Le Syndicat Agricole 15 avril 2016 à 08h00 | Par Le syndicat agricole

Des bâtiments sur courant alternatif

L’installation de panneaux photovoltaïques sur des bâtiments agricoles peut être source de diversification pour les exploitations régionales.

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- © Le Syndicat Agricole

Atteindre une part de 23 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique nationale. C’est l’objectif ambitieux qu’a fixé la Commission européenne à la France à l’horizon 2020. Pour l’atteindre, la ministre de l’Environnement Ségolène Royale a notamment présenté, la semaine dernière, le premier acte de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), déclinant les orientations de la loi de transition énergétique. L’accent a été porté sur l’énergie solaire utilisée pour la production d’électricité. Propriétaires de toitures relativement imposantes et souvent intéressés par une diversification de leurs ressources, les exploitants agricoles de la région ont un rôle tout particulier à jouer dans le développement des installations solaires photovoltaïques.

Les conditions d’une installation photovoltaïque

Le montage d’un projet photovoltaïque (PV) doit, au préalable, tenir compte de deux possibilités techniques. Chacune d’elles est à étudier en fonction de la configuration du bâtiment ou lors de sa construction ou rénovation : « L’installation des panneaux peut s’effectuer soit sur un bac acier, fixé sur une toiture, soit en “intégration totale”, les laminés PV étanches faisant directement office de revêtement de toit », explique Jacques Blarel, conseiller référent énergie à la Chambre d’agriculture. Il est recommandé de vérifier que la charpente peut supporter le poids des panneaux, incluant celui de leur structure d’intégration (le tout pouvant atteindre 20 kg/m2). Dans le Nord-Pas de Calais, l’orientation et l’inclinaison des panneaux ont aussi une importance particulière. Pour un fonctionnement optimal, il est nécessaire d’avoir une toiture axée le plus possible au sud. « La pente doit être comprise entre 17 et 20°, idéale pour valoriser les longues journées d’été », informe le technicien. Près de 70 % de la production annuelle s’effectue entre avril et septembre.

Quel est le tarif d’achat ?

Grâce à l’utilisation de matériaux conducteurs, un système photovoltaïque convertit l’énergie solaire en électricité. Le courant continu produit par les modules est ensuite converti en courant alternatif à travers un ou des onduleurs. « S’il est possible d’auto-consommer cette électricité, le courant est injecté sur le réseau dans 99 % des cas », annonce Jérôme Borne, de la société Sunélis, spécialisée dans l’installation de panneaux PV. Il faut dire que la réglementation française propose un achat à prix majoré de l’électricité d’origine photovoltaïque. Les contrats sont fixés sur 20 ans, mais revalorisés chaque année. « Au 31 mars 2016, le tarif d’achat était de 13,82 centimes d’euros le kilowatt-heure (kWh) pour une installation de 36 kWh, soit 250 m2 environ », atteste le spécialiste. Le chiffre d’affaires annuel moyen de ce type d’installation, caractéristique en exploitations agricoles, est de 4 975 . Un projet de 250 m2 (50 000 d’investissement + 3 000 de raccordement à ERDF) est donc généralement amorti sur onze années. À noter néanmoins que le crédit d’impôt sur les installations photovoltaïques a été sup- primé depuis un an.

Garanties et entretien des matériaux

En France, les premiers panneaux PV ont été installés en 2006. Au 30 juin 2015, la région comptait 12 272 installations (particuliers et exploitants agricoles), 6 708 dans le Nord et 5 564 dans le Pas-de-Calais. « Il est encore difficile de définir la durabilité des matériaux, mais la capacité de production des panneaux est garantie pendant au moins 20 ans », indique Jacques Blarel. Les onduleurs ont, eux, une durée de vie moindre, allant de 7 à 9 ans. « Leur remplacement est le seul investissement à réaliser durant les dix premières années », affirme Jérôme Borne. Pour l’entretien de l’outil, le nettoyage des plateformes dépend beaucoup de la situation du bâtiment et de l’activité agricole des alentours. Si le secteur est particulièrement générateur de poussière, un lavage régulier de l’installation est à prévoir (via un accès facile sur le toit ou une éventuelle rampe d’aspersion en faîtière). Enfin, le recyclage des panneaux en fin de vie est compris dans le prix de base de l’installation, les opérations de collecte et de transport vers les centres de traitement étant désormais à la charge des fabricants de panneaux photovoltaïques.

Simon Playoult

 

Christophe Mullie, agriculteur à Foncquevillers (62)
Christophe Mullie, agriculteur à Foncquevillers (62) - © le Syndicat Agricole

Producteur de pommes de terre à Foncquevillers (62), Christophe Mullie est aussi producteur d’énergie solaire. Il a ouvert les portes de son exploitation lors des « rendez-vous agri-ruraux de l’innovation », organisés par le Civar, service de la Chambre d’agriculture, le 7 avril dernier. « Nous avons fait le choix d’installer nos premiers panneaux photovol- taïques en novembre 2010 sur un bâtiment dont la toiture était à refaire », explique l’agriculteur. Satisfaits du dispositif de 250 m2 (36 kW de puissance), Christophe Mullie et ses deux associés réitèrent la démarche deux ans plus tard lors de la construction d’un bâtiment neuf avec la mise en place 720 m2 de laminés (100 kW). « L’ensemble des panneaux est orienté Sud-Ouest et est raccordé au réseau, précise-il. Les onduleurs me permettent de connaître ma production d’énergie en temps réel. C’est une bonne opportunité de diversification qui ne demande pratiquement pas de travail supplémentaire ». La ferme de La Haye est donc prête à capter le moindre rayon de soleil du printemps.

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