 3 campagnes les quotas betteraviers n’existeront plus. Dans le sillage de cette décision de Bruxelles, c’est également le prix garanti de la betterave qui disparaît. Tout va être remis à plat, y compris les accords interprofessionnels. Mais les betteraviers s’y préparent. Les mesures concernant la tare terre et la tare collet, qui permettent la réorganisation et la simplification des réceptions des betteraves en usine, entrent dans cette logique d’amélioration de la compétitivité par rapport à la canne. L’objectif est que les planteurs puissent continuer à cultiver des betteraves avec des prix rémunérateurs.

Propos recueillis par Virginie Charpenet


Zoom sur... Tereos va proposer à des agriculteurs de se développer dans la betterave sucrière
Le groupe coopératif sucrier Tereos va proposer à des agriculteurs du sud parisien, autour de la sucrerie d’Arthenay, de développer des surfaces de betteraves supplémentaires. L’objectif est de conforter cette sucrerie en augmentant la production traitée de manière, notamment, à allonger la durée annuelle d’exploitation, de 80 jours environ à près de 130 jours. Près de 300 agriculteurs, déjà planteurs ou non, pourraient être concernés pour une surface de 5 000 ha supplémentaires sur lesquels s’approvisionne l’usine. L’initiative a été formalisée le 5 septembre par Tereos. Les surfaces seront consacrées à 3 types de productions : l’alcool, le sucre hors quota et le sucre sous quota, Tereos pouvant en attribuer dans le cadre du « coefficient d’achat » qui donne à toute sucrerie la possibilité d’attribuer une fraction de quota sucrier. L’exportation est le principal débouché visé. Pour Tereos, il s’agit d’anticiper sur la réforme du régime sucrier et la fin des quotas (2017), tout en assurant la compétitivité de l’usine d’Arthenay qui profitera d’un investissement important, en matière énergétique notamment. « La fin des quotas devrait en effet libérer les capacités de développement de la production en rendant plus importante que jamais la recherche de compétitivité des usines », explique Alexis Duval, président du directoire de Tereos.


Enlèvement des silos : les avaleuses de plus en plus utilisées dans la région
L’utilisation d’avaleuses à la place des déterreurs à trémie se développe peu à peu dans la région. Elles ont notamment l’avantage de moins abîmer les betteraves. Les machines les plus récentes peuvent être utilisées aussi bien sur des terrains en herbe, en terre ou bétonnés. De plus, jusqu’ici, se posait le problème de la largeur du silo qui ne devait pas dépasser 8 m avec une avaleuse. Désormais, ce n’est plus le cas, un système permet de récolter un silo plus large, en 2 temps. Cette année, une avaleuse de ce type va être mise en place sur le secteur Nord de l’usine d’Escaudœuvres (de Lille à Douai).

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