Bernard Quandalle, président du groupe Oxygen (à gauche), et Jean-Paul Gaxotte, président d’Optival, ont signé un pacte d’alliance nommé Opti-Oxygen, qui regroupe près de 3 400 éleveurs du Pas-de-Calais et de l’Est de la France. - © DR
« Lors de notre dernière Assemblée générale, il s’agissait de trouver des partenariats constructifs entre organismes partageant les mêmes objectifs », a rappelé Bernard Quandalle, président du groupe Oxygen (Contrôle laitier du Pas-de-Calais). Un an plus tard, c’est désormais chose faite. Depuis le 1er janvier 2012, le groupe Oxygen et Optival – une coopérative rayonnant sur les départements des Vosges, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle – ont commencé leur rapprochement.
Le pacte de « Reims »
« Le 20 décembre dernier à Reims, les Conseils d’administration de nos deux sociétés ont scellé dans le marbre un pacte de gouvernance nommé Opti-Oxygen », indique Bernard Quandalle. Et ce, dans le cadre d’INEL : un GIE de partage de moyens qui réunit différentes structures départementales (cf. infographie en fichier joint).
Cette nouvelle alliance vise à répondre à la baisse du nombre d’adhérents des deux groupes, qui comptent désormais à eux deux, près de 3 400 adhérents. « Afin de rester pertinent dans les conseils et services à apporter demain aux éléveurs, il faut avoir une taille conséquente », explique Jean-Paul Gaxotte, président d’Optival. « Or, nous avons constaté que celle-ci était insuffisante pour pouvoir être sur tous les dossiers en même temps, admet-il. D’où notre volonté de chercher des partenaires avec des profils similaires (situés dans le croissant laitier français) ». L’objectif étant de développer de nouvelles offres de services et de conseils afin de répondre aux attentes de plus en plus pointues des éleveurs.
Encadrement et R&D en commun
Pour l’instant, on ne peut parler de fusion à proprement parler, mais plutôt de synergies. Opti-Oxygen regroupe au sein d’une même structure les 2 directions des organismes de conseils, ainsi qu’une partie de leur encadrement et « back office » (fonctions de support aux équipes de terrain). Concrètement, cela change quoi pour les adhérents ? « Rien sur le plan de l’organisation du groupe Oxygen et de la souveraineté de son Conseil d’administration et de son Assemblée générale sur des décisions locales, insiste le président du groupe Oxygen. Mais énormément sur le plan des orientations stratégiques, le développement de nouveaux concepts, ainsi que la complémentarité des hommes. » Et de poursuivre : « Aucun nouveau dossier ne s’ouvre sans réflexion conjointe, et nous nous appuyons sur Optival dans des domaines non encore explorés chez nous et inversement ».
Dans un contexte de concurrence accrue, tant structurelle que technologique, l’enjeu reste donc d’harmoniser l’offre de services sur l’ensemble du périmètre de l’alliance. « Nous avons déjà identifié une cinquantaine de plans d’actions communs en matière de recherche et développement (R&D), de gestion des ressources humaines, marketing (promotion sur les offres de services) et communication », précise Laurent Ferry, directeur d’Optival. Aussi, la mutualisation des compétences et des projets apparaît-elle primordiale, pour relever « les défis d’aujourd’hui et de demain dans les exploitations ». Pour Bernard Quandalle, « Si la carte du conseil se redessine, il ne faut pas oublier que l’éleveur et son revenu doivent rester au centre des préoccupations ».
MDS
Zoom sur... « Un partenariat qui a vocation à s’élargir »
Les présidents du groupe Oxygen et d’Optival sont revenus sur les raisons de l’échec des négociations, pour la création d’une alliance plus large avec Nord Conseil Élevage et ELC3. « Nous étions 3 à négocier, chacun porte une part de responsabilité de cet échec, souligne Bernard Quandalle. Il y avait de vraies divergences de fond. Mieux vallait ne pas se marier à contre-cœur. » D’après le président d’ELC3, c’est aussi une question de timing : « L’histoire à travers le GIE INEL était prématurée, analyse Alain Jumelle. Pour ceux qui avaient déjà consommé, ce sont des périodes délicates. » Un constat partagé par Jean-Paul Gaxotte d’Optival : « Nous n’étions pas tous au même niveau : certains avaient déjà fusionné, tandis que d’autres étaient en parcours de fusion. »
Néanmoins, ce dernier reste persuadé que « Ce partenariat a vocation à s’élargir à d’autres. Tous se remettront autour de la table, pour créer une dynamique commune. » C’est aussi le sentiment de Bernard Quandalle : « Plus tard, quand chacun aura mûri, peut- être que l’on pourra faire quelque chose ensemble. En tous cas, je l’espère. » D’ailleurs, du côté de Nord Conseil Élevage et d’ELC3, la porte semble également ouverte à un futur rapprochement. Michel Dubrulle, président du Contrôle laitier du Nord, étant pour sa part « convaincu qu’on ne peut envisager l’avenir sans trouver une solution entre nous ». Faute de « mariage d’amour », d’ici quelque temps, on assistera peut-être à un « mariage de raison ». Depuis 2009, le réseau France Conseil Élevage enregistre une baisse régulière d’environ 2 % du nombre de ses adhérents, du fait de la restructuration et de l’agrandissement des élevages laitiers et allaitants.
MDS
Résultats 2010-2011
En 2011, 47,7 vaches présentes en moyenne par troupeau (contre 46 en 2010). Le nombre moyen de lactation s’élève à 2,3 ; pour un niveau de production au vêlage adulte de 33,4 (contre 32,7 en 2010). Le niveau de productivité par vaches laitières (VL) progresse à 8 321 kg avec des taux à 38,6/32,2 g/kg (contre 8 037 kg à 38,8/32 g/kg lors de la campagne précédente). Le lait 7 % atteint 8 407 kg en moyenne (8 129 kg en 2010). On observe que le vêlage des génisses augmente de 3,5 % en 2011 par rapport à 2010 (soit 36,9 % contre 33,4 %). L’âge au premier vêlage est de 32 mois.
Pièces jointes :
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