Le Syndicat Agricole 15 juillet 2016 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

« Échanger avec d’autres agriculteurs sur des pratiques alternatives »

Focus sur une exploitation du réseau Dephy « Légumes frais ».

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« Notre principal objectif est de pouvoir échanger avec d’autres agriculteurs sur des pratiques alternatives et contribuer à leur développement », déclare Anne Coupet. L’agricultrice et son mari ont investi dans un système « Cadart » qui permet d’effectuer l’apport de solution azotée sur le rang de choux-fleurs, lors du semis. Les Coupet utilisent aussi des filets anti-insectes sur les choux-fleurs pour empêcher les ravageurs de coloniser les parcelles et protéger leurs cultures du gibier.

Installés à Richebourg (62), Anne et Bernard Coupet gèrent une exploitation de 88 hectares (ha) orientée en polyculture (grandes cultures et maraîchage). Ils cultivent notamment des légumes destinés au marché du frais (Marché de Phalempin) et de l’industrie (Ardo Violaines). Le couple d’agriculteurs vient d’intégrer au printemps le dispositif Dephy Ferme de la région Hauts-de-France : « Nous avons rejoint le réseau Dephy “ Légumes frais “ (cf. encadré), car nous sommes conscients de la nécessité de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires afin de minimiser l’impact environnemental de notre activité, affirme Anne Coupet. Notre profession est trop souvent montrée du doigt, elle doit être capable de s’adapter et de répondre à la demande sociétale ». Et de poursuivre : « Notre principal objectif est de pouvoir échanger avec d’autres agriculteurs sur des pratiques alternatives et contribuer à leur développement ».

Gestion des adventices
Il faut dire que les Coupet étaient déjà engagés dans une démarche responsable avec une vraie réflexion menée autour de leurs interventions au champ : « Depuis quatre ans, nous avons adopté des pratiques économes en intrants pour notre production de choux-fleurs, explique Anne Coupet. Comme la fertilisation localisée à l’implantation ou l’utilisation de filets anti-insectes ». L’agricultrice et son mari ont investi dans un système « Cadart » qui permet d’effectuer l’apport de solution azotée sur le rang de choux-fleurs, lors du semis. Les apports en azote sont plus précis et adaptés aux besoins de la culture. « On effectue aussi des prélèvements en début de saison qui servent au calcul des reliquats azotés », ajoute Anne Coupet. « L’azote joue un rôle fondamental dans l’intensification de la problématique des adventices, précise de son côté Bruno Pottiez, animateur Ecophyto à la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Nous commençons à déployer sur le terrain un outil développé par AgroTransfert qui permet de calculer le capital « mauvaises herbes » d’une parcelle. L’objectif est par exemple d’essayer de placer des labours et des non-labours en fonction de la place d’une culture dans la rotation, pour avoir les systèmes les moins sensibles possibles ».

Leviers techniques et agronomiques
Par ailleurs, plusieurs autres leviers techniques et agronomiques sont aujourd’hui mis en œuvre sur l’exploitation. Une grande importance est accordée au désherbage mécanique afin de limiter l’utilisation d’herbicides. Anne et Bernard Coupet utilisent en effet cette méthode sur l’ensemble de leurs choux-fleurs. Ils ont ainsi fait l’acquisition d’une bineuse Carré équipée de « pattes d’oie » et de doigts en caoutchouc, aussi appelés doigts « Kress ». Les pattes d’oie travaillent la surface du sol, sectionnent les racines des adventices et accentuent l’effet de buttage près du rang,  tandis que les doigts « Kress » s’enfoncent sous la terre sans abîmer les cultures et arrachent les mauvaises herbes grâce à un mouvement de rotation. Côté phytosanitaires, l’application des produits est raisonnée : les Coupet n’hésitent pas à solliciter les conseillers de la Chambre d’agriculture et à suivre les recommandations diffusées dans les notes techniques (BSV).
« L’idée est de traiter uniquement lorsque cela s’avère nécessaire, en fonction des conditions climatiques et du stade de la plante, souligne Anne Coupet. Difficile avec une météo comme celle de cette année, de réduire le nombre de traitements ». Et si traiter au bon moment c’est bien, traiter au bon endroit, c’est encore mieux. Bernard Coupet a donc équipé son pulvérisateur de buses anti-dérive. Celles-ci permettent de mieux cibler la plante, tout en réduisant la quantité de produit appliquée. Enfin, des essais variétaux sont mis en place sur l’exploitation dans le but de mettre en évidence des variétés tolérantes aux maladies.

MDS

Le réseau Dephy « Légumes frais »

Animé par la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais, il se compose actuellement de 11 agriculteurs accompagnés individuellement et collectivement. Il s’agit d’exploitations où sont cultivés des légumes dans une rotation intégrant également des grandes cultures. On retrouve principalement le chou pommé, le chou-fleur, le poireau, la salade et l’oignon. « La production de légumes est soumise à des contraintes de qualité strictes, explique Christian Durlin, président du Pôle légumes région Nord. Cela rend la gestion sanitaire plus complexe, dans la mesure où la gamme de matières actives phytosanitaires se restreint de plus en plus. À tel point qu’on doit aujourd’hui faire face à un risque d’impasses techniques pour certaines productions ». Les exploitations du réseau cherchent d’ailleurs des solutions alternatives visant à pallier ces contraintes. « L’ensemble des producteurs engagés travaillent autour d’un projet commun : la gestion des adventices, précise Bruno Pottiez, animateur Ecophyto à la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Au sein du groupe, plusieurs méthodes sont utilisées et étudiées pour diminuer les interventions herbicides comme le désherbage mécanique, le paillage, la réduction de doses ou les cultures associées ».

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