Le Syndicat Agricole 26 septembre 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Des chiens pour guider les pas des aveugles

Les chiens d’aveugle permettent à certaines personnes de retrouver leur autonomie. À l’occasion de la semaine du chien guide, reportage dans une école qui les accueille et les éduque.

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« Le chien guide doit savoir s’arrêter devant un passage piéton, éviter les obstacles, connaître sa gauche de sa droite pour répondre aux ordres. » © Centres Paul Corteville De jeunes chiens en pleine séance d’obéissance à l’école de Roncq. © DR Un jeune chiot récompensé lors d’un exercice d’entraînement. © DR

Rue de Lille, à Roncq (59). Une quinzaine de chiens, dans un grand enclos tapissé d’herbe, sont tenus en laisse et attendent les ordres, patiemment. Les jeunes labradors, golden retriever et bergers allemands sont en train d’apprendre leur futur métier : guide d’aveugle.
L’école de Roncq éduque chaque année près de 60 à 70 chiens avant de les remettre à des personnes atteintes de déficience visuelle. La plupart de ces chiens proviennent d’un élevage situé près de Clermont-Ferrand, le Cesecah (Centre d’étude, de sélection et d’élevage pour chiens-guides d’aveugles et autres handicapés). Ils sont remis gratuitement, grâce aux dons des particuliers, à 10 écoles de chiens-guides réparties en France. L’école de Roncq appartient, avec un second centre d’éducation situé en Haute Normandie, à l’association Chiens guides d’aveugles – Centres Paul Corteville.


La pré-éducation en famille d’accueil
Les chiots arrivent à l’école à l’âge de 2 mois. « Ils sont alors confiés à des familles d’accueil, explique Bernard Boittiaux, administrateur de l’association. Le but de ces familles est de socialiser les chiens au maximum. Ils doivent emmener le chien partout avec eux afin qu’il s’habitue à la circulation, aux nouvelles rencontres, aux nouveaux lieux, etc. » La famille qui accueille un chiot doit également l’entraîner à répondre à quelques ordres comme « assis, debout... » et l’emmener une fois par mois à l’école pour des « exercices d’obéissance ». Pendant cette pré-éducation, le chien va subir une série d’examens visant à contrôler son état physique : radio des hanches, fond de l’œil, etc.
À l’âge de 10 mois, le jeune chien doit quitter sa famille. On imagine la séparation difficile, mais Bernard Boittiaux sait trouver les mots justes : « Ce n’est pas indolore mais ce n’est pas insurmontable non plus. Les familles voient le résultat de leur travail auprès des personnes qui accueillent le chien et peuvent être fières. » « Ce qui compte c’est que je vois que le chien est heureux ! », se rassure Camille Bouveur, avec un berger allemand de 6 mois en laisse et qui a déjà accueilli un chien dans sa famille.
Le chien poursuit alors son entraînement au centre, avec des éducateurs professionnels. Le contact est gardé avec la famille qui peut prendre de ses nouvelles, et le week-end, il est confié à une autre famille pour ne pas rester dans le chenil. Dehors, aussi bien que dans l’école, il continue à pratiquer ses exercices d’obéissance, avec une technique particulière : « On lui apprend à marcher droit sur un trottoir pour qu’il guide la personne déficiente visuelle, explique Jérôme Demangeot, responsable technique et éducateur. Il doit savoir s’arrêter devant un passage piéton, éviter les obstacles, connaître sa gauche de sa droite pour répondre aux ordres. Il doit également trouver les portes du métro pour entrer dans une rame, guider son maître à un guichet dans une administration, trouver un siège dans un bus, etc. » Le chien va ainsi permettre à la personne aveugle ou malvoyante de retrouver son autonomie.


Compatibilité
Avant d’être donné, gratuitement, à une personne en déficience visuelle qui en a fait la demande et qui possède une carte d’invalidité, le chien doit obtenir un certificat d’aptitude. De son côté, la personne qui souhaite acquérir un chien guide effectue un stage pour apprendre les techniques de guidage. Ses besoins et ses motivations sont évalués. « Si la personne a la possibilité d’accueillir un chien et qu’elle se sent prête, on fait des test avec un chien pour évaluer les sensations, voir la comptabilité », explique Bernard Boittiaux.
Les chiens sont remis entre 18 mois et 2 ans, lorsqu’ils sont prêts. Puis un suivi est réalisé tout au long de la vie de l’animal. Les demandes auprès de l’école augmentent : « Nous essayons de limiter le délai d’attente à un an, mais en ce moment, un aveugle ou un malvoyant attend environ 2 ans », confie le responsable. Car pour certains chiens, c’est la réforme. « Ces dernières années, nous avons réformé 50 % des effectifs », regrette Bernard Boittiaux. Les chiens qui ne sont pas jugés aptes à accompagner un déficient visuel – comportement incompatible, problème cardiaque, malformation de la hanche, etc. – sont redirigés vers une maison de retraite ou dans une famille dans laquelle vit un autiste par exemple. « On essaye de faire en sorte que le travail réalisé avec le chien ne soit pas perdu », explique Jérôme Demangeot.
L’école est en tout cas toujours à la recherche de familles d’accueil pouvant recevoir un chiot et lui apporter l’éducation nécessaire. « Nous en avons énormément besoin », confie Bernard Boittiaux. Le message est passé.

Laura Béheulière

- © DR

Portes ouvertes à l’école des chiens guides de Roncq

Ce dimanche 28 septembre, l’école de Roncq ouvre ses portes : vous pourrez y rencontrer les futurs chiens guides, les éducateurs ou encore des familles d’accueil. Au programme :
10 h 30 et 14 h 30 : séance d’éducation des chiots placés en famille d’accueil ;
11 h 30 et 15 h 30 : démonstration du travail d’éducation et d’obéissance des futurs chiens guides.
Mais aussi : stands d’informations, stands parrainage, stands peluches et calendrier, stand locomotion (parcours sous bandeau en technique de chien), visite de l’école, village enfants...
295, rue de Lille – 59223 Roncq. Contact : 03 20 68 59 62. Entrée libre de 10 à 18 h.

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