Le Syndicat Agricole 26 juin 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Essais 2014 - Le groupe Carré mobilisé pour garantir le taux de protéines

Les enjeux techniques et qualitatifs au cœur des visites d’essais, sur les terres de la ferme pilote de Gouy-sous-Bellonne (62).

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Julien Lenoir, responsable achats céréales, Frédéric Carré, président, et Johann Loobuyck, directeur général du groupe Carré.
Julien Lenoir, responsable achats céréales, Frédéric Carré, président, et Johann Loobuyck, directeur général du groupe Carré. - © Le Syndicat Agricole

Comme chaque année, le groupe Carré avait donné rendez-vous, le 18 juin dernier, à ses adhérents pour une journée technique placée sous le signe de l’innovation et de la performance. L’occasion d’exposer aux 450 agriculteurs présents les premières estimations avant la récolte 2014, les nouveautés variétales, les analyses en cours, les recommandations de production et de dévoiler les résultats et les perspectives du groupe.


Une exigence en protéines déterminante
Avec l’augmentation de son taux de protéines moyen de 0,5 points en 5 ans et une moyenne de 11,5 % réalisée lors de la récolte régionale des blés 2013 (11,2 % au niveau national), le groupe Carré est fier de voir ses résultats qualitatifs se classer  parmi les meilleurs de France. « C’est le fruit d’un travail mené avec les agriculteurs depuis plusieurs années. Nous sommes dans la continuité du plan protéines mis en place par FranceAgriMer et par la filière fin 2013, soutient Julien Lenoir, responsable des achats céréales. L’objectif est de réaliser au minimum la moyenne que nous avons accomplie sur la période ». En effet, la protéine, qui va devenir contractuelle, est primordiale pour les débouchés du négoce vis-à-vis de l’export. « Cette année, nous sommes parvenus à concurrencer les blés allemands et la Sica Nord Céréales a pris de nouvelles parts de marché : en Algérie, au Yémen, en Arabie-Saoudite, à Cuba, en Afrique Noire, des pays qui s’approvisionnaient auparavant à La Rochelle ou à Rouen », poursuit Julien Lenoir. Le port céréalier de Dunkerque, avec plus de 2,5 millions de tonnes (Mt) de céréales exportées en un an, a battu des records historiques. Afin de pérenniser durablement ces résultats et de confirmer le redressement des taux de protéines des blés produits dans la grande région Nord, le groupe Carré met en avant un ensemble de moyens techniques à disposition des agriculteurs.


Services et technologies de pointe pour maîtriser les cultures
Le groupe Carré a profité des visites d’essais annuelles pour informer des leviers pour améliorer la teneur en protéines. Premièrement, le choix variétal est décisif, confirme Philippe Leclercq, directeur commercial : « L’orientation des choix de variétés de blé à implanter l’automne prochain est basée sur la notation protéines et la connaissance des sensibilités aux rouilles, particulièrement présentes cette année ». À ce niveau, les nouveautés intéressantes pour 2015 sont Fructidor, Kundera et Hypod. Intervient ensuite la valorisation de l’azote. Le taux de protéines est directement lié à la dose d’azote absorbée. « Nous proposons aux agriculteurs de maîtriser la forme et le fractionnement de l’azote pour éviter les déperditions grâce à des outils d’aide à la décision, explique Philippe Leclercq. D’ici 5 ans, ces systèmes devraient investir 50 % du marché agricole ». Farmstar, qui couvre déjà 660 000 ha en France, Positif Agri (satellites), pince Dualex 4 (capteur optique), techniques d’autoguidage (RTK, rampe Greenseeker, N-Sensor), ou autres drones auront donc leur rôle à jouer dans les années futures et l’objectif permanent d’accroître la production.


Les investissements du groupe Carré
Au terme de la saison (juillet 2013 – juin 2014), le groupe Carré a capitalisé 750 000 tonnes de céréales (+ 20 % en un an) et maintient son objectif d’atteindre 1 Mt de collecte d’ici à trois ans. Un résultat qui augmente en grande partie grâce à l’investissement du silo de Rouvignies (59) sur le canal Dunkerque-Escaut. « En 1 an de fonctionnement, 8 rotations ont été exécutées sur le site, soit 280 000 t pour environ 250 péniches, indique Johann Loobuyck, nouveau directeur général du groupe Carré. Nous sommes en avance sur notre ordre de marche et avons le projet, à très court terme, d’augmenter sa capacité de 20 000 t ». De plus, 4 nouveaux points de collecte vont être opérationnels à l’aube de la moisson 2014 : Foreste dans l’Aisne, Gouves dans le Pas-de-Calais, Longueval-Guillemont dans la Somme et Masnières (59). La capacité du silo d’Estrées-Deniécourt (80) a été augmentée de 12 000 t, celle du site de Saint-André-Farivillers (60) connaîtra la même évolution durant le mois de septembre. « Nous sommes obligés d’amplifier le maillage pour répondre aux exigences de productivité des agriculteurs, notamment en Picardie », confie Johann Loobuyck. La capacité totale de stockage du groupe Carré atteint donc 370 000 t. Par ailleurs, la ferme pilote du groupe Carré poursuit son développement. Un nouveau « bâtiment pédagogique » de 1 000 m2 vient d’être inauguré. « Il est à disposition de nos clients souhaitant se former aux usages réglementaires : stockage des produits phyto, conservation, aire de remplissage, gestion des fonds de cuves, EPI, Phytobac, annonce le directeur. Un laboratoire BPE (Bonnes pratiques d’expérimentation) permettra à 3 spécialistes agréés de travailler sur les molécules ». La construction d’une salle de réception, vouée à accueillir un large public, débutera en août avant celle d’un musée agricole au centre de la ferme.

Simon Playoult

La FC2A veut fédérer pour défendre l’agriculture

 

Lancée en 2013 par la Fédération du négoce agricole (FNA) et la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB), la Fédération du commerce agricole et agroalimentaire (FC2A), présidée par Frédéric Carré, monte au créneau et s’allie à la mobilisation nationale en marge de l’examen de la loi d’avenir pour l’agriculture. Principales sources de revendications : le projet d’amendement visant à interdire l’utilisation de pesticides à proximité des habitations et le traité de libre-échange en discussion avec les États-Unis. « L’heure est grave et toute la profession doit se mobiliser, clame Frédéric Carré. Nos détracteurs jouent avec nos peurs. Après avoir vécu la désindustrialisation, il faut éviter la “désagricolisation” ! » Dans ce contexte, plusieurs fédérations comme Fédépom, le Synacomex, l’UIPP, l’Unifa ou l’UFS devraient rejoindre la FC2A avant la fin de l’année afin de peser à part entière des débats et que les initiatives des entreprises soient relayées auprès des instances institutionnelles
et interprofessionnelles.
« Il nous faut fédérer l’amont pour se faire entendre et respecter afin de travailler avec raison et réalisme. Seule une agriculture compétitive peut être durable », conclut Frédéric Carré.

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