Une énergie gratuite, renouvelable et non polluante prélevée dans le sol
La géothermie n’est pas une découverte récente. Son développement s’est accéléré après la crise pétrolière
de 1970. Aujourd’hui, la géothermie représente une fraction relativement faible du bilan énergétique français. Pourtant, la France est l’un des pionniers dans le développement de cette énergie pour l’alimentation des réseaux de chaleur
pour l’habitat collectif (production annuelle de 130 ktep en 2006). Le projet de programmation pluriannuelle des investissements de chaleur prévoit même que la production de chaleur atteigne 500 ktep d’ici à 2010.
La géothermie industrielle
La géothermie consiste à valoriser la chaleur stockée dans le sous-sol sous forme d’eau chaude ou de vapeur. L’énergie récupérable par géothermie est potentiellement considérable : 1 km2 de roche sur une profondeur de 10 km renferme en moyenne une quantité d’énergie de 15 Mtep. Un potentiel qui varie selon les points du globe. La géothermie haute température (ou profonde) concerne les roches chaudes situées entre 3 000 et 5 000 m. La température de l’eau est supérieure à 150 °C. Elle peut être utilisée pour produire de l’électricité de façon
industrielle. La géothermie basse température exploite les nappes d’eau géothermales dont la température
est comprise entre 30 °C et 90 °C (profondeurs comprises entre 1 500 et 2 500 m). Ce sont ces sources d’énergie qui alimentent les réseaux de chaleur pour le chauffage des habitations et certaines applications industrielles. La géothermie moyenne température exploite des réservoirs dont la température se situe entre 90 °C et 150 °C, qui se
trouve à des profondeurs de 1 500 à 3 000 m. Elle permet la production de vapeur et d’électricité. La géothermie pour les particuliers Aujourd’hui, la technologie pour amener cette source d’énergie présente dans le sol, inépuisable et gratuite, vers des bâtiments et maisons de particuliers afin d’en assurer le chauffage existe. La source géothermale est alors inférieure à 30 °C. Le chauffage par géothermie consiste à capter cette énergie gratuite et à la valoriser pour la
transformer en chaleur utilisable dans la maison sous forme de chauffage, par l’intermédiaire d’un générateur (la pompe à chaleur). En hiver, la température de la terre ou de l’eau des nappes phréatiques ne s’abaisse que faiblement,
ce qui permet une récupération optimum de chaleur. La température de la terre ne dépend pas du jour ou de la nuit
et reste relativement stable. Seule la nature du sol peut influer (rocailleux, argileux) sur le renouvellement de chaleur et doit donc être prise en compte lors de l’installation du chauffage. Les captages peuvent être de plusieurs natures. Soit verticaux (par sonde, puits ou forage), soit horizontaux (capteurs enterrés à 80 cm). Puis le générateur (pompe à chaleur dans ce cas géothermique) permet de transmettre ce flux calorique au circuit de chauffage de la maison. Troisième et dernière étape, les moyens de chauffages peuvent être de plusieurs natures : radiateurs classiques ou système de plancher chauffant. « Cependant », précise Christian Delabie, responsable des énergies renouvelables au sein de l’Ademe 14, « l’eau arrivant à basse température (50 voire 60 °C) correspond mieux à un système de plancher chauffant (donc une surface étendue permettant de diffuser de la chaleur), plutôt qu’à des radiateurs faits pour diffuser la chaleur d’une eau traditionnellement chauffée à 90 °C par un système de chaudière classique ». Reste l’investissement. « Lourd à priori pour un particulier », ajoute C. Delabie. Ce qui coûte ? le terrassement, les forages, « 3 ou 4 pour assurer une puissance assez élevée », sans compter sur « l’utilisation de l’électricité réseau pour lancer la pompe même si le COP (Coefficient de performance énergétique de la pompe) est de 4 kW/h pour 1 kW/h ». Une conclusion s’impose : « La géothermie n’est peut être pas encore parfaitement adaptée au plus grand nombre des particuliers de façon individuelle, mais par contre, a un réel avenir en tant qu’énergie inépuisable et « gratuite » en système collectif ». Autre conclusion : une étude préalable est nécessaire. Bien choisir ne dépend pas que
des aides attribuées par le gouvernement (crédits d’impôts pour les énergies renouvelables, par exemple) mais également de la géologie du sol et de son environnement direct. « Ainsi pour les exploitations agricoles, économiquement, la solution bois reste bien souvent préférable ! », remarque Christian Delabie.
MARIE-CHRISTINE LEFEBVRE
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