Le Syndicat Agricole 12 février 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Entretenir l’état organique des sols cultivés

Plusieurs leviers et nouveautés techniques existent pour maîtriser et préserver la stabilité structurale du sol.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les matières organiques du sol améliorent sa fertilité en libérant des éléments nutritifs (azote, phosphore, soufre, potassium) lors de leur minéralisation. (© V. Motin) Effluents industriels en tonnes de matière sèche (t MS) © Le Syndicat Agricole Surfaces épandues annuellement en Nord-Pas de Calais © Le Syndicat Agricole

Avec une multitude de cultures d’automne semé sur la majorité du territoire (betteraves, chicorée, pommes de terre...), le sol du Nord-Pas de Calais est parfois fortement impacté par l’érosion, la battance ou encore la rétention d’eau. Afin de préserver au mieux les caractères agronomiques d’une parcelle, il est important d’agir en renforçant les matières organiques présentes en surface. Plusieurs leviers, plus ou moins aisés à mettre en œuvre, existent pour influencer la stabilité structurale du sol. C’est pourquoi, dans le cadre du projet commun Sol D’Phy axé sur la gestion durable de la fertilité du sol, la Chambre d’agriculture de région et Agro-Transfert ressources et territoires* ont organisé une conférence sur la gestion de l’état organique des sols du Nord-Pas de Calais, le 9 février  au lycée agricole de Tilloy-lès-Mofflaines (62).


Évolution régionale des teneurs en matières organiques
Lorsque l’on parle de matière organique (MO), on se réfère à la quantité de carbone présente dans le sol. Ce carbone a pour origine la décomposition de débris organiques végétaux et animaux faisant partie de l’écosystème naturel. Il est donc composé de résidus organiques frais (paille), de macrofaune, de biomasse microbienne (vers de terre) et d’humus. « On estime en moyenne à 42 t le taux de carbone présent sur un hectare, dans le cas des sols limoneux, soit 36 t d’humus, indique Pierre Mortreux, technicien agronome de la Chambre d’agriculture. Néanmoins, depuis une dizaine d’années, on remarque un appauvrissement global des teneurs en MO dans les sols de la région, lié aux pratiques culturales ». La gestion durable du sol est donc devenue une préoccupation d’intérêt majeur en raison des enjeux agronomiques (fertilité physique, chimique et biologique des sols) et environnementaux (qualité de l’eau, érosion, stockage de carbone). Après deux années de recherches, un outil d’aide à la décision (OAD) a été créé pour épauler les exploitants dans leurs démarches.


Mise au point de l’outil Simeos-AMG
Depuis dix ans, les expérimentations de couverts végétaux en intercultures et les techniques sans labour se sont fortement développées dans la région. Si les implantations occasionnelles en bonnes conditions ne posent pas de difficultés, la présence de cultures récoltées tardivement dans la rotation pose problème au regard de nos conditions pédo-climatiques.
Dans la recherche du bon compromis, Simeos-AMG**, logiciel de simulation et de prévision à long terme, offre de nouvelles perspectives en termes d’accompagnement dans le choix des cultures. « Il permet de simuler l’évolution des teneurs et des stocks en matière organique de la couche travaillée sous l’effet du système de culture ainsi que de visualiser rapidement l’effet d’un changement de pratiques culturales sur le statut organique du sol », détaille Vincent Tomis, chargé du projet pour Agro-Transfert. Basé sur le modèle de calcul de bilan humique (mesure des entrées et des pertes de carbone), Simeos-AMG diagnostique, évalue, compare des scénarios et mobilise des appuis techniques permettant à un exploitant d’ajuster ses pratiques culturales en fonction de ses objectifs.


Effluents : les connaître pour bien les valoriser
Autres leviers agronomiques, les effluents comportent des éléments fertilisants et de la matière organique nécessaires au sol et aux cultures. Bien valoriser les grandes catégories de sous-produits épandus en agriculture permet de faire des économies d’intrants tout en respectant l’environnement. « Au niveau des effluents urbains, 300 stations d’épurations du Nord-Pas de Calais ont produit 350 000 t de boue en 2013, soit 80 000 t de matière sèche (MS) et 70 sites ont produit 1 260 000 t d’effluents industriels (110 000 t MS), informe Claire Bodèle, technicienne au service régional d’assistance technique à la gestion des épandages (Satege). Les plus gros volumes d’effluents sont générés par l’agriculture avec 5 630 000 t brutes sur un an (474 000 t MS dans le Nord et 505 000 t MS dans le Pas-de-Calais), dont deux tiers de fumier. « Il faut ajouter à cela 50 100 t (30 000 t MS) importées de Belgique dans la région, hors fientes et fumiers transformés issus d’un centre agréé et répondant à une norme », poursuit la responsable. Au total, 219 000 ha sont épandus annuellement, l’équivalent de 27 % de la SAU de la région. « L’important est d’adapter les apports en fonction des besoins des sols et des cultures ; optimiser les doses évite le lessivage de l’azote ainsi que les carences en éléments fertilisants », explique Claire Bodèle. Les fumiers ou compost de bovins apportent des fertilisants (N, P, K) de fond  facilement disponibles. Toutefois l’azote qu’ils contiennent se minéralisera lentement, contrairement aux lisiers et aux effluents avicoles rapidement utilisables par les plantes.

Simon Playoult

* Plateforme d’application et réseau de transfert de la recherche agronomique.
** Renseignements et démonstration sur www.simeos-amg.org

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui