Le Syndicat Agricole 26 janvier 2017 à 11h00 | Par Le Syndicat Agricole

Devenez meilleurs ouvriers de France

Le 26e concours national des « meilleurs ouvriers de France » a été lancé à Arras. Une première. Les acteurs du milieu agricole peuvent y participer.

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Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais... © DR ...et quelques anciens lauréats régionaux lors du lancement officiel du 26e concours des Meilleurs ouvriers de France, le 19 janvier à Arras. © DR Jean-Luc Chabanne, secrétaire général du comité d’organisation du concours. © DR

Le fameux col bleu-blanc-rouge. C’est à cette encolure tant convoitée que l’on reconnaît l’un des meilleurs ouvriers de France. Ce titre honorifique, bien connu du grand public grâce aux métiers de la bouche, est accessible à 232 professions. Les professionnels de l’agriculture ont d’ailleurs l’opportunité de concourir à cette épreuve bientôt centenaire. Toutefois, trop peu de candidats tentent leur chance, particulièrement dans les Hauts-de-France.

La défense du « made in France »
« Redorer le blason du travail manuel et recréer l’émulation et l’engouement pour l’apprentissage ». Près de 100 ans plus tard, le credo de Lucien Klotz, créateur du concours en 1924, est toujours d’actualité. « Cet événement porte haut les valeurs de la République et met en lumière l’action de passionnés qui ne comptent souvent pas leur nombre d’heures de travail », a indiqué Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais, lors du lancement officiel du 26e concours des meilleurs ouvriers de France, le 19 janvier à Arras. Organisé périodiquement (tous les trois à quatre ans), ce challenge promeut les parcours de formations professionnelles, de salariés engagés dans un cycle d’apprentissage, mais avant tout, prône la défense du « made in France », devise régulièrement reprise par le monde agricole. « C’est une belle occasion de valoriser le savoir-faire de notre territoire », souligne Stéphane Leduc, responsable du pôle animation des marchés spécialisés au Crédit agricole Nord de France, partenaire du concours.

Un déficit de candidatures dans la région
Lors de la dernière édition du concours en 2015, 2 527 prétendants se sont affrontés à travers toute la France. Parmi les inscrits, seuls 4 % étaient originaires des Hauts-de-France, région qui compte pourtant une diversité de métiers de par son histoire et ses caractéristiques géographiques. « Il y a plus de 100 000 artisans dans la région et 1 600 métiers d’art : il faut plus de candidats ! », lance Fabienne Buccio. « Je n’ignore pas les difficultés que peuvent parfois supporter vos professions, mais s’engager dans le concours c’est vouloir devenir un ambassadeur de son métier », poursuit la représentante de l’État. Les inscriptions sont aujourd’hui ouvertes. Seule condition : être âgé d’au moins 23 ans pour pouvoir participer. Le candidat s’engage alors dans un cycle de deux ans composé de plusieurs épreuves et d’exercices qualificatifs. Que le meilleur « ouvrier » gagne !

Simon Playoult

3 questions à Jean-Luc Chabanne, secrétaire général du comité d’organisation du concours

« Nous lançons un appel au monde agricole »

Quels métiers de l’agriculture peuvent prétendre au titre ?
Le panel est large : les producteurs de fromages, de glaces, de sorbets, de pâtisseries ou de confiseries sont les bienvenus, y compris les agriculteurs qui se diversifient dans la cuisine, la boucherie, la boulangerie ou les primeurs. Les professions quotidiennement liées à l’agriculture peuvent également participer : maréchal-­ferrant, bourrellerie, sellerie, harnachement, art des jardins paysagers, art floral ou encore conseil-expertise en sécurité alimentaire. Beaucoup de corps de métier sont mobilisables. Il ne faut pas hésiter à se rapprocher de nos délégués régionaux.

La participation au concours du milieu agricole et para-agricole est-elle satisfaisante ?
Les candidats ne sont pas assez nombreux dans le Nord et le Pas-de-Calais ! Nous lançons un appel au monde agricole, et c’est presque un appel au secours… L’excellence existe en agriculture, il y a des talents et des innovations au sein de chaque territoire, il faut les mettre en valeur. Le manque de candidatures se fait encore plus sentir chez les femmes et les salariés. Les formateurs et les encadrants ont aussi l’opportunité de participer.

Quel est le profil requis pour concourir ?
Il y a généralement trois grands types de candidats : des personnes engagées en CAP dans une entreprise et qui se lancent un défi, des apprenants en Bac pro et un dernier tiers de « décrocheurs ». Nous désignons par ce terme les professionnels qui ont fait le choix de changer de vie vers 35-40 ans, après une expérience professionnelle, pour se tourner vers l’artisanat et l’art. Nous défendons l’ensemble de ces parcours, parfois peu académiques, mais qui font toute l’âme du concours.

Propos recueillis par S. PL

Originalités et calendrier du concours

Parmi les métiers ouverts au concours, certains exigent que le candidat réalise un ou plusieurs projets, d’autres font l’objet d’épreuves dites « en loge » ou « en direct », comme la cuisine par exemple. Il n’y a pas de podium, uniquement des lauréats ou non. Le titre est attribué en fonction de la moyenne des notes obtenues aux épreuves ; ainsi, il peut y avoir plusieurs lauréats, comme il peut ne pas y en avoir du tout si personne n’a atteint la note requise pour devenir lauréat.
- Jusqu’au 30 mars 2017 : inscriptions (date limite susceptible d’être prolongée).
- Mai 2017 : début des épreuves qualificatives.
- 2018 : épreuves finales et évaluations.
- 2019 : cérémonie de remise des médailles.
Plus de renseignements sur « meilleursouvriersdefrance.org »

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