Le Syndicat Agricole 16 octobre 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Comment éviter la jaunisse nanisante sur les céréales ?

Contre la jaunisse nanisante, il est primordial d’utiliser différents leviers.

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Le blé est sensible à la jaunisse nanisante. © C. Gazet Le puceron Rhopalosiphum padi est le principal vecteur de la jaunisse nanisante de l’orge. En automne, il colonise les parcelles de céréales qui lèvent. © C. Gazet

À l’automne, les pucerons peuvent transmettre le virus responsable de la jaunisse nanisante de l’orge. Celle-ci touche principalement l’orge et l’avoine, mais le blé, le triticale ainsi que le seigle y sont également sensibles. Même si la pression de la maladie varie chaque année, elle reste présente sur tout le territoire. Face à des pertes pouvant atteindre jusqu’à 40 q/ha en conditions extrêmes, protéger ses cultures en utilisant différents leviers est primordial. Alors comment remédier à ce risque ?

Contamination et situations à risque
Le puceron Rhopalosiphum padi est le principal vecteur de la jaunisse nanisante de l’orge. Il se maintient généralement l’été sur des plantes hôtes. En automne, il colonise les parcelles de céréales qui lèvent (phénomène accentué lorsque les conditions climatiques sont au rendez-vous : peu de vent et températures de plus de 10 °C). Dans ces conditions, les pucerons ailés déposent des larves aptères (sans ailes) et transmettent le virus aux jeunes plantules. Ce sont donc les pucerons ailés qui apportent le virus dans la parcelle sans pour autant transmettre le virus directement à leur descendance. Ce n’est qu’au bout de 7 à 10 jours que les aptères transmettent le virus (4 jours pour la multiplication du virus dans la plante, 1 jour pour que le jeune puceron acquière le virus et 2 jours pour que le virus passe du tube digestif aux glandes salivaires et soit réinjecté par le puceron dans une plante).
Les jeunes céréales sont très sensibles au virus ; par contre, dans le cas d’une contamination tardive, les talles de la plante sont indépendantes et les pucerons doivent transmettre le virus à chacune d’entre elles pour que l’infection soit complète.
Au regard de l’avancée des semis précoces cette année, nous pourrions très bien nous retrouver dans une situation à risques si les conditions climatiques douces se prolongent.
Attention également à l’environnement : fond de vallée, repousses de céréales, bois, haies à proximité…

Les symptômes
Protéger sa culture passe avant tout par l’observation au champ. La JNO se repère par la présence de petits foyers de plantes et un aspect moutonné de la culture. Les symptômes ne s’expriment qu’au tallage voire à la montaison en fonction des espèces. Lorsqu’on les observe, il est trop tard pour intervenir. En effet, le virus circule déjà dans le phloème de la plante. Les feuilles jaunissent ou rougissent en fonction des variétés. La parcelle peut avoir un aspect moutonné, le système racinaire ne se développe pas et la plante reste naine (pour l’orge). La nuisibilité va dépendre du temps de présence des pucerons dans la parcelle.

Méthodes de lutte
En orge d’hiver, il existe des variétés dites résistantes à la jaunisse telle que la variété Amistar ou encore Domino. Ces variétés se trouvent, en ce qui concerne leur potentiel de rendement, en dessous d’Etincel. Leur intérêt sera peut-être grandissant si le Gaucho venait à être retiré demain. La date de semis est un levier indéniable, car elle expose moins longtemps la plante aux pucerons. Enfin, le choix d’un traitement de semence Gaucho 350/Ferial peut être fait, mais attention là aussi à la date de semis car le traitement est efficace jusqu’au stade 3-5 feuilles de la culture. Si les pucerons sont toujours présents, il faudra relayer la protection avec un insecticide foliaire. Pour cela, il faut détecter par beau temps les pucerons à la parcelle. Les pucerons sont particulièrement visibles sur les feuilles vers midi. La persistance d’action de la plupart des insecticides autorisés (pyréthrinoïdes) est de l’ordre de 3 semaines maximum. Ils agissent par contact et ne protègent pas les nouvelles feuilles formées.
Il est difficile de prévoir les attaques de pucerons. Le traitement de semence n’est donc pas toujours rentabilisé mais reste une sécurité. Les insecticides foliaires sont également rentabilisés dès lors que les seuils d’intervention sont dépassés.

Noémie Hertault, Conseillère Productions végétales
Chambre d’agriculture de Région Nord-Pas de Calais

Seuil d’intervention :
10 % de plantes portant au moins un puceron plus de 10 jours dans la parcelle.

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