Comment piloter son exploitation en périoide de turbulences
Maîtriser son exploitation en période de turbulences revient en somme aux fondamentaux de la gestion d’entreprise. C’est la raison pour laquelle l’AFA aborde cette thématique, en l’illustrant de cas concrets, à l’occasion de sa prochaine Assemblée générale le 17 février prochain à Fruges. - © .
Il y a un an, chacun s’interrogeait sur les raisons qui ont conduit à ce que le prix du blé, comme d’autres matières premières, ait pu doubler en moins d’une année, tout comme celui du lait qui a progressé ostensiblement.
Fabien Bova, directeur de l’Office National Interprofessionnel des Grandes Cultures, faisait le constat de la déréglementation et de la libéralisation des marchés. À l’occasion de la précédente Assemblée générale de l’AFA, il mettait ainsi en évidence un contexte nouveau et instable, dans lequel devaient désormais évoluer les entreprises agricoles.
Et même s’il était plus facile de croire à une embellie durable, l’analyse pragmatique du directeur de l’ONIGC recommandait plutôt la prudence.
L’évolution constatée, comparable à un retournement de tendance, montre bien en définitive qu’il ne faut céder ni à l’euphorie ni d’ailleurs au pessimisme.
La gestion de ces soubresauts, avec le démantèlement des filets de sécurité publics, nécessite donc plus que jamais de mettre en œuvre une stratégie de couverture et d’optimisation. Mais pour cela, il n’y a ni réponse unique ni méthode miracle.
C’est en revanche la combinaison d’une multitude d’outils ou leviers, individuels ou collectifs, économiques ou politiques, qui devrait permettre aux exploitations d’assurer leur pérennité dans ce nouveau contexte.
Évaluer sa performance technico-économique
Connaître et évaluer sa performance est le préalable de toute décision de gestion. Si le cadre économique et réglementaire de l’agriculture, longtemps stable et sécurisé, pouvait justifier un moindre intérêt pour la comptabilité de gestion, la question revient aujourd’hui avec la plus grande acuité.
Outre que le calcul de ses marges permet de se comparer par rapport à un groupe et d’ajuster ses pratiques, il permet aussi de mieux appréhender ses prix de revient et donc de se fixer des prix objectifs. Cette démarche est indispensable pour aborder la commercialisation face à l’extrême volatilité des cours.
Agir sur la commercialisation de ses produits
L’instabilité des marchés ne doit plus être subie. Suivre leur évolution et agir en se positionnant sur le marché sont de nouveaux réflexes à acquérir. Rechercher une couverture et répartir les risques est possible en se tenant informé auprès des organismes stockeurs qui proposent des contrats. Intervenir sur le marché à terme en direct est aussi une possibilité intéressante, qui nécessite une formation et une motivation, mais qui donne plus de souplesse et de liberté à l’agriculteur.
Contractualiser sa production individuellement ou collectivement au sein des filières, est aujourd’hui un enjeu nouveau.
Parallèlement, toute possibilité de valoriser sa production par la transformation ou les circuits courts est à exploiter.
Des expériences de mise en place de points de vente collectifs sur la région montrent qu’il est possible de tirer son épingle du jeu, ceci sans négliger une étude sérieuse de faisabilité et la bonne maîtrise de ses prix de revient.
Optimiser ses charges par la mise en commun de moyens
Si la volatilité des marchés concentre l’attention sur le poste Produits, elle ne doit pas faire oublier tous les gisements possibles d’optimisation des charges, qu’elles soient proportionnelles ou structurelles.
La mise en place de suivis techniques, des réflexions sur les plans de fumure et la valorisation des effluents ou bien encore négociations et commandes groupées peuvent permettre de réduire le coût des intrants. S’agissant des coûts de structure, une diversité de formules d’action en commun peut contribuer à alléger les frais de mécanisation, voire de bâtiments. Cette démarche d’optimisation des charges s’illustre bien par exemple avec la mise en place de SCL (Société civile laitière), qui peut également apporter sur le plan de l’organisation du travail et des relations humaines.
Maîtriser son exploitation en période de turbulences revient en somme aux fondamentaux de la gestion d’entreprise.
Ces turbulences économiques et réglementaires ne rappelleraient-elles pas simplement qu’elles sont le lot de toute entreprise, tous secteurs d’activité confondus ?
Plus que jamais, les entreprises agricoles doivent engager une dynamique de gestion et de stratégie pour faire face à ces nombreux aléas.
L’accompagnement des centres de gestion dans cette démarche est indispensable.
C’est la raison pour laquelle l’AFA aborde cette thématique, en l’illustrant de cas concrets, à l’occasion de sa prochaine Assemblée générale le 17 février prochain à Fruges.
Charles BODELOT
Directeur de l’AFA
Évaluer les performances de son exploitation par activité
Calculer les marges permet de se comparer et de déterminer ses seuils de prix de vente…
• La marge sur approvisionnement: l’outil idéal pour mesurer et comparer son efficience technique.
• La marge directe: après l’affectation des charges de structure spécifiques à l’activité, je peux notamment mesurer et comparer mes résultats en fonction de mes investissements spécifiques.
• La marge nette: combien j’ai de revenu et quel est mon prix de revient sur une activité et donc, quel est mon seuil de prix de vente?
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