Le Syndicat Agricole 03 avril 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Des bandes fleuries pour favoriser les auxiliaires

Campagnes vivantes vous propose d’implanter des bandes fleuries pour lutter contre les insectes ravageurs et favoriser la biodiversité.

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« Ces espaces colorés de juillet à novembre sont appréciés du grand public pour leur impact visuel dans le paysage et leur impact sur la biodiversité. »
« Ces espaces colorés de juillet à novembre sont appréciés du grand public pour leur impact visuel dans le paysage et leur impact sur la biodiversité. » - © Fredon Nord-Pas de Calais

Dans les Pays des Moulins de Flandre et Cœur de Flandre, les agriculteurs sont invités à faire fleurir le paysage. À travers son programme « À Fleurs de Flandre », créée il y a maintenant 10 ans, Campagnes vivantes propose en effet aux producteurs, qu’ils soient en bio ou en conventionnel, d’implanter des fleurs en bande ou en parcelle. « Nous vous proposons des mélanges régionaux avec des fleurs des champs du Nord-Pas de Calais, précise Sandrine Joubert, de l’association. Vous pouvez également choisir un mélange apicole ou encore un mélange pérenne qui dure de deux à cinq ans. » Semée en mai, la bande est en floraison à partir de juillet, jusqu’aux premières gelées. L’association prend en charge le coût du mélange, et c’est à l’agriculteur de semer. Les bandes peuvent représenter quelques centaines de mètres carrés ; elles font généralement de 1 m 50 à 2 m de large ou sont implantées sur de petites parcelles difficiles à exploiter.


Multiples intérêts
Au-delà de leur intérêt esthétique, les bandes fleuries permettent de valoriser, auprès du grand public, le travail des agriculteurs en faveur de la biodiversité. Elles ont, en outre, une utilité agronomique puisqu’elles favorisent le développement des auxiliaires. « Ces aménagements leur fournissent en effet nourriture et abri », précise Karine Petit de la Fredon. Ces auxiliaires en question sont principalement :
- les coccinelles prédatrices de pucerons ;
- les syrphes, prédateurs de pucerons ;
- les chrysopes, prédateurs généralistes (pucerons, thrips) ;
- les hyménoptères parasitoïdes de puceron (dont l’adulte pond son œuf à l’intérieur d’un puceron) ;
- les carabes, qui se nourrissent de limaces ou de taupins.
« Une étude a permis de montrer la présence de ces auxiliaires jusqu’à 50 m dans la parcelle », ajoute Karine Petit. Et de préciser, que dans un champ, un syrphe pour 250 pucerons suffit à éradiquer la population du ravageur.
L’expérience a été menée grandeur nature à Guînes en 2011-2013, sur l’exploitation de Marc Lefebvre. Trois hectares de bandes fleuries et 2 300 m de haies sur un bloc de 50 ha ont été implantées. « Il n’y a quasiment eu aucune attaque de pucerons dans les champs attenants », souligne Karine Petit. « S’il est très difficile d’évaluer l’impact concret des bandes fleuries, nous avons pu observer des auxiliaires dans les fleurs, et je n’ai pas eu besoin d’insecticide », témoigne Marc Lefebvre.
« Sensibilisation du public, développement des auxiliaires et de la biodiversité, coloration du paysage... les bandes fleuries ont un très bon impact, résume la spécialiste. Elles permettent de joindre l’utile à l’agréable. »

Laura Béheulière

Zoom sur... l’auto-évaluation de la biodiversité sur une exploitation

Cette année, l’association Campagnes vivantes propose aux agriculteurs ayant des bandes fleuries de procéder à une auto-évaluation de la biodiversité présente sur leur exploitation. « C’est un outil qui va permettre aux agriculteurs de se rendre compte de l’intérêt agronomique des bandes fleuries », précise Sandrine Joubert de Campagnes vivantes. C’est un moyen d’évaluer la présence d’auxiliaires mais aussi de communiquer auprès du public. Pour cela, l’association a créé une fiche simple à remplir : il s’agit d’effectuer des comptages tous les 15 jours selon une modalité précise.
Ce document est disponible sur le site de Campagnes vivantes (www.campagnes-vivantes.asso.fr).

Plus d’infos

Vous souhaitez installer une bande fleurie aux abords de votre champ ? Contactez Campagnes vivantes avant la fin du mois d’avril. L’association vous fournira la semence ; vous devez simplement préparer votre parcelle pour une plantation mi-mai.
- Par courrier : Campagnes vivantes - Cité de l’agriculture - 54-56 Avenue Roger Salengro – BP 90136 - 62054 Saint-Laurent-Blangy cedex.
- Par téléphone : 03 21 60 57 94.

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