Le Syndicat Agricole 15 novembre 2012 à 11h39 | Par Le Syndicat Agricole

Cipan - Soigner la destruction des couverts végétaux

La destruction des couverts, une étape importante pour préserver le potentiel de la culture de printemps à venir.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le roulage par temps de gel est souvent mis en œuvre avec succès.
Le roulage par temps de gel est souvent mis en œuvre avec succès. - © J. C. Gutner

Quand détruire ?
La destruction peut s’envisager à partir du moment où les couverts ont rempli leurs rôles environnementaux, soit après 2 mois minimum de végétation pour l’azote, et plus tardivement en sols sensibles à la battance ou à l’érosion (sachant qu’un couvert détruit continue de protéger efficacement le sol tant que ses résidus sont maintenus en surface). On veillera à les détruire suffisamment tôt pour ne pas pénaliser la culture à venir (lignification, faim d’azote, grenaisons, évolution des résidus notamment en non labour, limaces), soit au moins 2 mois avant les implantations de printemps. Il faut bien sûr tenir compte de la date habituelle et appropriée des labours, qui peut poser problème en sols argileux ou hydromorphes nécessitant des labours précoces (anticiper le semis du couvert, implanter sans labour, voire sur labour comme nos voisins belges ?).

Faire les bons choix dès le semis
Le préalable reste d’opter pour des couverts faciles à détruire en fonction du mode de destruction pressenti (gel, mécanique ou chimique), du mode de travail du sol, et de la culture de printemps à venir, avec une attention particulière dans les choix d’espèces en mélange.
Par exemple, en non labour, la destruction chimique de couverts faciles à détruire type avoine reste une sécurité, surtout avant betterave ou orge. Avant pomme de terre ou maïs, le gel aura plus de chances d’intervenir à temps, il y aura aussi davantage de fenêtres climatiques pour des destructions mécaniques, avec parfois possibilité de décompacter au printemps…
Les couverts développés (semés tôt), les moutardes ou phacélies pas trop drues, seront également plus sensibles aux interventions mécaniques comme au gel.

Quels moyens de destruction ?
Le gel peut apparaître comme une solution idéale. Mais il n’est véritablement efficace que sur certains couverts très sensibles (nyger, tournesol, sarrasin), et aléatoire sur des couverts pourtant assez gélifs comme la moutarde ou la phacélie.
L’enfouissement direct par labour constitue un moyen très efficace de destruction des couverts peu développés, ou dégradés par le gel ou une intervention mécanique (veiller à ne pas plaquer la végétation en fond de raie).
Les outils à dents, disques ou bêches roulantes, les rouleaux crosskill, cambridge… peuvent obtenir des efficacités intéressantes sur couverts sensibles et suffisamment développés. Ces moyens posent des risques de repiquage, compaction, lissages ou bourrages. Le broyage reste une technique efficace (bien que lourde) sur moutarde, phacélie, féverole… Enfin, le roulage par temps de gel est souvent mis en œuvre avec succès. Très efficace, il reste néanmoins aléatoire car tributaire du climat.
Enfin, la destruction chimique est une technique à la fois efficace, rapide et respectueuse de la structure des sols. Peu utile en système labouré, elle offre une souplesse incomparable en système sans labour. Plus lente d’action à cette époque de l’année, elle doit être suffisamment anticipée et adaptée selon la sensibilité des couverts au glyphosate.

Pierre MORTREUX, Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais

- © DR

À savoir

Cet article est rédigé dans le cadre du projet Interreg SUN, et inspiré de la plaquette « La culture intermédiaire, une culture à part entière », téléchargeable sur le site du projet www.agriculture-npdc.fr (rubrique « Publications » : « Productions animales et Productions végétales ») ou envoyée sur simple demande en appelant le 03 28 54 00 15.


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui