Le Syndicat Agricole 10 mars 2017 à 10h00 | Par Le Syndicat Agricole

« Des niveaux de prix qui permettent de réinvestir dans nos endiveries »

L’Union des endiviers a tenu mardi dernier son assemblée générale à Arras.

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L’un des enjeux des producteurs d’endives est de moderniser leurs outils (automatisation) pour répondre aux défis de la qualité et de la compétitivité de la filière.
L’un des enjeux des producteurs d’endives est de moderniser leurs outils (automatisation) pour répondre aux défis de la qualité et de la compétitivité de la filière. - © DR

La campagne 2016-2017 s’annonce plutôt bonne pour les producteurs d’endives de la région. « Les intempéries du mois de juin ont retardé les arrachages, entraînant un manque d’endives durant les mois d’octobre et novembre, ce qui a permis le maintien des cours en début de campagne », indique Philippe Bréhon qui copréside, avec Claire Lefevre, l’Union des endiviers.

Un prix moyen payé au producteur à 1 €/kg
Au regard du déficit en racines, les endiviers ont su optimiser la production, afin de bien négocier la période des fêtes de fin d’année, ainsi que le début de l’année 2017. Bien aidés par les intempéries qui ont touché les zones de production légumière en Espagne, ces derniers ont su tirer leur épingle du jeu en janvier et en février. « Ce qui est assez rare pour être souligné », insiste Philippe Bréhon. Néanmoins, le mois de mars s’annonce déjà plus compliqué : « C’est plus difficile depuis huit jours, reconnaît le coprésident de l’Union des endiviers. Mais on espère que le manque de racines incitera les producteurs d’endives à rationnaliser et à étaler davantage la production pour éviter de déséquilibrer le marché et provoquer un effondrement des cours ». Du côté de la valorisation des endives, après plusieurs campagnes catastrophiques, l’embellie observée ces deux dernières années semble se confirmer sur la campagne 2016-2017, avec un prix moyen payé au producteur à 1 €/kg. « Ce niveau de prix nous permet aujourd’hui de réinvestir dans nos endiveries, affirme Philippe Bréhon. Il était temps car les outils vieillissent ». L’enjeu étant de moderniser les process (automatisation) pour répondre aux défis de la qualité et de la compétitivité de la filière.

« L’image du produit change »
Par ailleurs, la campagne publicitaire télévisée de cet hiver a permis de faire parler de l’endive de manière positive, via un message axé sur le bien-être. « Nous avons également sollicité trois blogueuses pour créer du contenu sur le produit, confie Frédéric Le Vigoureux, directeur de l’Association des producteurs d’endives de France (Apef). Cette approche qui n’est plus seulement culinaire contribue à changer le regard des gens sur l’endive ». Ce dernier reconnaît qu’il est encore trop tôt pour voir un impact sur la consommation d’endives, mais une dynamique est selon lui enclenchée : « Il s’agit d’un travail de fond, précise-t-il. Nous devons aller encore plus loin dans l’analyse du mix de consommation de l’endive. D’autant plus qu’on observe une réelle évolution des formats depuis trois ans ». Et de poursuivre : « Tous les opérateurs constatent qu’ils ne vendent pas forcément plus d’endives en termes de volumes, mais que l’acte d’achat progresse, notamment sur les UVC (unités de vente conditionnées). La segmentation (jeunes pousses, petits formats) nous aide à changer l’image de l’endive et à reconquérir des consommateurs qui redécouvrent le produit différemment ».

Compte pénibilité
Enfin, l’Union des endiviers assure, avec l’appui de Légumes de France, une veille sociale pour aider ses adhérents dans leurs démarches. Parmi les sujets d’inquiétude, on retrouve la mise en place du compte pénibilité qui est normalement prévue au deuxième semestre 2017. « Nous attendons un éclaircissement des positions de la FNSEA sur ce dossier, précise Philippe Bréhon. Sachant que le résultat des prochaines élections présidentielles pourrait changer la donne ».

MDS

Autorité de la concurrence : une décision attendue à la fin de l’été

Le feuilleton judiciaire concernant ce dossier suit son cours au niveau européen. Une audience s’est tenue le 31 janvier dernier devant la Cour de justice européenne. « L’avocat général doit normalement transmettre ses conclusions aux juges le 6 avril prochain, pour que ces derniers puissent délibérer », indique Frédéric Le Vigoureux, directeur de l’Apef. Puis, ce sera à la Cour de cassation de statuer. « Cela devrait se décanter assez vite d’ici septembre », espère le directeur de l’Apef. Sur le fond de l’affaire, celui-ci se dit optimiste : « Les positions bougent et les juges ont plutôt été sensibles aux arguments que nous avons avancés ».

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