Le Syndicat Agricole 19 mars 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Cristal Union serein pour l’après-quotas

La coopérative sucrière ambitionne de devenir le numéro trois européen des transformateurs de betterave.

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Alain Commissaire et Olivier de Bohan, respectivement directeur général et président de Cristal Union, au siège du groupe à Paris.
Alain Commissaire et Olivier de Bohan, respectivement directeur général et président de Cristal Union, au siège du groupe à Paris. - © DR

Avec 14 millions de tonnes de betteraves travaillées chaque année, Cristal Union est le 4e transformateur de l’Union européenne. Et la fin des quotas prévue en 2017 « ne lui fait pas peur », a affirmé son président Olivier de Bohan, à la veille de l’assemblée générale du groupe organisée le 17 mars à Reims. Malgré une récolte de céréales moyenne et une forte baisse des cours, la coopérative a réalisé un chiffre d’affaires de 1,815 milliard d’euros sur l’exercice clos en septembre dernier. Il s’agit de la deuxième meilleure performance dans l’histoire du groupe. Elle correspond à la production sur la même période de 1,4 million de tonnes de sucre, de 174.000 tonnes de pulpes et de 5,6 millions d’hectolitres d’alcool et de bioéthanol.
Le groupe ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et vise ainsi la 3e place européenne, derrière l’Allemand Südzucker et le Français Tereos. « Nous avons une demande de nos producteurs de 20 % de production supplémentaire, assure Olivier de Bohan. De plus, nous avons déjà une betterave sur deux produite hors quota aujourd’hui. » « Avec 14,3 t de sucre/ha, et jusqu’à 16 ou 17 tonnes, nous avons le rendement sucre le plus élevé d’Europe, poursuit Alain Commissaire, directeur général. Nous avons les meilleures zones de betteraves en Europe et les planteurs sont intéressés. Enfin, notre situation financière est saine, même si les comptes 2015 et 2016 seront impactés par la baisse des prix du sucre », renchérit Alain Commissaire.


Développer le réseau commercial
L’avenir, les dirigeants le voient surtout en Europe et sur le pourtour méditerranéen. Cristal Union avait d’ailleurs annoncé début février un partenariat avec le groupe American Sugar Refining (ASR), leader mondial du raffinage, allant dans ce sens. L’accord permet en effet à Cristal Union de conforter sa position dans le raffinage du sucre en Italie, par une prise de participation dans la raffinerie italienne de Brindisi et d’élargir son offre en vue du développement de nouveaux marchés au Proche-Orient et en Afrique. En complément, le groupe dispose d’une raffinerie en essai en Algérie dont l’activité devrait démarrer cet été. « Un partenariat a également été conclu durant l’exercice avec la Société sucrière des Antilles en vue de la prise de contrôle et la valorisation de la filière du sucre de canne en Guadeloupe », précise le groupe. Un autre accord enfin a été conclu avec le Syndicat des sucres de l’Île Maurice. En outre, 98 millions d’euros ont été investis lors de l’exercice écoulé (104 millions l’année dernière).
Ces opérations s’inscrivent dans la ligne stratégique définie en 2005 et poursuivie depuis lors en prévision de la disparition des quotas européens. « Laquelle ligne avait pour objectif, dans un premier temps, la consolidation de l’assise sur le marché français, avec l’acquisition de Vermandoise de Sucreries, et dans un second temps, l’adaptation de l’outil industriel et logistique, l’enrichissement de l’offre, et le développement du réseau commercial, notamment dans les pays déficitaires en sucre », précise Cristal Union.

Laura Béheulière

Cristal Union dit toujours « non » à Tereos

Quelques jours avant l’assemblée générale de Cristal Union, Tereos réitérait sa proposition de fusion entre les deux groupes après une première demande début février. « Notre mission demeure de rémunérer le mieux possible les betteraves de nos coopérateurs, rappelait Thierry Lecomte, président du conseil de surveillance de Tereos, dans une interview. C’est dans cet objectif que nous avons réfléchi à une consolidation et pu mettre en avant qu’une fusion entre Tereos et Cristal Union permettrait de mieux rémunérer, de 3 euros la tonne, les betteraves pour tous les adhérents du groupe, a-t-il justifié. Nos deux coopératives ont de fortes complémentarités ». Et d’ajouter : « Nous avons une culture similaire, nous sommes dans les mêmes régions. Et puis, nous avons 1000 agriculteurs en commun, qui livrent aux deux coopératives. Ensemble, nous regrouperions 20 000 planteurs et on se rapprocherait sérieusement du n° 1 européen Südzucker. »
Le président de Cristal Union, Olivier de Bohan, avait déjà dit « non » une première fois à Tereos : le 10 mars dans le quotidien « l’Est Éclair », il soulignait les différences de stratégie entre les deux groupes, l’un, Tereos, se développant par croissance externe tandis que l’autre mise surtout sur ses bassins de production, remettant également en question les 3 euros la tonne que permettrait la fusion. Lundi 16 mars dans les locaux de Cristal Union à Paris, il a réaffirmé la position du groupe sur ce point : « Le conseil d’administration est très clair : c’est un rejet unanime. Le groupe veut mener sa réflexion en toute indépendance. Nous avons les moyens d’assurer notre avenir et nous avons la prétention de savoir ce qui est bon pour nous ; nous sommes sereins pour l’avenir », a-t-il insisté. D’après le président de Cristal Union, il s’agit de la 3e demande de Tereos en 17 ans. « Avoir une filière avec deux groupes coopératifs forts est aussi intéressant pour les agriculteurs », a-t-il ajouté. « Nous voulons l’apaisement, a conclu le président, et que Tereos respecte la décision de Cristal Union. »

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