Le Syndicat Agricole 08 juillet 2016 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Dans la loupe des entomologistes

La Fredon Nord-Pas de Calais s’est spécialisée dans le diagnostic des insectes qui peuplent la région.

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Martine Deguette, technicienne à la station d’étude, cherche à caractériser les espèces réceptionnées par échantillons. © DR La collection de références, sorte de base de données des espèces. © DR La Fredon possède 6 salles climatiques. qui permettent d’étudier le comportement des insectes... © DR ...Comme ici le thrips sur un pied de poireau. © DR Un olfactomètre utilisé ici pour les tests d’attractivité de substances sur les thrips ou les mouches du poireau. © DR Un exemple d’échantillon envoyé pour analyse. © DR

Agriculteurs ou jardiniers, vous les connaissez (presque) toutes ! Qu’elles soient redoutées dans les cultures, comme les charançons, les pucerons et les thrips, ou appréciées, comme les carabes et les coccinelles, ces petites bêtes fourmillent dans les plaines du Nord-Pas de Calais. Une équipe de spécialistes de la Fredon* est quotidiennement chargée d’intervenir dans la surveillance, la prévention ou la lutte contre certains organismes nuisibles. Nous les avons rencontrés dans leur laboratoire, aussi appelé la « Clinique du végétal », à Loos-en-Gohelle (62).

80 taxons identifiables dans la région
Afin d’apporter aux professionnels un état des lieux précis de la pression parasitaire régionale, la Fredon réalise des identifications entomologiques basées sur des prélèvements en parcelles. « L’entomologie consiste à identifier des insectes, bio-agresseurs ou auxiliaires, d’importance économique sur tous les végétaux de la région, indique Odile Muchembled, directrice. Un agriculteur peut directement se présenter au laboratoire avec un échantillon afin de déterminer l’espèce rencontrée et d’identifier un éventuel problème sanitaire sur une plantation ». À ce jour, 80 taxons sont identifiables dans le Nord-Pas de Calais. Un taxon est une entité d’êtres vivants regroupés parce qu’ils possèdent des caractères en commun du fait de leur parenté. « Parmi les coléoptères, on trouve par exemple les charançons, les chrysomèles, les taupins, ou les hannetons », explique Sandrine Oste, directrice adjointe de la Fredon et responsable de la Clinique du végétal. Parmi les ravageurs suivis dans le cadre de la surveillance biologique du territoire (utile notamment pour la rédaction des Bulletins de santé du végétal) figurent des insectes de l’ordre des lépidoptères (papillons comme les tordeuses des vergers, les teignes, les noctuelles) ou des diptères : drosophile à ailes tachetées, mouches des semis, mouches de l’endive, mouches de la carotte et du céleri, mouches du chou, mais aussi mouches mineuses du poireau et cécidomyies du chou-fleur. « En 2015, 4 019 échantillons ont été dépouillés par le laboratoire, précise la responsable. Ainsi, près de 80 500 individus ont été identifiés au sein de notre structure ». Un travail minutieux réalisé par une équipe de six spécialistes disposant d’un matériel de pointe.

Le fonctionnement de la Clinique du végétal
Le laboratoire de la Fredon est équipé d’une batterie d’outils indispensables aux diagnostics. Loupes binoculaires (grossissement 50 et 100), microscope, olfactomètre, balance de précision, ou encore agitateur sont autant d’équipements nécessaires à l’identification ou à l’étude des insectes pour connaître leur innocuité ou leur menace. « Lorsqu’il arrive à la Clinique du végétal, l’insecte est généralement conservé dans de l’alcool afin de le maintenir en l’état sauf si un élevage de l’insecte prélevé est nécessaire pour rendre possible l’identification », commente Martine Deguette, technicienne sur le site. Pour l’identification de certaines espèces, l’insecte passe ensuite dans différents bains de substances. « Il s’agit d’éclaircir au maximum le spécimen pour pouvoir l’examiner au microscope et définir son espèce », poursuit l’entomologiste. Des collections de références, sorte de bases de données des espèces, permettent aux équipes de confronter leurs recherches et d’identifier avec certitude l’individu. Des études à plus long terme sont également menées au laboratoire. Six salles climatiques permettent de reproduire des conditions météorologiques souhaitées, quelle que soit la saison. « Nous contrôlons la température, l’hygrométrie et la photopériode, explique Laëtitia Durlin, responsable de la filière « cultures légumières » de la Fredon. Nous pouvons ainsi élever des insectes, accélérer leur cycle, simuler l’hiver, multiplier les populations de ravageurs ou d’auxiliaires pour les étudier et tester des méthodes de lutte ». Des élevages de masse de différentes espèces de pucerons, mouches et de thrips du poireau ont dernièrement été réalisés.

Simon Playoult

* Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon Nord-Pas de Calais).

Des chercheurs du monde entier réunis à Lille en 2017

L’association française de protection des plantes (AFPP), en collaboration avec la Fredon Nord-Pas de Calais, organise à Lille au Grand Palais, du 21 au 23 mars 2017, la 6e conférence sur les méthodes alternatives de protection des plantes. Différents thèmes seront abordés au sein de sessions plénières. Ils concerneront l’ensemble des cultures annuelles et pérennes, de plein champ et sous abris, mais aussi les forêts et les JEVI (jardins espaces végétalisés et infrastructures). Cette conférence sera l’occasion d’échanges internationaux entre chercheurs, enseignants et techniciens. Elle contribuera à la formation et à l’information de l’ensemble des participants et à la promotion des moyens alternatifs de protection des plantes.

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