Le Syndicat Agricole 27 octobre 2016 à 18h00 | Par Le Syndicat Agricole

Cocorette à la recherche de 200 nouveaux poulaillers

Situé à Arras, le groupe spécialisé dans la production et la distribution d’œufs fermiers souhaite accroître sa production.

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Cocorette souhaiterait que 65 poulaillers supplémentaires voient le jour dans le Nord-Pas de Calais d’ici à 2017-2018. © DR Les centres de conditionnement de Doullens (80), Nancy (54) et Montauban (82) vont accroître leur capacité. © DR Deux nouveaux bâtiments d’élevage à Nœux-les-Auxi (62), dont la production d’œufs bio est destinée à Cocorette. © Cocorette

Dix mois après son rachat par Œufs Nord Europe (One), Cocorette poursuit son développement. 2017 sera une année capitale pour l’entreprise régionale. Boostée par un marché croissant, elle lance en effet un vaste programme d’accompagnement technique et financier dans l’optique de voir se construire de nouveaux bâtiments d’élevage dédiés à l’approvisionnement en œufs de ses centres de conditionnement.

Un besoin de 100 millions d’œufs supplémentaires dans la région
Pour Olivier Coudrette, directeur général du groupe Cocorette, la progression de l’œuf alternatif (de plein air) dans les rayons ne fait plus de doute. « Il représentait 10 % des parts du marché français en 2010 et atteint les 40 % aujourd’hui, affirme-t-il. Certains distributeurs (comme Lidl ou Système U, ndlr) ont même annoncé qu’ils limiteraient leurs ventes d’œufs de poules élevées en cage d’ici à quelques années ». Une aubaine pour le conditionneur arrageois qui désire donc étendre son réseau – 450 éleveurs dans l’Hexagone et plus de 200 dans le Nord-Pas de Calais – afin d’augmenter sa production. « Nous souhaitons que 65 poulaillers supplémentaires voient prochainement le jour dans la région, annonce Olivier Coudrette. Cela équivaut à la production de 100 millions d’œufs alternatifs ». Sur le plan national, Cocorette vise la création de 200 nouveaux sites d’élevage à l’horizon 2017-2018 pour répondre aux besoins du marché.

Des projets « adaptables à chaque profil d’exploitation »
Pour atteindre ses objectifs, Cocorette vient de mettre en place une cellule technique avicole (quatre techniciens dans le Nord-Pas de Calais et huit dans toute la France) afin de guider les exploitants demandeurs dans leur parcours. Une cellule financière, chargée du montage des dossiers, lui est associée. « Nous avons également créé une permanence qui permet d’accueillir les éleveurs et leurs financeurs (banquiers, comptables…) autour de la table, explique le directeur. Il s’agit de les accompagner dans leurs démarches, de défendre leur projet et de les ajuster en fonction du profil de l’exploitation ». La taille des élevages est en effet adaptable et peut fluctuer de 1 500 à 12 000 poules. Toutes les productions sont concernées : œufs bio, Label rouge ou fermier Label rouge. « Aux côtés de l’éleveur, nous veillons notamment à la cohérence du taux de remboursement d’un emprunt, souligne Olivier Coudrette. Nos contrats varient entre 5 et 10 ans et sont indexés sur le prix de l’alimentation ». « Il est aussi possible de se rapprocher des fournisseurs d’aliments et des coopératives pour proposer des avances remboursables », complète-t-il. Fait important, des partenariats ont été noués avec plusieurs Conseils régionaux de France, dont celui des Hauts-de-France, pour obtenir une aide à l’édification de bâtiments neufs. Une subvention (alimentée par des fonds européens et régionaux) permet ainsi de financer entre 15 et 20 % d’un projet. Les éleveurs déjà affiliés à Cocorette ou les tout nouveaux producteurs peuvent y prétendre.

Investissements matériels et nouveau siège social
Au sein de ses centres de conditionnement, Cocorette a décidé d’anticiper l’accroissement de sa production. Dans la région, l’entreprise a regroupé tous ses œufs dans le même panier. Depuis mai dernier, l’ensemble des équipements du site historique de Cocorette à Sainte-Catherine (62) ont été déménagés à Doullens (80) dans les locaux d’origine de One, créés en 2010. « La majorité du personnel du centre de conditionnement a fait le choix de nous suivre dans la Somme », indique Olivier Coudrette. Quant aux équipes administratives et de direction, elles se sont établies à quelques kilomètres de là, dans un bâtiment de la zone d’activités des Bonnettes à Arras qui devient le nouveau siège social du groupe. « Il était naturel de garder un ancrage dans le Pas-de-Calais, berceau de la marque et point central de notre réseau », affirme le responsable. Dans le même temps, le parc matériel des unités de conditionnement a été renouvelé. Le centre doullennais est aujourd’hui équipé de trois calibreuses, dont la dernière, capable de conditionner 120 000 œufs à l’heure, a été installée en avril 2016. « Les prochains investissements concerneront les centres de Nancy (54) et de Montauban (82) que le groupe vient d’acquérir à 100 %, précise le directeur. Grâce à deux nouvelles calibreuses, leur capacité sera portée à 100 millions d’œufs conditionnés par an dès l’année prochaine ». Enfin, Cocorette va mettre le cap sur la Bretagne, secteur qui représente 42 % de la production française d’œufs et où la marque est assez peu présente. De nouveaux sites de production devraient s’y ouvrir dans les prochains mois et venir renforcer la présence du groupe à l’ouest de la France.

Simon Playoult

Zoom sur... 12 000 poulets bio débarquent dans le Ternois (62)

La foule avant les poules. Plus de 300 personnes, venues de toute la France, y compris de pays voisins (Belgique, Pays-Bas), ont assisté à l’inauguration de deux bâtiments d’élevage à Nœux-les-Auxi (62), le 20 octobre. Les poulaillers, dont la production d’œufs bio est destinée à Cocorette, regrouperont chacun 6 000 animaux (qui arriveront sur place dans trois semaines). Frédéric Lemaire, l’éleveur, a investi l’équivalent de 50 € par poule dans cette construction répartie sur 4 ha. Trois projets, appelés à approvisionner la marque, sont en cours d’élaboration dans la région.

Une nouvelle identité visuelle dévoilée le 15 décembre

Cocorette représente 13 % des parts de marché des œufs vendus en grandes et moyennes surfaces. Le groupe vient de conclure une « étude de consommation » qui a duré plusieurs mois. « L’objectif était de prendre en compte les attentes des consommateurs en matière d’éthique et de qualité afin d’établir la nouvelle charte visuelle de la marque », précise Olivier Coudrette. Un nouveau packaging, émanant de cette enquête, sera présenté dans les rayons à quelques jours des fêtes de fin d’année (le 15 décembre). « Le logo de la marque restera proche de l’initial mais la segmentation des produits (origine, traçabilité) sera clairement indiquée », avance la direction. Une campagne de communication de 36 mois est prévue, notamment auprès des distributeurs.

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