Le Syndicat Agricole 26 juin 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Essais 2014 - La Flandre propose de nouveaux outils à ses adhérents

La coopérative mise sur la qualité pour l’export et souhaite sécuriser la stratégie de vente des agriculteurs.

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La coopérative a mis en place un contrat innovant avec un prix minimum garanti.
La coopérative a mis en place un contrat innovant avec un prix minimum garanti. - © Le Syndicat Agricole

Les 12 et 13 juin derniers, la coopérative La Flandre organisait ses visites d’essais annuelles à la Chapelle-d’Armentières (59). Deux jours au cours desquels 400 adhérents étaient attendus. « Le but de ces journées est de sensibiliser les agriculteurs à l’innovation et à la recherche afin de produire des céréales conformes à la demande de nos clients, présente le président de la coopérative Francis Hennebert. Environ un tiers de notre production est destiné à l’export (cf. encadré « Zoom sur... »), un tiers aux amidonneries et un tiers au bétail. L’objectif est d’être présent sur les trois débouchés en termes de qualité pour obtenir le meilleur prix pour les agriculteurs. » Pierre-Benoît Decool, animateur à la coopérative, précise : « Aujourd’hui, il faut favoriser au maximum la protéine. Nous allons peut-être mener des actions pour promouvoir cela, comme par exemple créer une prime. »


Sécuriser la vente
La coopérative, qui regroupe environ 2 000 adhérents, se dote également de nouveaux outils pour sécuriser le revenu des agriculteurs face à la volatilité des prix. « Nous sommes dans une nouvelle ère, affirme le directeur de La Flandre, Didier Vereecke. L’année dernière, nous avons lancé un site Internet permettant de vendre à toute heure : les agriculteurs répondent de plus en plus présents. » Avant de poursuivre : « C’est pour cette raison que nous avons renouvelé et enrichit l’équipe de vente de céréales et que nous avons développé de nouveaux produits : le contrat “mini maxi” dans un premier temps, un contrat triennal avec un prix moyen sur trois ans. Et un contrat innovant avec un prix minimum garanti,  pour faire face aux risques liés à la crise en Ukraine. Les agissements de Vladimir Poutine dans ce pays ont en effet un impact fort sur les cours. » Concrètement, ce contrat offre à l’agriculteur une 2e chance : s’il vend son blé mais que le marché est à la hausse par la suite, la coopérative lui reverse un complément de prix. « Le risque est géré, assure Didier Vereecke. Les marchés sont extrêmement compliqués et ces outils permettent de les aborder plus sereinement. Il faut éviter que nos adhérents soient victimes du marché. » « En proposant ces produits, nous voulons sécuriser la stratégie de vente, précise Francis Hennebert. Mais c’est l’agriculteur qui définit sa propre stratégie : les outils sont là pour la mettre en œuvre. »


Les essais
Avant celle de la vente, c’est la stratégie culturale qui doit être mise en place, et les visites d’essais ont permis aux agriculteurs présents de découvrir de nouvelles pistes de travail. Concernant le blé, Alain Vanhersecke, technicien à la coopérative, rejoint les propos de la direction : « La recherche de productivité est importante mais c’est aussi la qualité qui doit être recherchée car c’est ce que veulent les exportateurs. Dès le départ, il faut éliminer les variétés fourragères qui ne correspondent pas à ce qui se vend sur le marché. »
À propos des phytosanitaires, Alain Vanhersecke est catégorique : « Lorsqu’un agriculteur investit dans ses céréales, c’est-à-dire quand il apporte la protection fongicide adaptée à la variété et avec la bonne dose, il est nécessairement gagnant. » Et d’ajouter : « Nous devons aller vers des produits de plus en plus sains. Mais pour l’instant les produits naturels ne sont pas assez pointus. Ils sont intéressants en complément. »
Du côté des pommes de terre, les essais ont été menés sur une trentaine de variétés. Et pour la première fois, ils ont été réalisés en collaboration avec la Chambre d’agriculture. Céline Olivier, conseillère à la Chambre, détaille les essais : « Nous avons mis en place un désherbage alternatif afin de réduire la quantité d’herbicide utilisée. Il s’agissait de réduire la surface désherbée et non la dose, et donc de traiter uniquement sur le haut de la butte. »
« C’est encore du bricolage, confie-t-elle, mais depuis 3 ans, nous avons de bons résultats avec des champs quasiment propres. » Venue du Canada, la technique semble encourageante et peut être couplée au désherbage mécanique sur les flancs de butte. L’Ecoridger était d’ailleurs présenté lors de ces essais ; le principe de l’outil est d’étouffer les mauvaises herbes sur le haut de la butte soit mécaniquement soit par pulvérisation, mais aussi de déterrer celles présentes sur les flancs. Le procédé, issu de l’agriculture biologique, va dans le sens de la réduction des produits phytosanitaires et commence à arriver dans les exploitations traditionnelles.
Ces plateformes d’essais étaient compléter par la présence des partenaires de La Flandre, notamment pour présenter les dernières normes de stockage des phytosanitaires et mettre en avant les robots de traite. Des essais complets donc, pour la coopérative qui fêtait ses 80 ans l’année dernière.

Laura Béheulière

Des records d’exportation

 

«Cette année l’export est très bon pour la coopérative et la filière, affirme le président de La Flandre, Francis Hennebert. Nous travaillons tous dans le même sens pour améliorer les moyennes du Nord-Pas de Calais. » Il poursuit : « Nous avons connu une année avec une qualité exceptionnelle et nous allons battre des records d’exportation à Dunkerque avec plus de 2,5 millions de tonnes. » La coopérative exporte vers de nouveaux pays, notamment en Afrique de l’ouest, où les clients sont très exigeants en termes de qualité. « Nous avons toutefois des inquiétudes au regard des restrictions environnementales et des propos de Ségolène Royal. Une interdiction d’épandre à moins de 200 m des habitations serait une catastrophe. Il n’y aurait plus de qualité, et nous ne pourrions donc plus exporter. »

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