Le Syndicat Agricole 27 janvier 2017 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Porc : Des résultats encourageants sur les dépenses de santé

Les dépenses curatives des élevages porcins des Hauts-de-France sont en nette diminution.

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La diminution de l'utilisation des antibiotiques est un phénomène visible au niveau national.
La diminution de l'utilisation des antibiotiques est un phénomène visible au niveau national. - © S. Leitenberger

Entre 2005 et 2015, les dépenses de santé, dites « curatives » (c'est-à-dire les dépenses concernant les antibiotiques, anti-­inflammatoires et antidouleur) ont chuté de 49 % dans les élevages porcins de la région. C'est ce que montre l'étude réalisée en 2016, et pour laquelle la Chambre d'agriculture du Nord-Pas de Calais a relevé en détail toutes les factures et produits de santé, y compris les supplémentations dans l'aliment.
Réalisée une première fois en 2005 dans 36 élevages des Hauts-de-France, l'étude portant sur les dépenses de santé a été renouvelée en 2016 dans 37 élevages naisseurs-engraisseurs de la région. Les résultats sont particulièrement encourageants ! Ils traduisent les efforts réalisés par les acteurs de la filière porcine, et principalement par les éleveurs au cours de ces dix dernières années en vue de diminuer les traitements curatifs et plus particulièrement ceux à base d'antibiotiques. L'engagement des éleveurs s'est traduit par des évolutions de conduite d'élevage, de plan de vaccination, par le suivi de règles de biosécurité et d'hygiène, etc.
La diminution de l'utilisation des antibiotiques est un phénomène visible au niveau national : l'Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV), au sein de l'Anses, a enregistré une diminution des ventes d'antibiotiques à destination des porcs de 52 % entre 2004 et 2014.
La chute des dépenses curatives que l'on observe au cours de ces 10 dernières années s'explique dans notre échantillon par une forte diminution des dépenses de supplémentations médicamenteuses. Elles ont en effet reculé de 55 % et s'élèvent aujourd'hui à 0,60 EUR par 100 kg de carcasse produits.

L'aliment médicamenteux, ce n'est plus automatique
Les résultats montrent un très net recul du recours à l'usage d'antibiotiques dans l'aliment 1er âge. En effet, fin 2015, 70 % des élevages enquêtés utilisent des aliments « blancs », c'est-à-dire sans antibiotiques. Alors qu'en 2005, 80 % des éleveurs distribuaient systématiquement un aliment médicamenteux. De nombreux éleveurs ont choisi de s'équiper de pompes doseuses permettant l'incorporation de traitement dans l'eau de boisson des animaux. Alors que fin 2015, 45 % des éleveurs qui avaient recours à des aliments médicamenteux n'étaient pas équipés de pompes doseuses fonctionnelles, celles-ci sont aujourd'hui présentes dans 68 % des élevages enquêtés.
Le choix de traiter par l'eau de boisson a été fait pour sa rapidité de mise en place (action dès les premiers symptômes, pas de délai de commande d'aliment), parce qu'il offre une meilleure efficacité du traitement (les animaux malades boivent plus facilement qu'ils ne mangent), pour la possibilité de traiter par lot et non la totalité des animaux, et pour la possibilité d'adapter très facilement la durée du traitement. Les éleveurs soulignent également la simplicité et la souplesse d'utilisation de l'équipement, la baisse des usages d'antibiotiques et des dépenses de santé (Hemonic, 2016).
L'utilisation d'injectables curatifs est également en diminution. Les dépenses pour ce poste sont passées de 1,17 à 0,68 EUR/100 kg de carcasse. Le traitement injectable a l'avantage de permettre de cibler l'animal malade.

Les vaccins, premier poste de dépenses
En dix ans, le profil des dépenses de santé a bien évolué. Dans l'étude, le poste « préventif » regroupe les dépenses de vaccins et de produits de conduite d'élevage (antiparasitaires, oligo-éléments, hormones de reproduction, etc.). Le poste « curatif » concentre quant à lui les dépenses d'antibiotiques, d'anti-inflammatoires, d'antidouleur injectable et de supplémentation.
Comme le montre le graphique ci-dessous, la proportion de dépenses curatives est en net repli face au préventif. Si nous nous intéressons en détail au poste « préventif » nous observons que les dépenses de vaccins sont en légère hausse (expliquées par les vaccins au niveau des porcelets), celles de produits de conduite d'élevage sont en faible baisse. En 2015, les vaccins concentrent 49 % des dépenses de santé, constituant ainsi le premier poste de dépenses.

Les porcelets, premier stade physiologique sur le plan des dépenses de santé
Pour affiner les résultats, la Chambre d'agriculture, avec l'aide des éleveurs, a affecté les différentes dépenses par stade physiologique : truie, porcelet, porc charcutier. Nous constatons que pour les trois stades, les dépenses de santé sont en baisse, mais cette baisse n'a cependant pas été la même pour tous.
La diminution la plus marquée (- 30 %) a lieu sur le poste des truies ; la moins marquée se situe en porcelet. Ainsi, en 2005, le cheptel des truies était le premier poste de dépenses. Aujourd'hui, c'est celui des porcelets. Ce fait s'explique par une augmentation de 57 % en 10 ans des dépenses préventives à destination des porcelets. Le poste des vaccins est en augmentation (arrivée de nouveaux vaccins comme le Circovirus, réalisation d'autovaccins, mise en place de protocoles SDRP ou renforcement de la vaccination contre le SDRP), mais aussi celui des produits de conduite d'élevage. Les dépenses de santé de l'échantillon s'élèvent à 4,44 EUR par 100 kg de carcasse en 2015, soit 87,40 EUR par truie présente en moyenne, ce qui correspond à une baisse de 23 % par rapport à 2005. Malgré tout, il subsiste des écarts importants entre élevages, des marges de progrès sont donc encore possibles.
Les efforts réalisés par les producteurs de la région sont à souligner. Il semble que les objectifs affichés par le plan Ecoantibio 2017 - plan visant notamment à réduire de 25 % en 5 ans l'utilisation d'antibiotiques en médecine vétérinaire  - seront atteints facilement.

Marie BURET
Chambre d'Agriculture du Nord-Pas de Calais

À noter
Les résultats de l'étude seront présentés plus en détail lors de plusieurs réunions organisées dans la région Hauts-de-France en février 2017. Les éleveurs qui y ont participé pourront y récupérer leurs résultats personnels, avec une analyse individuelle.


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