Le Syndicat Agricole 25 juin 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Crise de la viande bovine : des avancées obtenues

Le blocage de l’abattoir de Feignies a été levé suite aux engagements négociés par les producteurs face aux abatteurs et aux GMS, en présence du ministre de l’Agriculture.

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Les équipes FDSEA et JA, venant de l’Aisne, du Nord, de l’Oise, du Pas-de-Calais et de la Somme, se sont relayées durant les quatre jours de blocage. © DR En toute convivialité et simplicité, la restauration a été assurée sur place. © DR Plus gros site d’abattage du nord de la France, Bigard a été entièrement bloqué, sans activité. © DR

L’ensemble des mesures annoncées s’inscrivent dans l’impérieuse nécessité de redonner de la valeur au produit. Cet objectif ne sera atteint que par l’engagement de l’ensemble des opérateurs.
La FNSEA, les JA, la FNB et les FDSEA surveillent l’ensemble des entreprises d’aval pour vérifier la mise en application de l’ensemble de ces mesures.

Revalorisation des prix
Les engagements ont été particulièrement clairs dans le domaine de la revalorisation du prix qui sera progressive, 5 centimes par semaine, jusqu’à couverture des coûts de production. Chaque enseigne a pris l’engagement d’accepter les hausses des prix des industriels. Les abatteurs et les négociants s’engagent à les traduire dans les prix payés aux producteurs.
Position syndicale
Les entreprises d’aval sont surveillées. Les grilles d’achat que les entreprises d’abattage vont adresser à chaque fin de semaine devront concrétiser cet engagement.

Instauration d’un indicateur de prix de base du steak haché
Interbev est chargé d’élaborer cet indicateur qui servira à réviser le prix du steak haché en fonction de l’évolution des cotations.
Position syndicale
Contrairement aux viandes piécées dont les prix sont corrélés aux cotations, le prix du steak haché résulte de négociations de gré à gré dans le cadre de contrats annuels. Il est en conséquence indispensable de mettre en place un outil permettant de corréler le prix du steak haché aux cotations. La guerre des prix que se livrent les GMS sur le segment du steak haché conduit les industriels à augmenter le prix du piécé pour assurer l’équilibre de la valeur finale de la carcasse. Cette revalorisation a toutefois ses limites et l’arbitrage se fait alors en conséquence sur les prix d’achat en ferme. L’indicateur de prix de base du steak haché est en conséquence essentiel.

Encadrement des promotions
La filière est chargée de formuler, au plus tard pour le 1er septembre, des règles qui encadreront les promotions. Le ministre s’est engagé à prendre, par voie réglementaire, des dispositions en ce sens si aucun accord interprofessionnel n’était possible.
Position syndicale
Les promotions sont une source importante, si elles sont mal organisées, de perte de valeur. Par exemple, les promotions sur les côtes de bœuf pendant la période estivale n’ont pas de sens dans la mesure où l’on manque de disponibilité du produit.

Viande de France
Le ministre a intimé aux GMS d’apposer de façon systématique le logo « Viande de France » pour l’ensemble des viandes d’origine française. Il a par ailleurs annoncé le renforcement des contrôles DGCCRF sur l’étiquetage de l’origine, car l’emploi du drapeau tricolore pour des produits simplement élaborés en France crée une confusion chez le consommateur. La restauration hors-foyer est également concernée et des outils seront préparés par le ministère à destination des collectivités pour développer l’origine France.
Position syndicale
Notre adhésion est totale quant à l’emploi systématique du logo Viande de France, nos organisations dénonçant depuis plus d’un an le laxisme de la distribution à ce sujet.

Viande de France Export
Le ministre a annoncé la décision de créer une plateforme d’exportation pour les entreprises. Cette plateforme aura une vocation commerciale. Elle doit permettre de répondre à des appels d’offres en coordonnant l’action des entreprises.
Position syndicale
Les grands pays exportateurs sont d’ores et déjà organisés de cette façon. Elle traduira en termes opérationnels les négociations d’ouverture de marché que conduisent les services de l’État. Elle permettra aux entreprises de fournir des quantités non réalisables par une seule entreprise.

Cotations
À la suite des enquêtes réalisées par FranceAgriMer, le ministre estime qu’une remise à plat du dispositif est nécessaire, notamment au regard des primes dites « de qualité » et « contractuelles ». Il s’agit de remettre de la transparence et de la clarté notamment sur le segment des vaches.
Position syndicale
Cette décision confirme totalement les dysfonctionnements dénoncés depuis des mois par la profession.

Pesée-classement-marquage des carcasses (PCM)
Le ministre demande à l’interprofession bovine de conclure au plus vite la rénovation de l’accord interprofessionnel et demande à l’aval de donner une suite favorable à la demande des éleveurs de réduire les délais de mises à disposition des données d’abattage pour que ces derniers puissent actionner leur pouvoir de contestation.
Position syndicale
La prochaine réunion de négociation sur la reconduction de l’accord PCM aura lieu le 30 juin prochain. Les demandes des éleveurs devront être concrétisées. Deux autres demandes des producteurs font également l’objet de négociations : la transmission à Normabev des données des machines à classer ainsi que la modification des règles de confidentialités de Normabev qui constitue un véritable « paradis de la non-conformité ».

Prise en charge des cotisations sociales
Le ministre a annoncé le doublement de l’enveloppe de prise en charge des cotisations MSA qui est portée à 7 M€.

Comité de suivi
Un comité de suivi de la mise en œuvre des décisions annoncées est mis en place. Il se réunira au courant du mois de juillet.

Point de vue de Jean-Christophe Rufin, secrétaire général de la FRSEA Nord-Pas de Calais

Merci à tous !

Au nom de tous les éleveurs, merci à ceux qui ont pris le temps de se déplacer sur les différents points de blocage pour faire pression sur les négociations. En effet, si nos représentants sont là pour négocier, il est de notre responsabilité de montrer la mesure du désarroi dans lequel nous nous trouvons. Sans la mobilisation dont vous avez fait preuve, je ne suis pas sûr que l’issue de la table-ronde qui se déroulait à Paris aurait été la même. Mais le combat doit se poursuivre pour s’assurer que les discours soient suivis de faits et de prix sur le terrain. Plusieurs magasins en région ont déjà été visités en fin de semaine dernière pour des relevés de prix. Nous devons poursuivre ce travail pour nous assurer que la grande distribution nous reverse ces marges dont elle nous prive depuis des années et auxquelles, nous aussi, nous avons droit. Ce combat est celui de tout l’élevage, associant les producteurs de porc, de lait, lapin, volaille et autre. Restons aussi mobilisés pour les prochaines actions à venir, notre survie en dépend.

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