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La « transition écologique et sociale » se précise

Une « feuille de route » régionale pour lutter contre le changement climatique et s’y adapter.

20 octobre 2011 MDS Vu 1451 fois
Le volet éolien du SRCAE du Nord-Pas de Calais table sur un parc d’éolienne régional
de 1346 MW d’ici 2020 (doublement du parc actuel).

Le volet éolien du SRCAE du Nord-Pas de Calais table sur un parc d’éolienne régional de 1346 MW d’ici 2020 (doublement du parc actuel). - © S. Devé

Le Nord-Pas de Calais est l’une des régions françaises les plus consommatrices d’énergie. Tel est le constat établi par le projet de Schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE), présenté par la Dreal et la Région le 13 octobre dernier à Arras. « Les émissions de gaz à effet de serre (GES) y sont supérieures de 30 % à la moyenne française », analyse la Dreal.
La situation régionale semble inquiétante, d’autant plus que « Le réchauffement climatique est devenu une réalité tangible dont on ressent déjà les effets, lance Adrien Kantin d’Énergies Demain. Il existe une corrélation entre l’augmentation des émissions de GES et celle des températures. D’où la nécessité de mettre en place des stratégies d’adaptation et d’atténuation, afin d’en limiter l’impact social, économique et environnemental. » C’est pour faire face à ces différents enjeux qu’ont été lancés par les lois Grenelle I et II, les SRCAE.


Un document « guide » pour les politiques territoriales
Ces derniers définissent, dans chaque région, les orientations et objectifs à suivre dans les domaines de la maîtrise de la demande énergétique, de la lutte contre la pollution de l’air, du développement des énergies renouvelables, de la réduction des émissions de GES, et de l’adaptation aux effets probables du changement climatique. Bien plus qu’un énième pavé (près de 500 pages cahiers techniques compris) lancé dans la marre des contraintes, le SRCAE est un véritable « document d’orientations » (42 en tout) concernant aussi bien les secteurs du transport, de l’industrie, de l’agriculture et du bâtiment, que les modes de production et de consommation.
En clair, il a vocation à devenir le document « guide » sur lequel s’appuieront l’ensemble des politiques territoriales engagées dans le Nord-Pas de Calais. « Les orientations du SRCAE constitueront un socle pour leur élaboration ou leur révision », souligne Michel Pascal, directeur de la Dreal Nord-Pas de Calais. En matière d’urbanisme, les Schémas de cohérence territoriale (Scot) et les Plans locaux d’urbanisme (PLU) devront également prendre en compte indirectement ses orientations et objectifs. Sans oublier le Schéma régional d’aménagement et de développement du Territoire (SRADT) que la Région actualise en ce moment.


La transposition régionale du « 3×20 » et du « Facteur 4 »
Le SRCAE du Nord-Pas de Calais s’inscrit dans le cadre défini par les engagements pris par la France depuis plusieurs années, à l’échelle mondiale, européenne et nationale. « Sa mise en place constitue un élément essentiel de la territorialisation du Grenelle de l’Environnement », indique Michel Pascal. Néanmoins, la transposition de ces engagements dans le projet ne s’est pas faite de manière systématique. Les spécificités du territoire régional ont été prises en compte lors de son élaboration.
Quand les « Objectifs Grenelle » du « 3x20 » tablent d’ici 2020 sur la réduction de 20 % des GES, l’amélioration de 20 % de l’efficacité énergétique, et sur 23 % d’énergies renouvelables, le SRCAE Nord-Pas de Calais prévoit de baisser de 20 % l’émission des GES et la consommation énergétique par rapport à 2005, tout en multipliant par 3 la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique régional. Soit un premier pas vers le « Facteur 4 », qui vise à réduire de 75 % les émissions régionales de GES (par rapport à celles constatées en 2005) à l’horizon 2050.
« Sobriété et efficacité énergétiques, développement des énergies renouvelables sont les maîtres mots de ces plans qui réinterrogent globalement notre modèle de société en termes d’aménagement du territoire, de modes de production et de consommation, mobilité… Tout en contribuant à la conversion écologique et sociale du Nord-Pas de Calais », résume Emmanuel Cau, vice-président du Conseil régional. Et de prévenir : « Ce schéma nous impactera toutes et tous, dans nos vies de tous les jours ».

 

Point de vue...

La profession volontairement ignorée

Le Conseil régional et la préfecture de Région ont lancé le débat public sur le Schéma régional climat air et énergie (SRCAE). Ce document sera une référence pour la politique régionale en matière de transport, d’habitat, d’énergie industrielle et aussi d’agriculture. Il est censé être élaboré en concertation avec les secteurs concernés, en particulier la profession agricole. Non seulement les agriculteurs ont été associés à minima, mais les avis qu’ils ont pu émettre ont été ignorés. C’est ainsi que l’on voit réapparaître une forte politique de boisement, qu’un objectif de baisse de consommation d’engrais de 15 % est annoncé, alors que les agriculteurs ont déjà fait preuve de beaucoup de responsabilité et de professionnalisme en ajustant au mieux leur fertilisation. D’ailleurs, ils ont déjà fait d’énormes efforts de diminution des apports fertilisants. Demander plus pourrait déstabiliser fortement la rentabilité de nos productions. Il faudrait aussi développer les surfaces en herbe pour stocker le carbone. Nous réclamons depuis plusieurs années un plan régional pour l’élevage, en perte de vitesse dans le Nord-Pas de Calais. Comment alors demander une augmentation des surfaces en prairie quand on n’est pas capable d’assurer la rentabilité de celles déjà en place ?
Non vraiment, il y a quelque chose de décaler et d’utopique dans les projets du SRCAE. Mais la profession reste très vigilante sur ces sujets. Il faut veiller au grain : trop de théorie et d’arbitraire dans certaines conceptions sont dangereuses en pratique. L’agriculture vit dans ses réalités, avec ses contraintes. Pour parler d’agriculture, avoir un peu de « terre aux chaussures » ne fait pas de tort.

Christian Durlin

Président de la FDSEA 62

 

 

 
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