Le Syndicat Agricole 12 novembre 2015 à 10h00 | Par Le Syndicat Agricole

Comment s’installer en agriculture aujourd’hui ?

Le 17 novembre, une journée sur l’installation est organisée à Râches et à Douai. L’occasion de faire un point sur l’installation dans la région.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Se diversifier pour réussir son installation en milieu périurbain

Le milieu périurbain peut apporter des opportunités pour une nouvelle installation. C’est ce qu’illustrera la journée du 17 novembre, organisée à Râches et à Douai par la Chambre d’agriculture de région, la com­munauté d’agglomération du Douaisis, le Parc naturel régional Scarpe Escaut et les Jeunes Agriculteurs.
Élus locaux et responsables de la profession agricole iront, le matin, à la rencontre de Clotilde Carré, jeune agricultrice installée avec son mari Frédéric en polyculture-élevage en périphérie de Douai. Clotilde a réussi son installation en milieu périurbain grâce au développement des activités de transformation et de vente à la ferme. Pendant ce temps, les élèves des établissements agricoles, porteurs de projet et futurs cédants seront invités à participer au forum de l’installation et de la transmission. Ils pourront ainsi rencontrer une vingtaine de structures pouvant les accompagner dans la réalisation d’un projet de la création à la transmission.
La projection du film « Transmettre aux jeunes… C’est d’abord croire en eux ! » lancera l’après-midi consacrée aux témoignages et aux échanges. La communauté d’agglomération du Douaisis et le Parc naturel régional Scarpe-Escaut présenteront la façon dont le territoire est le support de développement de l’activité agricole. Ils présenteront également les actions que peuvent mener une agglomération et un parc naturel pour favoriser l’installation et la transmission.
Deux dispositifs régionaux seront ensuite présentés :
- l’un pour accueillir, informer et orienter les porteurs de projets ou futurs cédants : le Point accueil installation transmission (PAIT) ;
- l’autre pour coordonner les actions des structures d’accompagnement : le Programme régional de création et de transmission en agriculture (PRCTA).
La table-ronde « Diversifier ses activités pour sécuriser son revenu » clôturera la journée autour du témoignage de Clotilde Carré et des partenaires de son projet d’installation, la Chambre d’agriculture de région, l’Association régionale des vendeurs directs et le Crédit Mutuel. Ils présenteront l’accompagnement apporté à Clotilde, et plus généralement, des projets d’installation avec création d’activité.

Infos pratiques
Forum de l’installation et de la transmission
De 10 h à 12 h 30 à la Salle des fêtes de Râches, rue de la Gare à Râches.
Après-midi d’échanges
De 14 h à 17 h 30 au musée Arkéos, 4401 route de Tournai à Douai.
Contacts
Jeunes Agriculteurs
Tél. : 03 21 60 57 40
janpdc.installation@gmail.com

 

Une régionalisation des aides à l’installation

Depuis le 1er janvier, les Conseils régionaux sont devenus l’autorité de gestion pour les aides nationales à l’installation en collaboration avec les Draaf et la DDTM, ce qui se traduit par une capacité des régions à opérer des choix dans un cadre commun.
Ce cadre commun comprend les conditions à respecter pour être éligibles aux aides nationales à l’installation, qui se déclinent en une dotation Jeune Agriculteur, dites DJA, et des prêts bonifiés. La DJA comprend un montant de base et des majorations correspondant à des critères nationaux ou régionaux. Ce montant de base a été fixé par chaque région dans des fourchettes définies par l’État, en fonction de la zone (plaine/défavorisée/montagne et DOM). Dans le Nord-Pas de Calais, zone de plaine, le montant de base est de 8 000 €.
De même, l’État a défini 3 critères nationaux apportant une majoration de la DJA. Il s’agit d’une installation hors-cadre familial*, d’un projet agroécologique, d’un projet générateur de valeur ajoutée et d’emploi. Chaque région a fixé une majoration pour ces trois critères. Ainsi, le développement de l’installation hors-cadre familial, peu répandue en région, est une priorité du Nord-Pas de Calais, ce qui se traduit par la majoration la plus importante.
Chaque région a également décliné les actions permettant aux candidats à l’installation de bénéficier de la majoration pour un projet agroécologique ou un projet générateur de valeur ajoutée et d’emploi. À titre d’exemple, la réalisation d’investissements dans des bâtiments et des équipements générant des économies d’énergie ou produisant de l’énergie correspond à l’une des cinq actions d’un projet agroécologique en Nord-Pas de Calais. Quant à la mise en place ou le développement d’un atelier de transformation des produits de la ferme ou la commercialisation des produits en circuits courts, ils correspondent à deux des sept actions d’un projet générateur de valeur ajoutée et d’emploi dans le Nord-Pas de Calais. Le candidat à l’installation s’engage à réaliser, avant le terme de la 4e année d’installation, au moins l’une des actions définies pour bénéficier de la majoration.
Chaque région a par ailleurs fixé des critères complémentaires, apportant une majoration de la DJA, pour tenir compte d’enjeux spécifiques aux territoires régionaux. Ainsi le Nord-Pas de Calais a retenu quatre critères : le revenu disponible, les filières régionales à soutenir (élevage et productions végétales spécialisées), le maintien des prairies permanentes et l’adhésion à un collectif organisé d’agriculteurs (Geda, Cuma, etc.).
Un projet d’installation répondant à plusieurs critères peut cumuler les majorations dans la limite d’un plafond de 22 000 €, fixé par l’État.
Plus de précisions sur le site « deveniragriculteur-npdc.fr » dans la rubrique « Je deviens agriculteurs – les aides à l’installation » ou auprès d’un conseiller du Point accueil installation transmission.
* L’installation hors-cadre familial correspond à une installation sans lien de parenté avec le cédant jusqu’au 3e degré (parents, grands-parents, frères/sœurs, oncles/tantes).

Dispositif complémentaire
La région a mis en place un dispositif complémentaire aux personnes n’ayant pas accès aux aides nationales :
- Aides régionales.
- Prêt PRCTA.
Toutes les informations sur les conditions d’attribution sur le site : www.deveniragriculteur-npdc.fr

Clotilde Crombez, conseillère PAIT (à droite), aux côtés de Lucie Laly et Katia Rolland, animatrices de territoires sur le secteur de la CAD.
Clotilde Crombez, conseillère PAIT (à droite), aux côtés de Lucie Laly et Katia Rolland, animatrices de territoires sur le secteur de la CAD. - © DR

Créer ou transmettre votre entreprise agricole avec le PAIT

Depuis janvier 2015, le Point info installation (PII) est devenu le Point accueil information installation et transmission (PAIT). Par l’ensemble de ses missions, le PAIT participe activement à l’enjeu régional du renouvellement des générations en agriculture. Clotilde Crombez, conseillère PAIT nous en explique les missions.

• Quel est aujourd’hui le rôle du PAIT ?
L’installation en agriculture (reprise ou création d’une activité agricole) relève d’un pari sur l’avenir. Pour le gagner, le candidat à l’installation doit détenir toutes les informations utiles, qu’elles soient techniques ou économiques, pour mesurer le caractère viable ou non de son projet et ainsi l’inscrire dans la durée. Notre rôle est de l’accompagner dans ses recherches, sa réflexion, ses démarches et bien sûr, de l’orienter vers les bons interlocuteurs.

• Qui vous contacte ?
Des personnes en émergence, qui réfléchissent à leur projet, d’autres qui souhaitent céder leur exploitation et sont à la recherche d’informations précises, ou encore des personnes qui souhaitent être accompagnées dans leurs démarches… Les profils sont finalement très variés : cela va du jeune issu du secteur agricole à un public qui n’y connaît rien et qui souhaite se reconvertir professionnellement. En nous contactant, le candidat à l’installation ou la transmission, sait qu’il aura des réponses à ses questions, qu’il gagnera du temps et de l’efficacité pour mener à bien son projet.

• Que proposez-vous aux futurs cédants ?
Nous les informons, les accompagnons individuellement dans leurs démarches et organisons des formations thématiques. Transmettre, c’est l’ambition de valoriser le travail de toute une vie. Que ce soit une transmission dans le cadre familial ou hors cadre familial, nous répondons à toutes les questions.

• Quels seraient vos conseils pour une transmission réussie ?
Anticiper sa transmission et maintenir son exploitation transmissible, c’est-à-dire veiller à conserver le niveau de rentabilité de son entreprise pour la rendre plus attractive, seraient les deux premiers conseils. J’en ajouterais un troisième : prendre rapidement rendez-vous avec le PAIT. Là aussi, en fonction des situations, du contexte, de l’histoire et des attentes de chacun, les projets diffèrent. Seules les étapes sont identiques, encore faut-il les connaître pour les réaliser à temps.

Contacts :
PAIT Nord-Pas de Calais :
www.deveniragriculteur-npdc.fr
Antenne de Saint-Laurent-Blangy : 03 21 60 57 41.
Antenne de Sars-et-Rosières : 03 27 21 46 91.

 

L’agriculture, une clé d’avenir pour la com­munauté d’agglomération du Douaisis (CAD)

Avec 389 emplois directs, et de nombreux emplois induits générés, l’agriculture est un secteur économique stratégique pour la communauté d’agglomération du Douaisis (CAD). Outre son rôle économique, l’agriculture est également une composante essentielle du paysage (54 % du territoire de la CAD est valorisé par les agriculteurs). Ainsi, maintenir et favoriser l’installation de chefs d’exploitation sur le territoire permet de répondre à la fois à des enjeux économiques (en termes d’emplois et de dynamisme des filières), sociaux (préservation des paysages, mais aussi lien avec les citadins) et territoriaux (favoriser une vie locale de qualité). « Le maintien et le développement d’un tissu agricole dense et diversifié dans un contexte de forte pression foncière ainsi que l’accompagnement des porteurs de projet avant, pendant et après l’installation sont deux des trois axes du dispositif Caap Agglo* contractualisé entre la CAD et le Conseil régional », précise Lucie Laly, animatrice de territoire à la Chambre d’agriculture. L’engagement de ce territoire sur les questions agricoles ne date pas d’hier. Dès les années 2000, la CAD réalise en lien avec la Chambre d’agriculture, un diagnostic agricole, qui lui permet de définir ses orientations stratégiques. L’année 2012 a été une année charnière pour la politique agricole de la CAD. Dans le Douaisis, les représentants agricoles du secteur réalisent, sous l’impulsion de la Chambre d’agriculture, un travail d’analyse et de traduction des objectifs stratégiques en 12 actions concrètes. Résultat, une convention entre la Chambre d’agriculture et la CAD est signée pour concrétiser certaines des propositions. Parmi elles, l’organisation d’une journée dédiée à l’installation et la transmission.

1/3 des chefs d’exploitation proches de l’âge de la retraite
Le départ en retraite massif des agriculteurs issus du baby-boom impose de considérer le renouvellement des générations comme un enjeu majeur. « Un tiers des chefs d’exploitation se rapprochent de l’âge de la retraite. Mettre en relation les jeunes qui souhaitent intégrer cette profession et ceux qui souhaitent quitter le métier est indispensable, c’est d’ailleurs l’objectif de cette journée ». La journée du 17 novembre s’adresse donc en priorité aux jeunes qui ont un projet d’installation dans les 2 ou 3 prochaines années et aux futurs cédants. « L’événement n’est pas un forum des métiers ! », prévient la conseillère Chambre. L’idée est de permettre aux jeunes, aux futurs cédants, et aux personnes en reconversion professionnelle d’échanger avec l’ensemble des structures d’accompagnement à l’installation et à la transmission agricole et d’imager la diversification comme une opportunité pour s’installer ». Dans des territoires où la pression foncière est importante, la diversification des activités de l’exploitation est une alternative à un agrandissement lors d’un projet d’installation. « La diversification offre de nouvelles perspectives et contribue à dynamiser le territoire en proposant des services innovants. De réelles opportunités existent ». Aménagement des ateliers de transformation, vente en circuits courts, accueil à la ferme ou encore médiation animale, accueil de personnes âgées ou rénovation d’anciens bâtiments du corps en logements sociaux ; les possibilités sont nombreuses. La diversification, une solution à l’installation ? Pour en savoir plus, un détour à Douai (salle Arkeos) s’impose !
* La CAD a contractualisé un contrat d’agriculture et d’alimentation périurbaine avec le conseil régional NPDC pour une durée de 3 ans.


La CAD
Située dans l’arrondissement de Douai, dans le département du Nord, la communauté d’agglomération du Douaisis (CAD) regroupe 35 communes au cœur d’un triangle Lille-Arras-­Valenciennes. Avec 157 000 habitants répartis sur 24 000 ha (soit 660 habitants au km2), le territoire est densément peuplé. Deux zones rurales subsistent : l’une au sud (Canton d’Arleux) et une autre située plus au nord (Vallée de la Sarpe et de la Pévèle).
229 exploitations y sont recensées.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui