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Les négociations entre McCain et les producteurs ont enfin abouti

Cette année, McCain et le groupement de producteurs ont bien eu du mal à se mettre d’accord. C’est finalement la multinationale qui a cédé en réajustant légèrement ses prix.

24 février 2011 Le Syndicat Agricole Vu 1241 fois
Pour la variété Russett, on se retrouve avec en moyenne une augmentation de 11,50 €/tonne.

Pour la variété Russett, on se retrouve avec en moyenne une augmentation de 11,50 €/tonne. - © P. Forget

D’ordinaire, l’Assemblée générale du Gappi se solde par un accord entre l’industriel et le groupement de producteurs. Ce qui ne fut pas le cas cette année (voir notre édition du 11 février, en page 6). Le 9 février à Arras, le groupement de producteurs avait prié McCain de revoir sa copie. « Leurs propositions ne pouvaient être acceptées, commente Éric Delacour, président du Gappi. Nous les avons contraints à de nouvelles négociations pour qu’ils réajustent leurs prix. » L’argument avancé par les producteurs : « McCain doit revoir ses prix à la hausse pour que nous puissions faire face à des charges de plus en plus importantes, dans un contexte où le prix des céréales explose et celui des intrants suit la même logique », justifie Éric Delacour.


Santana tire sa révérence
Quelques heures de négociations plus tard, les deux parties sont finalement tombées d’accord le jeudi 17 février. McCain a fait quelques efforts. Le Gappi a rempli son rôle en poussant plus loin les négociations. Au final, même s’il est difficile de satisfaire tout le monde, la proposition est un peu plus équilibrée. « Certains contrats ont été revus à la hausse, annonce le président du Gappi. C’est le cas pour la Bintje et les variétés spécifiques, qui sont finalement revenues au même prix que lors de la récolte 2009. » Comme annoncé lors de l’Assemblée générale, un effort a aussi été fait sur Innovator, une variété qui plaît particulièrement à l’industriel : « On a une augmentation en moyenne de 12 €/tonne par rapport à la précédente campagne ». Pour la variété Russett, on se retrouve avec en moyenne une augmentation de 11,50 €/tonne. Sur le segment des hâtives, un effort de 13,10 €/tonne en moyenne a été fait, avec une grosse augmentation sur les semaines 27, 28 et 29. Sur Shepody, l’industriel accordera en moyenne 10,20 €/tonne supplémentaires (prix fonction de la semaine de livraison également). Sur Santana, la hausse est moindre : + 9,60 €. « McCain informe ainsi clairement qu’il ne souhaite pas poursuivre avec cette variété », observe Éric Delacour. Certains producteurs vont être déçus, mais le risque agronomique de cette variété (taches IBS) est tel que l’abandon s’explique...


Bien analyser et calculer ses coûts
Désormais, c’est au producteur de réfléchir aux contrats qu’il souhaite engager. « Comme j’aime à le répéter, chacun reste maître de sa signature, lance le président. À chacun de voir si il a intérêt à y aller ou non. » Le responsable rappelle que l’un des rôles du Gappi est aussi d’avertir ses adhérents. Il conseille ainsi vivement aux producteurs de se rapprocher de leur centre de gestion pour bien calculer leurs coûts de production et de revient. Pour bien les analyser avant de faire un choix.
Quant au choix final des variétés cultivées, la recommandation reste toujours de « ne pas mettre tous les œufs dans le même panier », ou plutôt de choisir plusieurs variétés (en fonction de sa surface), chacune ayant ses caractéristiques agronomiques et ses risques. Tout en gardant en tête que, vu la configuration des contrats (partie prix fixe, prix en mini-maxi et l’excédent au prix du marché), « seul le productif peut tirer son épingle du jeu ».
Visiblement, certains sont d’ores et déjà tentés d’aller sur d’autres marchés plus porteurs. La Belgique propose en effet des contrats plus rémunérateurs et ce, avec moins de contraintes dans la traçabilité et au niveau du cahier des charges. « Beaucoup d’industriels belges sont sur le marché des MDD (Marques de distributeur, ndlr) et les exigences ne sont pas les mêmes, analyse Éric Delacour. On ne peut pas reprocher à McCain d’investir dans la recherche-développement et dans la technique, mais leurs produits ne sont pas vendus non plus aux mêmes prix ! C’est pourquoi nos discussions sont âpres chaque année pour obtenir un accord équilibré. » Aux producteurs donc de faire le choix de signer ou non avec l’industriel roi de la frite surgelée. Dans la balance, doit aussi peser le fait que les autres marchés sont peut-être attractifs cette année, mais le seront-ils les années suivantes ? McCain, lui, peut se targuer d’avoir une certaine fidélité avec ses producteurs et c’est bien l’un des seuls industriels à accepter de discuter avec un groupement. Tous les éléments sont donc à prendre en compte.


Anne Rolin

 

 

 
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