Le Syndicat Agricole 16 juin 2016 à 16h00 | Par Le Syndicat Agricole

Des Boulonnais assurent la sécurité

Suite de notre série sur le championnat d’Europe avec la découverte de la brigade équestre de Lille qui patrouille aux abords des stades et en centre-ville.

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Pendant les matchs, l’unité équestre patrouille dans la ville ou près des stades. © DR Le commandant Schindler (à droite), qui a choisi les chevaux et préparé cette unité équestre, annonce qu’il passera bientôt le flambeau au brigadier chef Delannoy (à gauche). © DR

L’Euro 2016 a démarré depuis près d’une semaine dans un contexte bien particulier. La France est en effet toujours en « état d’urgence » et le sera jusqu’à la fin du mois de juillet. Hooligans et autres supporters-casseurs sont bien présents et ont déjà fait parler d’eux. Alors pour que le foot reste une grande fête, de nombreux moyens sont déployés. Dans le Nord-Pas de Calais, les équipes de sécurité sont renforcées par une unité spécialisée : la brigade équestre. Composée de six chevaux du Boulonnais, elle a été mise en place à la fin de l’année 2015 et patrouille déjà depuis quelques temps à Lille.
Véritables « partenaires de travail de la police », comme les appelle le commandant Schindler, responsable de l’unité équestre, ces imposants chevaux de trait ont été dénichés par le Syndicat hippique du Boulonnais. Un véritable partenariat a été noué avec la structure. La brigade équestre, en plus d’assurer la sécurité dans la ville, « permet de mettre en avant cette race régionale en difficulté au niveau des effectifs », souligne le commandant. La police recherchait des animaux ayant des caractéristiques particulières. « Ils ont été sélectionnés en fonction de leur morphologie et de leur caractère, explique le commandant. Il fallait des chevaux suffisamment légers, grands et adaptés à la selle. » Avec une moyenne d’âge de 5 ans, Bijou, Viking ou encore Coyote et Artiste correspondent parfaitement aux critères. Certains d’entre vous ont déjà pu les rencontrer, dans les rues de Lille ou au cours du salon Terres en fête, au début du mois de juin. C’est à cette occasion que nous avons rencontré le commandant Schindler.

Patrouilles dynamiques de sécurisation
La région accueille onze rencontres, à Lens ou à Lille, dont quelques matchs estampillés « à haut risque ». Au cours de ces événements qui rassemblent les foules, la brigade équestre se déplace aux abords des stades Bollaert à Lens et Pierre Mauroy à Lille, mais aussi en centre-ville. Dès le matin, de nombreux supporters, en groupes, arpentent les rues puis remplissent les terrasses. « L’unité est utilisée pour faire de l’éclairage et du renseignement, ainsi que de la gestion de foule si besoin, explique le commandant Schindler. Sur un cheval on voit loin et on va loin. » Au cours de ces « patrouilles dynamiques de sécurisation », les groupes qui commencent à s’agiter trop violemment sont donc vite repérés, repoussés, éparpillés. « Nous pouvons aussi encadrer un groupe de supporters qui va de la gare au stade », précise-t-il. Les Boulonnais blancs sont impressionnants et permettent de canaliser la violence. « S’il y a des débordements, la présence des chevaux peut suffire à calmer le jeu », assure le responsable de l’unité.

Comme une cavalerie
Une patrouille classique, qui travaille de 4 à 5 heures par jour, est composée de deux chevaux. Au total, ils sont cinq animaux à « faire l’Euro » ; le dernier arrivé, César, âgé de 4 ans, n’est pas encore prêt. Ils doivent en effet être longuement entraînés avant d’être opérationnels. « Ce sont des chevaux qui sont davantage habitués à l’attelage, nous avons dû les habituer à la présence d’un cavalier sur leur dos », précise le commandant. Ils ont aussi été exposés à la foule et aux bruits de pétards, pour ne pas être surpris une fois parmi les supporters. Une attention particulière doit également être portée au ferrage des sabots, puisqu’ils doivent être adaptés aux patrouilles sur le bitume. « On doit gérer l’unité comme une cavalerie ! » estime le commandant. Les fonctionnaires qui montent les Boulonnais ont été recrutés dans le même temps. « Ils ont au moins un niveau Galop 5 et ont commencé à faire connaissance avec les chevaux avant que l’unité ne soit fonctionnelle. » Les cavaliers sont au nombre de onze dont deux femmes, auxquels s’ajoute le responsable d’unité.
Au quotidien, les chevaux sont basés au centre équestre de Ronchin. Le personnel du centre s’occupe du paillage et de l’entretien des boxes tandis que les fonctionnaires cavaliers viennent nourrir les bêtes tous les jours. En France, il existe six unités équestres départementales. Celle de Lille est la première à avoir été créée en dehors de la région parisienne. Au-delà du rôle particulier de cette unité pendant l’Euro, les chevaux représentent un véritable atout pour la police. Bons en termes d’image, ils rendent le contact plus facile avec les citoyens. Après la compétition, les patrouilles ne seront pas terminées pour eux ! Prochaine mission des chevaux policiers : assurer la sécurité au cours de la grande braderie de Lille, début septembre.

Laura Béheulière

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