Le Syndicat Agricole 15 novembre 2012 à 11h50 | Par Le Syndicat Agricole

Élevage - L’alimentation des vaches laitières

L’alimentation des animaux, au pâturage ou à l’auge, nécessite une attention de tous les jours.

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L’alimentation représente environ 2/3 des charges opérationnelles 
de l’atelier laitier et près de la moitié du coût de production du lait, si l’on intègre les charges de mécanisation dans le coût des fourrages.
L’alimentation représente environ 2/3 des charges opérationnelles de l’atelier laitier et près de la moitié du coût de production du lait, si l’on intègre les charges de mécanisation dans le coût des fourrages. - © Le Syndicat Agricole

Au pâturage ou à l’auge, l’alimentation des vaches laitières est au cœur du métier d’éleveur. Elle consiste à valoriser des fourrages, coproduits et aliments concentrés pour les transformer en produits. Elle agit également sur la santé et la reproduction des troupeaux laitiers, et nécessite donc une attention de tous les jours.
L’alimentation représente environ 2/3 des charges opérationnelles de l’atelier laitier et près de la moitié du coût de production du lait, si l’on intègre les charges de mécanisation dans le coût des fourrages. La maîtrise des coûts de production passe donc nécessairement par celle de l’alimentation, en optimisant la valorisation des fourrages produits sur l’exploitation et en raisonnant strictement les apports d’aliments concentrés.

Produire d’abord du lait par les fourrages
Une bonne valorisation des fourrages repose sur leur ingestion maximale (place à l’auge, fourrages à volonté, maïs correctement haché, qualité de conservation, fibrosité de la ration...).
N’oubliez pas également, en cette période de l’année, que toute modification alimentaire perturbe le fonctionnement du rumen. Une absence de transition se traduit par une baisse brutale d’ingestion et constitue un stress pour l’animal qu’il convient de minimiser : le mieux serait de pouvoir mélanger l’ancien et le nouveau maïs pendant au minimum une quinzaine de jours. De même, il est préférable d’attendre la stabilisation du maïs ensilé (3 semaines après récolte) avant sa distribution. En respectant ces périodes de transition et en assurant un « bon confort » aux vaches, on garantit la prévention de l’acidose (sub-acidose) qui se manifeste par un appétit irrégulier, une diminution de la rumination, des diarrhées, une irrégularité de production, une baisse du TB, un amaigrissement... autant de signes sur lesquels il faut être attentif !

Adapter sa complémentation en concentrés selon ses objectifs de production en lait
(Préconisations pour une ration à base de maïs fourrage à 0,90 UFL/kg MS associé ou non avec des co-produits).
• Avec une ration semi-complète :
On apportera durant tout l’hiver environ 3 kg de soja ou VL40 équivalent mélangé avec l’ensilage de maïs ou 4 à 4,5 kg de tourteau de colza, ce qui correspond à un niveau protéique de l’ordre de 90 g de PDI par kg de MS.
En plus, en individualisé, on distribuera le concentré de production (type VL 3 litres du commerce ou fermier) :
- selon le lait attendu en expression du potentiel laitier : 1 kg d’un VL à 150 g PDI pour 4 litres de lait au-delà de 25 kg de lait, sachant que la réponse du concentré sur la production de lait diminue rapidement au-delà d’un apport total supérieur à 4 kg... ;
- ou en économie de concentrés, une quantité limitée et constante (pour simplifier le rationnement) du vêlage à l’ IA.
Pour les 100 à 120 premiers jours de lactation, voit tableau 1. Au-delà des 120 jours, avec du maïs équilibré correctement en matières azotées, le lait permis par la ration équilibrée sera d’environ 28-30 litres pour les multipares, et 23-24 litres pour les primipares en vêlage 2 ans. Pour les génisses, on pourra maintenir 1 à 2 kg de pulpes sèches en concentré individualisé au-delà des 120 premiers jours.

• Avec une ration complète :
La quantité de concentrés à distribuer en mélange dépend à la fois de la qualité des fourrages et des objectifs de production laitière.
- Si l’objectif est l’expression du potentiel laitier, il faudra adopter un niveau azoté élevé, de 100 à 105 g de PDI par kg de MS de la ration totale (cf. tableau 2). Pour éviter un amaigrissement excessif en début de lactation, la couverture énergétique de la ration, en lien avec le niveau azoté, reste soutenue, et l’état corporel au vêlage doit être satisfaisant (note d’état minimum 3,5). Cette stratégie de rationnement est plus adaptée lorsque les vêlages sont groupés. Dans le cas contraire, elle oblige à réaliser des lots d’animaux pour éviter le gaspillage des concentrés ou à préférer une ration semi complète.
- Si l’on choisit une économie de concentrés, il faut aussi accepter de produire moins de lait pour limiter les pertes d’état. Le pic de lactation est ainsi écrêté, mais la persistance est meilleure. On devra adopter un niveau PDI de l’ordre de 90 à 95 g par kg de MS (cf. tableau 3).
1 kg de soja ou VL 40 peut être remplacé par 1,5 kg de tourteau de colza classique, soit une quantité variant de 4 à 5,5 kg selon la moyenne du troupeau. Un maïs riche en énergie (> 0,90 UFL/kg MS) ou l’utilisation de co-produits permettent, dans cette stratégie de rationnement, de supprimer l’apport du concentré énergétique. Cette stratégie d’écrêtement du pic de lactation nécessite néanmoins un nombre suffisant de vaches pour réaliser le quota.
À chacun de définir sa stratégie selon le compromis qu’il fait entre efficacité économique, charge de travail et nombre de vaches.

Additifs alimentaires
De nombreux « additifs » ou « concepts nutritionnels » existent. Les plus couramment utilisés sont les substances tampon, les hépato protecteurs, le mono propylène glycol, les levures et probiotiques. Dans quelques situations précises, certains additifs se justifient, mais c’est loin d’être une généralité pour tous les produits. Il est primordial de connaître leur fonctionnement pour définir une stratégie d’utilisation dans le rationnement du troupeau, et surtout mesurer le rapport coût/bénéfice. Leur emploi est souvent justifié pour accompagner des corrections de pratiques ou des modifications de rationnement. Néanmoins, il convient de limiter leur emploi dans la durée et d’adapter ces pratiques pour sécuriser la ration, sans coût supplémentaire.
Une fois que la ration calculée est mise en œuvre dans l’élevage, il est nécessaire de vérifier que les performances laitières (lait et taux) attendues sont effectivement obtenues. Si ce n’est pas le cas, la comparaison entre la ration prévue et celle réellement distribuée permet souvent d’expliquer les écarts constatés. Lorsque les résultats ne s’expliquent pas si facilement, il est nécessaire de réviser plus largement les conditions d’alimentation et de conduite du troupeau.

Antoine Knockaert, Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais

Au silo

Mettre à disposition des vaches, un maïs appétant, bien conservé, qui n’a pas chauffé. La vache est très sensible aux « mauvaises odeurs ».
• Nettoyer le pied de silo tous les jours.
• Bien charger le front d’attaque : 2 rangées de boudins.
• Découvrir la bâche tous les 2 ou 3 jours maxi.
• Quand le silo est orienté côté pluie, il est conseillé de rabattre la bâche sur le front d’attaque en cas de mauvais temps.

Nourrir à volonté

Les refus sont des indicateurs indirects de l’ingestion qui doivent être interprétés quantitativement et qualitativement. Cette analyse permet d’ajuster la distribution et de juger du tri effectué par les vaches. Par exemple, la présence de tiges de foin de luzerne, sans feuilles, doit inciter l’éleveur à surveiller la fibrosité réelle de la ration ingérée.

Les transitions, souvent mal assurées !
Une absence de transition en début de lactation, c’est 2,5 à 3,5 kg de MS ingérée en moins, et un niveau d’ingestion normal toujours pas retrouvé après 12 semaines...


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