Le Syndicat Agricole 12 juillet 2013 à 15h32 | Par Le Syndicat Agricole

Élevage allaitant - Vos veaux, votre avenir !

Il est indispensable de porter une grande attention aux veaux sous la mère.

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Dans quasiment toutes les situations, dès le début de l’été, les éleveurs devraient complémenter avec des concentrés l’alimentation des veaux.
Dans quasiment toutes les situations, dès le début de l’été, les éleveurs devraient complémenter avec des concentrés l’alimentation des veaux. - © DR
Prendre soin des veaux sous la mère permet de :
- se donner une chance de bien valoriser les broutards mâles ;
- donner un potentiel de croissance élevé à l’engraissement ;
- faire une « bonne » vache à partir de la petite génisse.

+ 25 kg de poids vif
L’alimentation des veaux sous la mère passe progressivement du lait maternel aux fourrages grossiers et aux concentrés. Aujourd’hui, les animaux sont en prairies et il n’est pas rare que l’herbe soit de qualité médiocre et bien souvent en quantité insuffisante. En effet, si les temps de repousse deviennent trop courts et que la hauteur d’herbe reste inférieure à 7 cm, les vaches sont limitées et la production de lait diminue fortement. Votre veau ne dispose pas de fourrages et, sans vous en rendre compte, vous pénalisez la productivité de votre élevage.
Les essais montrent que l’apport d’un mélange fermier équivalent à 80 % de céréales ou pulpes sèche + 20 % de tourteau de soja à raison de 1,5 kg par jour et par veau durant 2,5 mois, permet de gagner 25 kg de poids vif sur chaque broutard. La plus-value est d’environ 30 à 35 € par veau mâle, déduction faite du coût de la complémentation. Dans quasiment toutes les situations, dès le début de l’été, les éleveurs devraient complémenter avec des concentrés l’alimentation des veaux, l’objectif étant de mieux exprimer le potentiel de croissance. Les femelles méritent aussi une complémentation. Votre laitonne d’aujourd’hui sera votre vache de demain. Une croissance soutenue jusqu’à 1 an permettra un bon développement squelettique et musculaire. Au-delà de cet âge, la ration sera fonction de vos objectifs d’âge au vêlage.

Vermifugez, c’est la sécurité !
Cette intervention ne concerne que les animaux en première année de pâturage. La croissance des veaux est aussi liée à la pression des parasites de pâturage (strongles). Seuls les animaux ayant reçu un Bolus ou un produit rémanent dans l’oreille sont protégés jusqu’à la rentrée (à réserver aux animaux que l’on ne peut pas rattraper en prairie car le coût est élevé). Pour tous les autres, même si vous avez fait un traitement à la sortie (qui ne sert à rien), vous devez intervenir sur les veaux après 6 à 8 semaines de pâturage (c’est le temps qu’il faut pour que les animaux s’infestent). Tous les produits peuvent être utilisés, que ce soit des actions « immédiates » (effet chasse d’eau) ou des produits rémanents (Ivermectines) puisque vos animaux se ré-infesteront d’ici la rentrée. Pour information, quasiment toutes les matières actives existent en « Pour On » et il faudra discuter avec votre vétérinaire pour optimiser le coût de l’intervention.

Les pires : les « traînards » et les « traînardes »
On connaît l’intérêt de la complémentation mais aucun essai ne calcule combien bon nombre d’éleveurs perdent à cause des « traînards ». Ils sont maigres, le poil dans tous les sens, avec une « tête de vieux ». Ce sont les veaux que le commerçant ne veut pas embarquer car il ne sait pas où les déposer tellement ils sont laids. Ils seront donc sacrifiés au niveau du prix, le commerçant qui les achètera les utilisera pour faire baisser le prix du lot. Au pire, ils finiront dans votre élevage, à l’engraissement dans un coin où ils consommeront des quantités phénoménales sans profiter et vous les vendrez à 23 mois et 20 jours pour une bouchée de pain.
Les « traînardes » ressemblent aux « traînards », version femelles. Elles ne valent rien à la vente. Elles seront donc gardées. Elles consommeront aussi des quantités phénoménales pour arriver avec bien du mal à 30 mois à 450 kg pour être mises à la reproduction.
À l’heure où l’on parle de progrès génétique, d’insémination, de vêlage à 2 ans, de vitesse de croissance... comment peut-on encore voir des veaux non complémentés dans des prairies peu productives ? Tout ce qui est perdu à l’âge d’1 an ne se rattrape jamais, quel que soit le sexe de l’animal.

Sevrez et rentrez à l’étable !
À la question « À quel âge faut-il sevrer ? », il n’existe pas de réponse standard. Le sevrage peut être réalisé très tôt, mais il faut que le veau consomme en plus des fourrages grossiers au moins 2 kg de concentrés par jour. La ration après le sevrage sera calculée sur la recherche d’un GMQ de 1000 à 1200 g pour les femelles à 1 400 g pour les mâles jusqu’à 8-10 mois. Cet objectif de croissance sera maintenu voire augmenté pour les mâles destinés à devenir des taurillons ; il sera réduit à 900-1 000 g/jour pour les génisses jusqu’à 1 an. À cet âge, votre génisse devrait peser 400 kg, quel que soit l’âge au vêlage (2 ou 3 ans).
Attention : grâce aux pesées post-sevrage réalisées sur ces animaux, on constate que la remise en prairie des génisses sevrées porte souvent préjudice à la croissance de l’animal, même avec une complémentation importante. Ces animaux méritent une attention toute particulière, car ce sont vos vaches de demain. L’avenir de votre élevage en dépend.

Guy Corbeille, conseiller référent « Viande Bovine »
Chambre d’agriculture de région nord-pas de calais

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