10 ans de tableaux de bord : le bilan
10 ans de résultats, 33 000 données par critère. Les ordinateurs ont tourné… Et les chiffres sont là ! - © DR
Les portes ouvertes organisées en décembre par la Chambre d’agriculture de région ont déplacé environ 200 personnes pour qui l’élevage allaitant est une préoccupation importante. Cette année, le nouveau tableau de bord « relooké » et une synthèse des 10 années d’existence étaient présentés.
Les élevages allaitants en Nord-Pas de Calais
Le tableau de bord Vaches allaitantes est envoyé dans tous les élevages recensant plus de 15 vêlages dans une même race à viande. Cela représente plus de 1 724 élevages en Nord-Pas de Calais, et 1 500 élevages en Picardie. La synthèse des différents critères du tableau de bord a donc été réalisée sur plus de 3 300 élevages, 10 années de résultats, donc 33 000 données par critère. Les ordinateurs ont tourné... et les chiffres sont là !
La Bonde d’Aquitaine et la Limousine progressent
L’augmentation du troupeau allaitant en Nord-Picardie s’est faite avec un développement significatif de ces deux races.
La race Blonde d’Aquitaine correspond à des choix de meilleure valorisation ; on la réservera peut-être à des élevages avec une surface en herbe limitée, une alimentation peut-être un peu plus basée sur des aliments secs. La période de pâturage sera peut-être un peu plus courte qu’avec des races plus rustiques.
La race Limousine, qui est un peu plus rustique, correspond à des choix de faciliter la conduite du troupeau. Elle sera également moins exigeante dans son alimentation et valorisera bien le pâturage tôt et tard en saison. Pour une optimisation maximum du produit viande, il faudra prévoir d’engraisser les mâles.
Les autres races rustiques Aubrac et Salers augmentent également, surtout en zone très herbagères. La race Charolaise, dominante en nombre dans notre région, reste stable. Le nombre d’éleveurs de la race Blanc Bleu est en légère baisse, mais le nombre de vaches recensées dans notre analyse ne diminue que légèrement. En revanche, la race « mixte » est en diminution significative.
Les élevages se spécialisent
En 10 ans, le troupeau moyen en Nord-Picardie est passé de 28 à 31 vaches.
64 % des éleveurs de cette grande région ont moins de 30 vêlages dans leurs élevages. Sauf pour quelques passionnés, dans ces exploitations, l’élevage allaitant est souvent présent « par obligation » : des prairies subsistent sur l’exploitation, les primes sont encore liées à la présence des vaches, et les animaux sont là mais ne sont pas la priorité des éleveurs.
24 % des éleveurs ont entre 30 et 50 vêlages et 12 % ont plus de 50 vêlages. À partir de 30 vêlages, l’élevage allaitant doit être un atelier à part entière dans l’exploitation. Sa gestion doit être stricte et suivie, ce peut être une source de revenus, à condition de ne pas négliger les résultats et les performances des animaux. L’an dernier, les analyses technico-économiques des ateliers viande bovine ont montré une très grande hétérogénéité. Tout commence par la conduite du troupeau et les critères du tableau de bord.
IVV et mortalité... les chiffres clés !
Peu d’évolution dans les moyennes de ces critères en 10 ans. On observe pour chacun d’entre eux un pic avec l’épizootie de la FCO et, aujourd’hui, on revient progressivement aux chiffres habituels. En moyenne, 390 jours pour l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) et 10 % pour la mortalité sont les chiffres à retenir. Ces moyennes cachent des écarts qui peuvent trouver des explications par les races et le taux de renouvellement.
Améliorer les critères de performance... c’est possible ?
Grâce à l’analyse de l’ensemble des données issues des 10 années, il a été possible de vérifier certaines orientations à donner à l’élevage pour influer ces critères de performances.
• La taille du troupeau :
Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous, les critères techniques ne se dégradent pas avec l’augmentation de la taille des troupeaux. Plus les troupeaux sont grands, plus l’atelier bovin est prépondérant dans l’équilibre économique de l’exploitation, et cette « spécialisation » et forcément cette attention aux animaux améliorent les résultats techniques.
• Le regroupement des vêlages :
C’est aujourd’hui le message qu’il faut retenir de cette analyse : plus les vêlages seront groupés, meilleurs seront les résultats. Pour l’IVV, c’est évident. Si tous les vêlages se déroulent sur un maximum de 3 mois identiques chaque année, ce critère ne pourra être que bon. On observe également dans le graphique ci-dessous que le regroupement des vêlages (80 % des vêlages sur 2 mois) améliore de 3 % le taux de mortalité.
Guy CORBEILLE, Conseiller Viande Bovine
Chambre d’agriculture
de région Nord-Pas de Calais
À savoir
Grouper ses vêlages, c’est :
• Maîtriser l’ensemble de son élevage. Cela nécessite de bien choisir sa période de vêlage, si possible quand le reste de l’exploitation permet de s’occuper des vaches et des veaux.
• Maîtriser sa période de reproduction. Ce n’est pas le taureau présent toute l’année qui doit gérer cela à votre place...
• Sélectionner les reproductrices sur le critère de la fertilité, que l’on a tendance à oublier au profit de la conformation ou du développement squelettique.
• Avoir des catégories animales homogènes, des rationnements identiques, des lots conséquents à la commercialisation... tout pour vous faciliter la vie !
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