Le Syndicat Agricole 07 mars 2013 à 12h02 | Par Le Syndicat Agricole

Élevage - Fourrages: comment faire les bons choix

Dans le cadre du projet Inter’herbe, une journée de restitution des données sur la valeur alimentaire des fourrages a eu lieu mardi 5 mars à Cartignies, dans l’Avesnois.

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L’enrubannage repose sur le même principe que l’ensilage
(conservation étanche et anaérobie), et consiste à réaliser
des balles de préfané, recouvertes ensuite de film plastique.
L’enrubannage repose sur le même principe que l’ensilage (conservation étanche et anaérobie), et consiste à réaliser des balles de préfané, recouvertes ensuite de film plastique. - © S. Leitenberger

Dans le cadre du projet transfrontalier Inter’herbe, une action a été menée pour connaître la valeur alimentaire de l’herbe sous toutes ses formes. 670 analyses ont pu être réalisées sur le territoire de la Grande Thiérache (Thiérache du Nord et de l’Aisne, et la Botte du Hainaut belge). « Aujourd’hui, la plupart des données qui existent concernant l’herbe proviennent du travail effectué par l’Inra en Normandie et en Bretagne, il y avait donc un besoin de références dans ce secteur », explique Quentin Dewilde, conseiller technique de l’Adarth, l’une des structures partenaires du projet. Une journée de restitution des données récoltées sur la valeur alimentaire des fourrages a eu lieu mardi 5 mars à Cartignies, dans l’Avesnois, sur l’exploitation de Damien Carlier, président de l’Adarth.
Le travail réalisé a permis de rédiger des fiches techniques pour aider les éleveurs à choisir leur type de fourrage : foin, enrubannage, ensilage et pâturage ont été passés à la loupe. La récolte de fourrages de bonne qualité est un point important pour les élevages, tant laitiers qu’allaitants. Le choix d’un mode de récolte dépend de nombreux paramètres : type de rotation, disponibilité du matériel et de la main d’œuvre, coût de récolte, conditions météorologiques, contraintes environnementales. Voici les principaux enseignements apportés par les fiches.

La récolte en foin
Deux types de récoltes sont possibles : le pressage et le vrac. Les analyses ont été effectuées à 3 reprises : lors de la première coupe avant le 30 juin, lors de la repousse d’été avant le 30 août, et lors du regain d’automne. À chaque fois, le taux de MS avoisinait les 83 %. « L’optimal se situant à 85 % », précise Quentin Dewilde. La valeur énergétique et la valeur azotée de l’herbe augmentent à chaque coupe (cf. tableau 1). À titre indicatif, le coût total du chantier de récolte et du transport du foin jusqu’à l’exploitation, hors main d’œuvre, se situe entre 126 et 169 €/ha, (le coût varie en fonction du type de machines utilisées, du coût du carburant, de l’éloignement de la parcelle...) Les atouts du foin sont le coût réduit qu’il représente et la non utilisation de conservateurs. Pour réussir son foin, certaines précautions sont à prendre : faire des balles régulières pour permettre une bonne conservation, ne pas laisser les balles sur la prairie plus de 15 jours, ou encore veiller à la bonne ventilation du foin pour éviter l’échauffement lors du stockage.

La récolte en enrubanné
L’enrubannage est un système alternatif au silo de foin. Actuellement, il est surtout utilisé en élevage allaitant. L’enrubannage offre une souplesse de chantier, une première coupe de qualité, il permet de sauver un foin ou un regain (météo menaçante), évite les pertes au silo pendant l’été, engendre des frais de structures moindres (ni bâtiment, ni silo), et permet enfin une repousse correcte pour le pâturage d’été. Trois méthode de récolte sont possibles : la monoballe (souplesse de stockage et d’utilisation), l’enrubannage en continu (un boudin constitué de balles mises les unes à la suite des autres, économie de film, mais manque de praticité) et la presse enrubanneuse (gain de temps, démarrage plus rapide de la fermentation et risque moindre de déformation des balles). Les quelques règles pour réussir : faucher de préférence juste avant l’épiaison, faire des balles régulières et denses pour chasser l’air au maximum, réaliser l’enrubannage maximum 2 h après le pressage, ou encore manipuler les balles enrubannées avec précaution.
Les analyses montrent que les valeurs énergétique et azotée, après une diminution en été, remontent finalement en arrière saison (cf. tableau 2).
Pour les monoballes, le coût indicatif se situe entre 234 et 279 €/ha, soit 11,7 à 14 €/balle ; en continue entre 200 et 241 €/ha, soit 10 à 12 €/balle ; en presse enrubanneuse entre 230 € et 274 €/ha, soit 10,8 à 12 €/balle.

La récolte en ensilage
L’ensilage est un fourrage conservé sous forme humide et appétante. Le principe repose sur un stockage étanche et anaérobie. Le stade de la récolte est le premier facteur de variation de la qualité. La valeur nutritive diminue progressivement avec l’âge des repousses (cf. tableau 3). Faucher à un stade plus proche du pâturage donne un rendement moindre, mais la valeur alimentaire est meilleure et le retour de la parcelle dans le circuit de pâturage est plus rapide. Quelques précautions pour réussir sont de mise : faire attention au stade de la récolte, qui doit coïncider avec les conditions climatiques, utiliser un conservateur pour aider à l’acidification si nécessaire, avoir un taux de matière sèche de 25 % minimum pour éviter les pertes par jus au silo, ou encore bien tasser le silo et le protéger des agressions extérieures pour assurer une bonne conservation. Le coût indicatif se situe entre 175 et 235 €/ha. L’ensilage permet une bonne valorisation des excédents d’herbe au printemps, mais aussi en fin d’été et en début d’automne. De plus, il constitue un stock de fourrage de qualité pour la période hivernale.

Le pâturage
La fiche sur le pâturage est en cours d’élaboration, seules les données issues des analyses sont disponibles (cf. tableau 4).

Virginie Charpenet (d’après les fiches du projet Inter’Herbe)


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