Le Syndicat Agricole 19 février 2015 à 18h00 | Par Le syndicat agricole

Documentaire : Dans les coulisses de la réforme de la PAC

Actuellement projeté en festival, prochainement diffusé à la télévision, le documentaire « La négociation » décrit le quotidien du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, et de son équipe durant les négociations de la réforme de la politique agricole commune (PAC), entre l’été 2012 et mars 2013. Son réalisateur, Nicolas Frank revient sur ces neuf mois de tournage, passés « comme une petite souris » au cœur des négociations bruxelloises.

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« L’idée, c’est de parler de la Pac et de faire un film destiné au grand public. Nos 450-500 000 agriculteurs, nos paysages, notre bouffe, nos traditions en dépendent », affirme Nicolas Frank.
« L’idée, c’est de parler de la Pac et de faire un film destiné au grand public. Nos 450-500 000 agriculteurs, nos paysages, notre bouffe, nos traditions en dépendent », affirme Nicolas Frank. - © DR

Que racontez-vous dans ce documentaire « La négociation », pour lequel vous négociez une diffusion prochaine à la télévision ?
Tout juste nommé ministre de l’Agriculture en 2012, Stéphane Le Foll est confronté à son pre- mier dossier, la renégociation de la réforme de la politique agricole commune (PAC). J’ai suivi le ministre et son équipe pendant neuf mois, de son élection à la position commune trouvée par le conseil des ministres européens en mars 2013. Je les suis en étant le plus discret possible, et au fur et à mesure que les mois avancent, ils me font confiance, et m’oublient de plus en plus. Si bien que j’assiste, les 18-19 mars, comme une petite souris, aux 48 dernières heures de négocia- tion entre les ministres de l’Agriculture européens. La présidence irlandaise va proposer un texte, et l’on assiste à des tours de tables, les ministres se voient, créent des alliances... Et le deuxième jour à minuit, une majorité est trouvée !

Quel était votre objectif en suivant le ministre de l’Agriculture ?
L’idée, c’est de parler de la PAC et de faire un film destiné au grand public. Nos 450-500 000 agri- culteurs, nos paysages, notre bouffe, nos traditions en dépendent. C’est le premier budget euro- péen. Je voulais parler d’agriculture – je fais quelques contrepoints avec des témoignages d’agriculteurs – et de Bruxelles. Je suis satisfait, parce que c’est un sujet compliqué, mais les gens qui ont vu le film me disent qu’ils comprennent tout. Bien sûr je n’ai pas traité tous les dossiers, je me suis concentré sur la majoration des aides pour les 50 premiers hectares, et en fin de documentaire, sur le pourcentage de recouplage des aides.

À quelles conditions avez-vous pu tourner ces images ?
J’ai eu la chance de tomber sur des gens très ouverts. Le seul moment ou ils m’ont ferme la porte, c‘est lorsque cela concernait l’Elysée. Il y a une volonté de transparence, cela fait du bien dans cette période de « tous pourris ». J’ai eu accés à tout à trois conditions. Pas de micro HF oublié (comme ce fut le cas pour les propos de Rachida Dati recueillis au Parlement européen en 2009, ndlr). Si les images mettaient en péril les relations diplomatiques de la France, je m’engageais à ne pas diffuser – cela m’est arrivé une seule fois, et cela n’apportait rien au film. Et enfin, ils souhaitaient pouvoir regarder le film avant sa diffusion, sans pour autant demander de droit de regard.

Qu’est-ce qui vous a marqué durant ces 9 mois de tournage ?
La brutalité de l’Allemagne. Ils ont tenu des positions très dures, tout le monde a peur d’eux et ils en jouent. Cela pose des problèmes pour les petits pays comme l’Irlande. Pour la présidence irlandaise, il était impossible d’avoir une majorité qualifiée sans l’Allemagne. Tout le monde tremble devant l’Allemagne. Le fait que les pays ont un nombre de voix fonction de leur popula- tion, c’est écrit dans les textes. Mais le fait de devoir rallier l’Allemagne pour trouver une majo- rité, ce n’est pas dans les textes.

Nicolas Frank a également realisé le documentaire « Le monde et les territoires : à quoi sert la PAC ? », diffusé sur Arte en juin 2013.

Les propos prémonitoires de S. Le Foll dans le documentaire « La négociation »

La scène est retranscrite dans le documentaire « La négociation », qui suit Stéphane Le Foll lors des dernières négociations de la PAC. Le 17 janvier 2013, avant sa rencontre avec le ministre irlandais de l’Agriculture, son cabinet le previent qu’un scandale a eclaté en Irlande concernant de la viande de cheval melangée à de la viande de bœuf. Réaction premonitoire de Stéphane Le Foll : « T’imagines en France ? Si on te dit que le bifteck, c’est du cheval...». Vingt jours plus tard, le scandale des lasagnes Findus éclatait en France.

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