Le Syndicat Agricole 22 février 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Édulcorants intenses : pas de bénéfice pour la santé

L’Anses vient de publier son avis sur les édulcorants intenses. Ils n’ont pas d’intérêt nutritionnel démontré pour les usages alimentaires.

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Il n’a pas été démontré que les édulcorants intenses avaient un effet bénéfique sur la santé.
Il n’a pas été démontré que les édulcorants intenses avaient un effet bénéfique sur la santé. - © J.C. Gutner

On les connaît sous les noms d’aspartame, stévia, sucralose, acésulfame K... Les édulcorants intenses qui sont obtenus par synthèse chimique ou qui sont extraits de végétaux regroupent différents additifs au pouvoir sucrant très élevé sans apport de calories. Ils sont utilisés dans l’industrie agroalimentaire pour leur capacité à sucrer plusieurs dizaines à plusieurs milliers de fois plus que la saccharose. En France, les édulcorants intenses les plus utilisés sont l’aspartame, l’acésulfame K et le sucralose. Ils sont consommés dans un objectif de réduction de la consommation de sucres et de l’apport énergétique, et comme aide au contrôle de la glycémie chez les sujets diabétiques.
L’emploi et la consommation d’édulcorants intenses ont connu une forte augmentation au cours des vingt dernières années, probablement en lien avec les préoccupations liées au doublement de la prévalence du surpoids et de l’obésité. Si les risques potentiels liés à chaque édulcorant intense sont évalués lors de leur autorisation, aucune évaluation globale concernant les risques et les bénéfices nutritionnels de ces produits n’avait été conduite au niveau européen jusuqu’à ce jour.
L’utilisation des édulcorants intenses en substitution des sucres entraîne dans la plupart des cas un moindre apport énergétique à court terme du fait de leur faible apport calorique et de l’absence de compensation. Cependant, les données disponibles portent sur des durées insuffisantes pour garantir le maintien de cet effet à long terme. De plus, les études sur le contrôle du poids chez l’adulte comme chez l’enfant ont rapporté des associations contradictoires. Certaines études d’observation montrent que l’utilisation d’édulcorants intenses est paradoxalement associée à un gain de poids, sans que la causalité de cette association n’ait été établie.


Nouveaux travaux de recherche
Il n’a pas été démontré de bénéfice de la consommation d’édulcorants intenses sur la prévention de l’apparition du diabète de type 2, et chez les sujets diabétiques ; il n’a pas été démontré de bénéfice de la consommation régulière d’édulcorants intenses en substitution du sucre sur le contrôle de la glycémie.
À l’issue de ce travail, l’Anses considère que, concernant les bénéfices nutritionnels, les études disponibles ne permettent pas de prouver que la consommation de produits contenant des édulcorants intenses présente un intérêt sur le contrôle du poids, de la glycémie des sujets diabétiques ou sur l’incidence du diabète de type 2. Par ailleurs, concernant les risques, notamment le développement d’un cancer, d’un diabète de type 2 ou d’un accouchement prématuré, les données disponibles à ce jour ne permettent pas d’établir un lien entre la survenue de ces risques et la consommation d’édulcorants intenses. Certaines études soulignent toutefois la nécessité d’approfondir les connaissances entre la consommation d’édulcorants intenses et certains risques.
De ce fait, l’Anses recommande de nouveaux travaux de recherche tant sur les bénéfices que sur les risques, en particulier chez l’enfant, notamment en matière de développement au goût, des préférences alimentaires et de contrôle de la prise alimentaire. Elle recommande, pour la population générale, de mener des travaux relatifs au contrôle du poids. Et pour les populations spécifiques (femmes enceintes, enfants, sujets diabétiques, consommateurs réguliers), il apparaît nécessaire d’étudier davantage les risques liés à la consommation d’édulcorants intenses. L’agence n’estime donc pas qu’il existe d’élément probant permettant d’encourager la substitution des sucres par des édulcorants intenses. L’objectif de réduction des apports en sucres doit être atteint par « la réduction globale du goût sucré de l’alimentation, et ce dès le plus jeune âge. À ce titre, les boissons édulcorées et les boissons sucrées ne doivent pas se substituer à la consommation d’eau.


V.G.

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