Le Syndicat Agricole 05 juin 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Dossier - « Où est la vraie politique d'accompagnement de l'agriculture ? »

Christian Durlin, président de la FDSEA 62, a clôturé la 45e assemblée générale en rappelant avec fermeté les positions syndicales portées par le réseau sur de nombreux dossiers.

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« La commission européenne, dans sa volonté de tout raboter et uniformiser les aides du premier pilier, a trouvé la FNSEA sur son chemin », a commencé Christian Durlin.
« La commission européenne, dans sa volonté de tout raboter et uniformiser les aides du premier pilier, a trouvé la FNSEA sur son chemin », a commencé Christian Durlin. - © Le Syndicat Agricole

Christian Durlin a commencé son intervention en s'exprimant sur la réforme de la PAC. « La Commission européenne, dans sa volonté de tout raboter et d'uniformiser les aides du premier pilier, a trouvé la FNSEA sur son chemin, se félicite-t-il. Certes, le budget a diminué mais moins que prévu ». Invitant l'assemblée à se méfier des discours officiels, il ajoute : « Le travail du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll ne s'arrête pas à la nouvelle PAC ». Il a ensuite évoqué la nécessité de sortir d'une politique éloignée de la région mais aussi l'existence de sujets non traités. « Ces vides, ces lacunes se retrouvent dans la loi d'avenir. » En effet, cette loi ne prévoit aucun allégement des charges sociales pour le travail saisonnier, ni de mesures de simplification pour l'accueil des stagiaires et des apprentis. « Au contraire, la réglementation se durcit à travers les contrôles de terrain », a-t-il insisté.
Cette réforme de la PAC invite plus à l'agrandissement en surface qu'à la création de valeur ajoutée. « L'addition sera lourde pour la région : les pertes se chiffrent à 60 millions d'euros pour le 1er pilier, soit plus de 4 fois le budget agricole du Conseil régional dont on perçoit à cette occasion la faiblesse. » Aujourd'hui, pour beaucoup d'exploitations, les aides sont indispensables. « Où est la vraie politique d'accompagnement de l'agriculture, celle qui permet d'innover, de développer, de renforcer les producteurs dans les négociations sur les prix », s'est interrogé Christian Durlin. Et d'ajouter : « Nos ministres passent leur temps à repeindre en vert notre métier. Ce qu'il faut, c'est décaper et mettre de l'antirouille. Si réforme régionale il y a, ce doit être l'occasion de retrouver un nouveau dynamisme économique dans les territoires », affirme-t-il.


Overdose réglementaire
Il a poursuivi son discours en évoquant les préjudices subis. S'agissant des DPU « grands travaux », Christian Durlin a affirmé la nécessité de retrouver la référence d'aides d'avant chantier : « Les agriculteurs ont-­ils choisi de voir passer dans leurs parcelles les canalisations de gaz ou autres ? Non. C'est donc au ministre de l'Agriculture de trouver le moyen de résoudre ce problème, sinon toute confiance sera perdue pour les travaux en cours et à venir, et le dialogue sera rompu ».
Quant à Metaleurop, « les 36 agriculteurs n'ont pas demandé la pollution, il n'est donc pas acceptable de leur imposer de nouvelles contraintes. Des solutions doivent être proposées aux agriculteurs concernés, leur permettant de poursuivre leur métier dans des conditions économiques pérennes. Nous sommes prêts à en discuter avec toutes les parties prenantes du dossier. ».
Concernant le 5e projet zones vulnérables, « l'évaluation du 4e programme d'actions, réalisée par un cabinet indépendant, souligne que les agriculteurs ont fait le travail demandé, ils ont respecté les règles. Par contre, ce même cabinet rappelle qu'il faudra du temps pour en mesurer les effets. » Pour Christian Durlin, « l'overdose réglementaire est atteinte.
Combien d'agriculteurs maîtrisent encore toute cette réglementation ? Entre la conditionnalité, les zones vulnérables, les Schémas d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) et des règles qui changent en permanence, les agriculteurs vivent dans l'incertitude, craignant toujours de ne pas avoir la dernière information. » Les règlements sont trop souvent théoriques donc non applicables ou difficilement applicables à la région. « Le bon sens agronomique est une vertu qui gagnerait à être enseignée. Et s'il le faut, nous sommes prêts à organiser des stages », ironise-t-il.
Christian Durlin a continué son discours par le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) : « C'est une drôle d'invention qui nous surprend, nous agriculteurs, habitués à vivre avec la biodiversité que nous offre notre environnement. Nous la connaissons et la côtoyons tous les jours. » Il a poursuivi en rappelant que le projet de verdissement de la nouvelle PAC prévoyait que 5 % des surfaces devraient être consacrées à la biodiversité. « Nous ne l'accepterons pas », a-t-il déclaré. Il demande donc au préfet de retirer les zones agricoles du SRCE.
Le président a achevé son discours en soulignant « la victoire des endiviers qui est un précédent appréciable pour l'ensemble de la filière » et a invité les agriculteurs présents à continuer à partager et à échanger leurs idées. « Ça ne peut être que du positif », conclut-il.

Amélie Bouclet

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